Les syndicats de police partagés :

Macron annonce une "indemnité spécifique" pour les policiers travaillant la nuit


Publié / Actualisé
Au cours d'une visite surprise lundi soir 27 juillet 2020 auprès des policiers parisiens, Emmanuel Macron a annoncé le versement d'une "indemnité spécifique" pour les policiers travaillant de nuit, pour un montant total de 10 millions d'euros. Si l'annonce satisfait l'Unité SGP Police-Force Ouvrière, Alliance Police Nationale estime les 10 millions d'euros "loin du compte". Tous les syndicats s'accordent toutefois à souhaiter que l'exécutif aille encore plus loin, avec notamment la reconnaissance d'un statut pour les policiers de nuit. Ils attendent surtout plus d'actes au-delà des annonces du président de la République et du nouveau ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.
Au cours d'une visite surprise lundi soir 27 juillet 2020 auprès des policiers parisiens, Emmanuel Macron a annoncé le versement d'une "indemnité spécifique" pour les policiers travaillant de nuit, pour un montant total de 10 millions d'euros. Si l'annonce satisfait l'Unité SGP Police-Force Ouvrière, Alliance Police Nationale estime les 10 millions d'euros "loin du compte". Tous les syndicats s'accordent toutefois à souhaiter que l'exécutif aille encore plus loin, avec notamment la reconnaissance d'un statut pour les policiers de nuit. Ils attendent surtout plus d'actes au-delà des annonces du président de la République et du nouveau ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Il s’agit d’une des revendications exprimées par les syndicats de police lors de leur rencontre avec le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin le 20 juillet : les policiers travaillant de nuit bénéficieront du versement d'une prime, une "indemnité spécifique".

Cette annonce a été faite par le président de la République lors d’un déplacement surprise de près de deux heures dans les 17e et 18e arrondissements, où il a rencontré des unités de la brigade anticriminalité de nuit (Bac) et de Police-Secours. Il était en compagnie de Gérald Darmanin, de la ministre déléguée Marlène Schiappa et du préfet de police Didier Lallement.

L’indemnité qu’il a annoncée "vise notamment à accompagner une pénibilité plus forte liée au travail de nuit et le passage à des cycles de travail augmentant la présence des policiers sur le terrain", a précisé le ministère de l’Intérieur. "Le coût de cette indemnité, de 10 millions d’euros, sera prévu dans le projet de loi de finances pour 2021", ajoute le ministère.

Lors de leur rencontre avec Gérald Darmanin, les syndicats avaient mis l’accent sur le manques de moyens, estimant que l’enveloppe de 75 millions d’euros de crédits supplémentaires pour renouveler et verdir la flotte de véhicules de la police et de la gendarmerie obtenue dans le projet de budget 2020 n’était pas suffisante.

- Divergence d'opinion chez les syndicats - 

Au lendemain de cette annonce, les réactions divergent, du mécontentement à la méfiance. "On est loin du compte", estime Idriss Rangassamy, secrétaire d'Alliance Police Nationale à La Réunion. "On ne peut pas se satisfaire de 10 millions d'euros. Si on divise par le nombre de collègues qui travaillent la nuit, on est sur du 330 euros par an... On est très loin du compte", insiste-t-il.

Le fait que la déclaration d'Emmanuel Macron intervienne en dehors de toute concertation est un autre point de discorde. "Le président l’a annoncé, sans consultation, sans avoir eu les organisations syndicale en face de lui. On veut savoir si derrière il y aura le passage en force d’un nouveau cycle horaire et combien de collègues seront concernés. Pour l’instant ça reste flou", indique Idriss Rangasamy. 

Pour Stéphane Lebreton, secrétaire départemental adjoint d'Unité SGP Police FO, la mesure "va dans le bon sens", mais pas assez loin. "Ça fait très longtemps que notre organisation se bat pour les nuiteux, qui sont bien souvent les grands oubliés de la police nationale. Mais ce que nous demandons principalement, c’est un réel statut du travailleur de nuit avec tout ce que cela engendre, notamment une prise en compte médicale", explique-t-il.

- Les tensions apaisée depuis la nomination de Gérald Darmanin -

Là où les deux représentants syndicaux se retrouvent, c'est sur leur souhait de voir des actes suivre les paroles du président de la République et du nouveau ministre de l'Intérieur. "Il a été à l’écoute, il a pris note de nos revendications, il est conscient qu’il faut prendre en compte nos problématiques, maintenant il faut que ça se concrétise", dit Idriss Rangassamy de Gérald Darmanin. 

"Les mots d’amour, on en a reçus, on en a entendus, en veux-tu en voilà. Maintenant c’est les actes qu’on attend", abonde Stéphane Lebreton. "On voit un ministre de l’intérieur qui est dans une autre optique. Quelques mesures ont été prises dans le bon sens, comme la verbalisation à 200 euros pour la consommation de stupéfiants. On est les premiers à monter au créneau quand nos collègues sont abandonnés. Il faut savoir reconnaître et apprécier aussi quand des décisions favorables à notre profession sont prises."

Signe de l'apaisement des relations entre la police et son ministère de tutelle, les syndicats n'appellent plus à suivre l'opération "Zéro PV, zéro interpellation". En protestation contre l'ancien ministre Christophe Castaner, qui avait déclaré une "tolérance zéro pour chaque soupçon avéré d'actes ou de propos racistes" et l'interdiction de la méthode d'interpellation avec une clé d'étranglement, les policiers avaient décidé de ne procéder à aucune interpellation, sauf cas urgents, et de ne dresser aucun procès verbal. 

"On ne lance aucun appel officiel et laisse les collègues agir en leur âme et conscience", affirme Idriss Rangassamy, dont le syndicat Alliance Police Nationale était à l'origine du mouvement. 

- La présomption d'innocence avant tout -

Face à cette relative satisfaction de premières semaines de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur, se pose évidemment la question de l'accusation de viol dont il fait l'objet. À l'instar du Premier ministre Jean Castex et de Gérald Darmanin lui-même, les organisations syndicales appellent au respect de la présomption d'innocence et assurent ne pas être gênées par ces accusations. 

Lire aussi : La majorité confrontée au "sparadrap" de l'affaire Darmanin

"On est suffisamment monté au créneau ces derniers temps pour demander que la présomption d’innocence soit respectée pour tous les citoyens, l’ensemble de la population, les policiers et donc Monsieur Darmanin", explique Stéphane Lebreton.

Lire aussi : Lorsque le premier flic de France est visé par une plainte pour viol...

"On n’est pas là pour se faire l’avocat de qui que ce soit, mais jusqu’à preuve du contraire, Monsieur Darmanin est accusé, pas coupable. On aurait une position tout autre s’il était reconnu coupable. Au jour d’aujourd’hui, ce n’est pas le cas", se défend-il. 

Circulez, il n'y a rien à voir... pour le moment. L'expectative qui prime donc également pour évaluer l'action gouvernementale et la réponses à leurs revendications.

www.ipreunion.com avec AFP

   

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    2 Commentaire(s)

    Con tribuable, Posté
    Alors on choisit de faire un métier à risque et on donne une compensation vraiment lamentable . Et pour les voleurs on y a pensé ?
    Bertel974, depuis son mobile, Posté
    Macron donne un os a ronger à ses chiens! ils sait qu'il va en avoir encore bientôt très besoin !!!!! et eux en bons "toutous" ils rentrent dans le rang! affligeant !!!!!