Épidémie de chikungunya :

Le ministre de la santé à La Réunion


Publié / Actualisé
Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités est arrivé tôt dans l'île ce lundi 30 janvier 2006. Ce séjour de 36 heures entre dans le cadre du renforcement du plan de lutte contre le chikungunya. Le ministre est accompagné de 8 médecins urgentistes, 9 infirmières et de 7 logisticiens venus renforcer les effectifs hospitaliers locaux. 4 tonnes de matériels médicaux et de prévention sont également arrivées ce lundi en provenance de métropole
Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités est arrivé tôt dans l'île ce lundi 30 janvier 2006. Ce séjour de 36 heures entre dans le cadre du renforcement du plan de lutte contre le chikungunya. Le ministre est accompagné de 8 médecins urgentistes, 9 infirmières et de 7 logisticiens venus renforcer les effectifs hospitaliers locaux. 4 tonnes de matériels médicaux et de prévention sont également arrivées ce lundi en provenance de métropole
"Je suis là pour pouvoir accentuer la mobilisation de l'État contre l'épidémie" a souligné Xavier Bertrand à son arrivée à La Réunion. Le ministre a été dépêché sur place par le Premier ministre Dominique de Villepin. Cela après que la mission sanitaire menée par les professeurs Didier Houssin et Gilles Brücker, respectivement directeur de la Santé et directeur de l'institut de veille sanitaire, ait établi que 5% de la population, environ 30 000 personnes, était atteint par le virus.
Notant d'emblée que l'heure "n'était pas à la polémique" - allusion aux critiques sur la prise en compte tardive, par l'État de l'étendue de l'épidémie -, Xavier Bertrand a détaillé les trois priorités d'action contre la maladie. Il a ainsi rappelé que 400 militaires basés dans l'île vont grossir les rangs des équipes de démoustication dès ce jeudi 2 février."Il s'agit de s'attaquer aux foyers épidémiques existants et de nettoyer les foyers émergeant pour éviter une propagation du virus" expliquait le ministre.

Stabilisation de la maladie

La deuxième priorité porte sur "une meilleure prise en charge des malades". D'où l'arrivée de métropole de 8 médecins urgentistes, 9 infirmières et de 7 logisticiens. Immédiatement répartis dans les différents hôpitaux de l'île, ils viennent renforcer un personnel hospitalier local "fortement mobilisé et travaillant en parfaite collaboration avec les médecins libéraux" commentait le ministre de la Santé. Il annonçait que ces renforts médicaux ne seraient pas les seuls. "Des équipes vont se relayer tant que cela sera nécessaire" disait-il.
La troisième priorité porte sur le moyen et le long terme. D'abord pour éviter une nouvelle flambée de l'épidémie actuelle qui "au moment où nous parlons et sans préjuger de l'avenir serait en train de se stabiliser" relève Antoine Perrin, directeur de l'agence régionale de l'hospitalisation (ARH). Il s'agit ensuite d'empêcher qu'une telle situation se représente. Localement, le "réseau sentinelle" (dispositif de veille épidémiologique) sera renforcé et passera de 31 personnes à 45. "Il s'agit de ne pas nous laisser prendre de vitesse par l'apparition d'un nouveau virus" indiquait Xavier Bertrand. "J'ai aussi saisi l'OMS (organisation mondiale de la Santé - ndlr) pour coordonner les recherches. Il faut faire de cette question un problème international pour avancer vers un vaccin. Les virus constituent l'un des plus grands risques médicaux dans le monde. Tout le monde doit être vigilant" soulignait Xavier Bertrand

20 malades par jour

Cette conférence presse a donné le coup d'envoi d'une journée menée au pas de charge. Le ministre de la Santé a visité la cellule de crise (équivalent d'un PC ORSEC) installé à la préfecture pour suivre au quotidien l'évolution de l'épidémie. Il a rencontré les 24 maires de l'île, les parlementaires et les présidents des conseil général et régional. "La mobilisation des collectivités contre la maladie et à souligner" notait Xavier Bertrand à l'issue de cette réunion.
En début d'après-midi, il a assisté à une opération de démoustication menée par l'armée chez les particuliers. Il s'est ensuite rendu aux urgences de la clinique de Saint-Benoît qui depuis le 5 janvier accueille et hospitalise quotidienne une moyenne de 20 malades atteint par le virus. À ce propos Antoine Perrin a tenu à souligner que "le dispositif hospitalier de l'île n'est pas débordé. Il est en mesure d'accueillir tous les malades. Il n'y a aucune crainte à avoir pour la prise en charge des patients".

Mardi à Mayotte

De retour à Saint-Denis, Xavier Bertrand a rendu visite à Solange Mithra, 68 ans, une habitante du Chaudron. Atteinte par le chikungunya il y a un mois. Elle continue de souffrir de douleurs sévères dans les articulations. Après un passage dans un foyer d'accueil pour personnes âgées, le ministre a participé à une réunion de travail avec les professionnels de santé. C'est par une visite aux urgences du CHD de Bellepierre que Xavier Bertrand a terminé sa première journée dans l'île.
Ce mardi, il sera à Saint-Pierre où il visitera un dispensaire et les urgences de l'hôpital saint-pierrois. Le ministre quittera ensuite l'île pour Mayotte où plusieurs cas de chikungunya ont été signalés ces derniers jours
   

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