Réforme de la carte judiciare :

La colère des robes noires


Publié / Actualisé
Le projet de réforme de la carte judiciaire, initiée par la Garde des Sceaux, a suscité un mouvement de grève national jeudi 29 novembre 2007. A la Réunion, si aucun tribunal n'est menacé, les syndicats ont choisi de manifester par solidarité avec leurs confrères de métropole.
Le projet de réforme de la carte judiciaire, initiée par la Garde des Sceaux, a suscité un mouvement de grève national jeudi 29 novembre 2007. A la Réunion, si aucun tribunal n'est menacé, les syndicats ont choisi de manifester par solidarité avec leurs confrères de métropole.
Engagé par la ministre de la Justice Rachida Dati, le projet de refonte suppose la suppression de très nombreuses juridictions et provoque les réticences des magistrats. Au total, 23 tribunaux de grande instance sont amenés à disparaître d'ici à 2011. Pour protester contre cette coupe drastique, une intersyndicale du Syndicat de la Magistrature (SM) et de trois syndicats de fonctionnaires de justice ont appelé à un mouvement national de grève jeudi 29 novembre. A la Réunion, les magistrats de Saint-Denis et de Saint-Pierre se sont associés à cette journée de contestation même si, sur l'île, le paysage judicaire reste inchangé et que les TGI des deux plus grandes villes ne sont pas menacés. Pour le moment, car pour les principaux concernés, rien ne dit que les mesures décidées par Rachida Dati ne toucheront pas un jour le département. D'accord sur le principe d'une réforme, les juges locaux entendaient surtout, lors de cet après-midi de grogne, dénoncer le simulacre de concertation, le manque d'informations budgétaires et la méthode brutale avec laquelle le gouvernement a échafaudé puis imposé le projet. La mobilisation était donc importante jeudi 27 puisque 40 % des magistrats du tribunal de Saint-Denis - ils étaient moins nombreux dans le Sud - se sont retrouvés devant le Palais de justice. " Du jamais vu" selon le président du tribunal, Pierre Lavigne. Quant au bâtonnier Robert Chicaud, qui soutenait ce mouvement sans précédent, il a rappelé qu'en métropole, près de 600 avocats au barreau se retrouvaient sans emploi. La manifestation a quelque peu perturbé et parfois retardé les instructions qui se déroulaient ce jour.
   

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