Fêtes de fin d'année :

Le déclin des pétards


Publié / Actualisé
Les réveillons embués par la fumée des pétards se font de plus en plus rares. Depuis quelques années la législation se durcit concernant la vente des "artifices de divertissement"
Les réveillons embués par la fumée des pétards se font de plus en plus rares. Depuis quelques années la législation se durcit concernant la vente des "artifices de divertissement"
Seules les entreprises classées ICPE (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement) par la DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie de la Recherche et l'Environnement) ont le droit de faire venir ce type d'articles. Cette année Unicor, un magasin de jouets, a importé pas moins de dix tonnes de pétards. "Nous avons uniquement le droit de vendre les artifices de divertissement les moins dangereux", explique Cédric Vergoz, directeur général.

Il souligne que les clients pour ce type de produit restent "essentiellement les petites boutiques chinoises". Mais même ces commerçants sont de plus en plus réticents.Depuis deux ou trois ans Jean- Hugues Lai-Thiong ne commande plus de pétards. "C'est devenu trop compliqué. Il faut une autorisation. Je finis d'écouler mon dernier stock et j'arrête", déclare le boutiquier. Pour que les magasins soient habilités à proposer ces artifices de divertissement, ils doivent faire une demande auprès de la préfecture. Et ce n'est qu'après un contrôle de la boutique qu'ils se verront décerner ou pas le droit de vendre des pétards.

Dans les rues de Saint-Denis, les avis divergent. Cyril, est contre car ce produit reste "festif mais dangereux. Je suis pour la réglementation en vigueur. D'autant plus que j'ai des chiens et qu'ils n'aiment pas ça". Pour d'autres, les pétards sont ancrés dans la tradition péi ("locale" en créole réunionnais). "Un Noël san pétar lé mol. Dan mon fami, nou la touzour fé pèt pétar pou mark la fin de lanné et combatte lo mauvé sor" ("dans ma famille, nous avons toujours allumé des pétards pour marquer la fin de l'année et conjurer le mauvais sort") raconte Janick avec nostalgie.
Cette tradition a tendance à s'essouffler face à une législation de plus en plus rigoureuse, même si cette année encore les pétards continueront à exploser.
   

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