Société - Supers héros :

L'expérience manga


Publié / Actualisé
L'impact mondial des bandes dessinées japonaises appelées plus communément mangas n'épargne pas La Réunion. "Mes parents auraient préféré que j'aie des livres de littérature dans ma chambre, mais je n'aie que des mangas. Et c'est à travers eux que j'ai trouvé mon métier. Je veux être médecin" s'enthousiasme Pierre, un jeune passionné.
L'impact mondial des bandes dessinées japonaises appelées plus communément mangas n'épargne pas La Réunion. "Mes parents auraient préféré que j'aie des livres de littérature dans ma chambre, mais je n'aie que des mangas. Et c'est à travers eux que j'ai trouvé mon métier. Je veux être médecin" s'enthousiasme Pierre, un jeune passionné.
Depuis une dizaine d'années, le phénomène manga prend de l'ampleur dans l'île. Les passionnés n'ont pas attendu Internet pour se fournir malgré le fait que le web ait vivement participé à son essor. "À l'époque on se cotisait pour louer les rares animés disponibles dans les vidéothèques, mais avec l'arrivée d'Internet, la fenêtre des titres disponibles s'est largement élargie. Nous téléchargions gratuitement même si on savait que cela est illégal" indique Laurent alias "Sogeking", fan de la première heure.

"Les jeunes ne sont pas fous. Ils ne vont pas dépenser 50 euros pour des éditions de manga alors qu'ils peuvent les acquérir gratuitement sur la toile" explique Idriss Fontaine, responsable d'une librairie qui s'est spécialisée depuis 5 ans dans ce type d'ouvrages. Pierre, un jeune lecteur confirme "je préfère les télécharger au lieu de les acheter".

Malgré les téléchargements illégaux, la librairie vend beaucoup de ces ouvrages. "À l'origine le manga avait une image négative. Aujourd'hui c'est devenu un bien de consommation comme les autres" déclare Idriss Fontaine. "La moyenne d'âge des clients est de 12 à 25 ans et il y a autant de filles que de garçons. Les acheteurs sont fidèles. Ils viennent une à deux fois par mois pour acquérir les dernières sorties. Ils dépensent en moyenne 20 euros" précise-t-il.

Le public est hétérogène. "Les garçons lisent des ouvrages romantiques et les filles aiment aussi les genres violents" poursuit le vendeur. Pour lui, le public réunionnais est particulier. Il n'est pas friand d'histoires compliquées. Le manga est avant tout un moyen de s'évader, un moment de détente. Ces ouvrages sont aussi un moyen d'accès à la lecture. "Certains commencent par les bandes dessinées japonaises et s'orientent ensuite vers des lectures plus classiques" observe-t-il.

Contrairement à l'évolution du manga en Europe, les passionnés locaux se cantonnent à la lecture et aux animés. Les Réunionnais ne sont pas des adeptes du déguisement. Laurent explique qu'"il n'y a pas d'infrastructures adaptées à La Réunion pour développer les cosplay (costume player). En Europe et aux États-Unis, ça a été plus facile pour eux de s'organiser et de créer des manifestations. Le phénomène existait déjà par le biais des jeux de rôle".

Quant à l'avenir, Laurent commente, " même si la demande en livres est forte, les sites de lectures en ligne finiront par l'emporter. À moins qu'il ne soit créé un site légal de lecture en ligne sur l'île. Mais je reste pessimiste sur ce genre de tentative, c'est juridiquement trop complexe à mettre en place" conclut-il.
   

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