Madagascar - autoproclamation d'A. Rajoelina :

Marc Ravalomanana ne réagit pas


Publié / Actualisé
Une nouvelle étape a été franchie dans la crise à Madagascar ce samedi 31 janvier 2009. Le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, s'est autoproclamé président devant 15 000 personnes rassemblées sur la place du 13-mai. Dans le même temps, il a prononcé la destitution de l'actuel président de la République, Marc Ravalomanana. Dans une déclaration prononcée en début de soirée, le président en exercice a refusé de polémiquer. "Il y a 1 546 maires à Madagascar, si chacun d'entre eux se proclame président nous n'en finirons pas". Interrogé par Imaz Press Réunion sur une éventuelle arrestation du maire tananarivien, il a répondu "il n'est pas de mon ressort de faire arrêter qui que se soit. Cela est du ressort du ministre de la Justice". Andry Rajoelina a appelé à un nouveau rassemblement sur la place du 13-mai ce lundi. Ce dimanche un calme précaire régnait sur la capitale malgache.
Une nouvelle étape a été franchie dans la crise à Madagascar ce samedi 31 janvier 2009. Le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, s'est autoproclamé président devant 15 000 personnes rassemblées sur la place du 13-mai. Dans le même temps, il a prononcé la destitution de l'actuel président de la République, Marc Ravalomanana. Dans une déclaration prononcée en début de soirée, le président en exercice a refusé de polémiquer. "Il y a 1 546 maires à Madagascar, si chacun d'entre eux se proclame président nous n'en finirons pas". Interrogé par Imaz Press Réunion sur une éventuelle arrestation du maire tananarivien, il a répondu "il n'est pas de mon ressort de faire arrêter qui que se soit. Cela est du ressort du ministre de la Justice". Andry Rajoelina a appelé à un nouveau rassemblement sur la place du 13-mai ce lundi. Ce dimanche un calme précaire régnait sur la capitale malgache.
C'est au cours de cette réunion que le maire tananarivien devrait annoncer la composition de son gouvernement de transition. Cela sera la suite logique du meeting de ce samedi. Soutenu par une trentaine de députés anciennement proches du président en place, des représentants de la société civile et des membres de l'AREMA, le parti de l'ancien président Didier Ratsiraka, Andry Rajoelina s'est donc autoproclamé président devant une foule toute acquise à sa cause.

"Le président Marc Ravalomanana s'est rendu coupable de plusieurs actes anticonstitutionnels, il est coupable de haute trahison, coupable d'atteinte aux droits de l'homme, coupable de violences, il ne peut plus gouverner" a ensuite lancé du haut de la tribune une juriste proche d'Andry Rajoelina. Avant elle, plusieurs orateurs se sont succédés pour dire leur opposition au président actuel et demander au maire tananarivien de prendre le pouvoir.

Ce dernier s'est donc exécuté. "Désormais c'est moi qui dirige, c'est moi qui prends les rênes. C'est le président actuel qui nous oblige à prendre cette décision. Il est discrédité. Un homme qui fait tirer sur le peuple ne peut pas le gouverner" a-t-il proclamé sous les acclamations de la foule. "Les ambassadeurs et le conseil des Eglises doivent comprendre cela : le pouvoir appartient au peuple. Le peuple soit reprendre le pouvoir" a-t-il ajouté. Il répondait ainsi à la communauté internationale qui appelle au respect de l'ordre constitutionnel dans le pays.

Il a aussi appelé les agents de la fonction publique à le suivre. "Je fais appel à la banque centrale pour qu'elle ne délivre plus d'argent au gouvernement. Je demande à tous les ministères de fermer à partir de lundi. J'appelle les forces de l'ordre à nous rejoindre. A présent, je vais donner les ordres" a-t-il lancé. "Les ministères doivent rester fermés. Les fonctionnaires doivent se lever pour défendre le pays et le peuple" a-t-il insisté. Plusieurs personnalités politiques de l'opposition, souvent proches de l'ancien président Didier Ratsiraka, et des représentants de la société civile sont montées à la tribune pour le soutenir.

L'armée est officiellement restée sans réaction. Il semble que les hauts officiers soient partagés sur l'attitude à adopter entre le soutien au président Marc Ravalomanana, de fait démocratiquement élu en janvier 2007, et Andry Rajoelina, soutenu par un mouvement populaire.

Pour l'heure, c'est sa légitimité de président élu par les urnes que Marc Ravalomanana met en avant. "Madagascar est dotée d'une constitution claire qui s'impose à tous" a-t-il dit en substance dans sa déclaration à l'issue d'un conseil réunissant l'ensemble de ses ministres. "Je reste le président de ce pays. Avec les ministres nous travaillons pour le développement du pays". Marc Ravalomanana n'a pas prononcé une seule fois le nom du maire tananarivien. Il n'a pas évoqué non plus les jets de pierres qu'il a essuyé à jeudi à Tamatave et à Tuléar. "J'ai fais le tour des provinces, tout s'est bien passé" s'est-il limité à dire.

Un calme précaire continue de régner sur Antananarivo dans l'attente du meeting qui sera organisé lundi matin sur la place du 13 mai par Andry Rajoelina. Rappelons qu'un début de rassemblement samedi, des hommes cagoulés circulant à bord d'un 4x4 ont volé la sono déclenchant un mouvement de foule. Des barrages ont ensuite été placés pour empêcher la circulation des voitures. La Réunion s'est déroulée dans le calme. Interrogé par Imaz Press Réunion, Andry Rajoelina a déclaré "pour le moment je n'ai aucune rencontre prévue avec Marc Ravalomanana".

Rappelons que depuis les émeutes de lundi et mardi au moins 68 personnes ont été tuées par balles lors des affrontements avec les forces de l'ordre ou dans les incendies lors des attaques de magasins par les émeutiers.
   

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