Madagascar :

TGV à la tête de la Grande Île


Publié / Actualisé
Andry Rajoelina, 34 ans, est le nouvel homme fort de Madagascar. Dans la soirée du mardi 17 mars 2009, il a accepté la fonction de président de transition que lui a offert l'armée malgache, acquise à sa cause depuis une semaine. Quelques heures auparavant, Marc Ravalomanana, le président en place depuis 2002 et réélu en décembre 2006, avait démissionné et transféré ses pouvoirs à "un directoire militaire". L'armée a arrêté les membres de ce directoire avant d'investir Andry Rajoelina. Ce dernier a promis d'organiser des élections d'ici 24 mois. Affirmant incarner le mécontentement et les frustrations de nombreux Malgaches touchés par la hausse des prix, il réclame depuis fin 2008 le départ de Marc Ravalomanana qu'il juge affairiste et coupé de la population. Il l'accuse également de violations répétées de la constitution malgache. Malgré ses ressources agricoles et minières, Madagascar est l'un des pays les plus pauvres du monde.
Andry Rajoelina, 34 ans, est le nouvel homme fort de Madagascar. Dans la soirée du mardi 17 mars 2009, il a accepté la fonction de président de transition que lui a offert l'armée malgache, acquise à sa cause depuis une semaine. Quelques heures auparavant, Marc Ravalomanana, le président en place depuis 2002 et réélu en décembre 2006, avait démissionné et transféré ses pouvoirs à "un directoire militaire". L'armée a arrêté les membres de ce directoire avant d'investir Andry Rajoelina. Ce dernier a promis d'organiser des élections d'ici 24 mois. Affirmant incarner le mécontentement et les frustrations de nombreux Malgaches touchés par la hausse des prix, il réclame depuis fin 2008 le départ de Marc Ravalomanana qu'il juge affairiste et coupé de la population. Il l'accuse également de violations répétées de la constitution malgache. Malgré ses ressources agricoles et minières, Madagascar est l'un des pays les plus pauvres du monde.
Ancien DJ et maire destitué d'Antananarivo (Marc Ravalomanana lui a reproché en janvier dernier de ne pas procéder au ramassage des ordures ménagères), Andry Rajoelina est âgé de 34 ans. À priori, il ne peut pas être élu président de la république. La constitution malgache stipule qu'il faut être âgé de 40 ans pour être candidat à ce poste. Mais dès janvier dernier, des parlementaires proches de TGV et de l'ancien président Didier Ratisraka battu par Marc Ravalomanana, s'étaient déclarés prêts à modifier la constitution pour permettre à TGV d'accéder au pouvoir. Mardi Andry Rajoelina n'a pas abordé ce point, indiquant simplement qu'il dirigerait un gouvernement de transition avant l'organisation de nouvelles élections d'ici 24 mois.

Marc Ravalomanana que TGV veut traduire en justice, reste introuvable ce mercredi matin. Il semble avoir quitté pour une destination inconnue le palais présidentiel d'Iavoloha, à une dizaine de kilomètres d'Antananarivo, où il s'était réfugié lundi protégé par les 500 hommes de sa garde présidentielle. Il leur avait alors déclaré "je reste avec vous et si je dois mourir, je mourrai avec vous". Le rapport de force - l'armée malgache pro Rajoelina compte 28 000 hommes et la prise du palais présidentiel d'Ambohitforohitra en plein centre d'Antananarivo- l'a finalement conduit à changer d'avis et à démissionner. Cette démission pourrait faciliter l'adoption d'une attitude plus conciliante de la communauté internationale vis-à-vis de TGV.

L'Union africaine et l'Union européenne avaient en effet condamné toute tentative de coup d'État contre le président "démocratiquement élu". L'Europe avait annoncé qu'elle ne reconnaîtrait pas un régime issu d'un coup d'État.Elle avait même menacé de suspendre ses aides au pays. Depuis, Marc Ravalomanana a démissionné. Il a transféré ses pouvoirs à l'armée. Les militaires ont demandé à Andry Rajoelina de prendre la tête du gouvernement de transition. TGV a accepté. Ce processus pourrait - c'est en tout cas l'intention des nouveaux dirigeants malgaches -, gommer en partie les effets politiquement et économiquement néfastes d'un coup d'État. Le but étant d'arriver à une reconnaissance par la communauté internationale du nouveau régime en place.

Rappelons que plus d'une centaine de personnes sont mortes dans des violences qui ont émaillé la crise depuis le 26 janvier.
   

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