Référendum sur la départementalisation :

Mayotte attend de voter


Publié / Actualisé
Répartis dans 130 bureaux de vote, les 71 122 électeurs de Mayotte sont appelés aux urnes ce dimanche 29 mars 2009. La consultation est historique. Ce référendum déterminera si les Mahorais veulent ou non devenir le 5ème département français d'outremer.
Répartis dans 130 bureaux de vote, les 71 122 électeurs de Mayotte sont appelés aux urnes ce dimanche 29 mars 2009. La consultation est historique. Ce référendum déterminera si les Mahorais veulent ou non devenir le 5ème département français d'outremer.
Elle est aussi sans grand suspense. Depuis décembre 1974, date à laquelle l'île a choisi, par voie référendaire, de rester français contrairement aux trois autres îles de l'archipel comorien, Mayotte aspire à devenir le 101ème département français. De tous temps, cette revendication statutaire a été le principal cheval de bataille de tous les partis politiques locaux - à l'exception des communistes. "En fait la question qui se pose n'est pas de savoir si le "oui" va l'emporter, mais plutôt de combien de points d'avance va-t-il devancer le"non"" lance Hamadi chauffeur de taxi à Mamoudzou, la plus grande ville de Mayotte. Lui, il sait déjà qu'il votera "oui, oui et encore oui".

Fatouma votera "oui" elle aussi. "J'en ai assez de voir mon peuple s'exiler pour la France ou La Réunion pour toucher le RMI et les toutes les autres allocations" dit-elle. "Si on devient département, on sera enfin des Français à part entière. Nous aurons le même SMIC, les mêmes lois". De fait, cette aspiration à une égalité de traitement sociale avec la lointaine métropole et la bien plus proche Réunion - considérée comme un Eldorado par beaucoup de Mahorais -, est l'une des principales raisons pour laquelle Mayotte veut son changement statutaire.

C'est aussi le plus grand chantier que l'État français a encore à effectuer. "Regardez ce que la France a déjà fait ici et nous ne sommes que collectivité départementale. Elle fera encore plus lorsque nous serons département" dit avec conviction Fatouma en désignant la rue principale de Mamoudzou avec ses bâtiments administratifs et sa chaussée bien entretenus.

En effet, en 20 ans, la situation sanitaire de l'île s'est considérablement améliorée - l'hôpital mahorais est de bon niveau. Même si l'échec scolaire reste préoccupant, des écoles aux lycées, plusieurs établissements scolaires ont été construits. Du point de vue économique, ces dernières années Mayotte a attiré bon nombre d'investisseurs.

Le chantier social s'annonce plus ardu. Avec un problème de poids, celui des Comoriens, essentiellement des Anjouanais, vivant clandestinement dans l'île aux parfums. Car leur Eldorado à eux c'est Mayotte. La République comorienne est l'un des États les plus pauvres au mode. Alors Mayotte et son hôpital performant, son SMIC, ses indemnités chômage, ses allocations, même tous indexés à la baisse par rapport au reste de la France, ont un énorme pouvoir attractif sur la population des Comores.

Il se dit, évidemment sans statistique fiable, qu'un habitant sur trois à Mayotte est un clandestin. Des prestations sociales - cette fois alignées sur celle de France -, devront être versées à ces défavorisés parmi les défavorisés - les identités et donc l'origine des allocataires sont parfois encore difficiles à déterminer. Cela aura un coût. Reste à savoir comme Mayotte département français réglera ce problème.

Lequel est encore compliqué par la position ferme de l'Union des Comores pour qui l'île aux parfums appartient à l'ensemble comorien. Elle considère donc que les ressortissants comoriens sont chez eux à Mayotte. Soutenu par l'Union africaine, le président comorien, Abdallah Sambi, a d'ailleurs déjà annoncé qu'il n'accordait aucune valeur au referendum de dimanche.
   

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