Sous production de mangues :

Les manguiers n'ont pas assez stressé


Publié / Actualisé
Il suffit d'arpenter les allées des marchés forains ou celles des grandes et moyennes surfaces pour le remarquer, en ce début janvier 2010 les mangues sont rares. Et les quelques fruits présentés sur les étals n'ont pas leur superbe habituelle. Surtout les José, celles qui avec les Early gold (ou mangues américaines), comptent parmi les préférés des Réunionnais. La faute au trop beau temps et à la trop grande abondance de pluies. Car pour fleurir en masse et mûrir en paix, les manguiers ont besoin d'être stressés par le froid et le manque d'eau.
Il suffit d'arpenter les allées des marchés forains ou celles des grandes et moyennes surfaces pour le remarquer, en ce début janvier 2010 les mangues sont rares. Et les quelques fruits présentés sur les étals n'ont pas leur superbe habituelle. Surtout les José, celles qui avec les Early gold (ou mangues américaines), comptent parmi les préférés des Réunionnais. La faute au trop beau temps et à la trop grande abondance de pluies. Car pour fleurir en masse et mûrir en paix, les manguiers ont besoin d'être stressés par le froid et le manque d'eau.
Dans ses 14 hectares d'exploitation fruitière au Port Patrick Serveaux est étrangement seul en ce tout début de matinée. Les années précédentes à cette heure-ci les travailleurs agricoles sont à pied d'?uvre depuis un moment pour cueillir les Américaines et les José juteux à souhait. "Ils ne leur faut pas bien longtemps pour ramasser ce qu'il y a ramasser, il y a tellement peu de fruits..." commente l'exploitant agricole.

De fait, les rangées de manguiers Early gold offrent un curieux spectacle. Une dizaine d'arbres ne portent aucune fleur ni aucun fruit. À côté de ce "groupe" l'arbre suivant semble tout fier de ses 3 ou 4 fruits. Le "groupe" suivant est démuni de tout et ainsi de suite avec une précision presque mathématiques. "À peine un manguier sur 10 a "chargé", cela signifie que cette année nous allons péniblement atteindre les 10% de notre production habituelle. Au moins c'est simple à calculer" ironise un peu tristement Patrick Serveaux.

Les manguiers José ont un sort à peine plus enviable. Les arbres "chargés" sont un peu plus nombreux et un peu plus productif en fruits. "Nous misons sur une production de 60% inférieure à celle de 2009" annonce l'exploitant agricole.

Cette situation de "manque" étant la même dans quasiment toutes les plantations de l'île, les prix des mangues n'ont pas vraiment baissé depuis le début de la saison (octobre pour les José, mi novembre pour les Américaines). Les plus beaux fruits se vendent entre 6 et 9 euros le kilos. Les plus petits, ceux qui sont touchés par les insectes ou l'humidité, plafonnent quand même à 3 euros le kilo. Dans les bonnes années, le kilo de belles mangues va de 1,50 à 2 euros.

Deux facteurs climatiques sont à l'origine de cette sous production. "Non seulement il n'a pas fait assez froid en avril, mais en plus il y a eu beaucoup de pluies au cours du même mois. Hors pour bien fleurir, les manguiers ont besoin d'être stressés par le manque d'eau et par une température basse" explique Patrick Serveaux. "Dès le mois de mai, nous savions déjà que la saison ne serait pas bonne" ajoute-t-il.

La saison des Américaines se termine fin janvier et celle des José en mars. L'espoir d'une floraison tardive serait vain, ne cache pas l'exploitant. Il ne reste donc qu'à miser sur l'année prochaine et à déguster en attendant les mangues rougail ou carottes. Car, elles, n'ont pas besoin de stress pour "charger".

   

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