Didier Robert et la réorganisation de la politique régionale :

Des annonces mais pas d'échéances


Publié / Actualisé
Fin annoncée du projet tram-train, future route du littoral ou encore renégociation des accords de Matignon autant d'annonces faites par Didier Robert lors de sa campagne électorale. Mais les échéances restent quant à elles toujours floues. "Le grand débat sur le tram-train viendra en son temps tout comme pour la route du littoral", "j'aurai l'occasion de m'exprimer abondamment sur le tram-train au moment opportun", "la renégociation des accords de Matignon interviendra dans le cadre d'un calendrier raisonnable", a simplement noté le président de la Région lors de la conférence de presse organisée à la suite de l'assemblée plénière ce mercredi 21 avril 2010.
Fin annoncée du projet tram-train, future route du littoral ou encore renégociation des accords de Matignon autant d'annonces faites par Didier Robert lors de sa campagne électorale. Mais les échéances restent quant à elles toujours floues. "Le grand débat sur le tram-train viendra en son temps tout comme pour la route du littoral", "j'aurai l'occasion de m'exprimer abondamment sur le tram-train au moment opportun", "la renégociation des accords de Matignon interviendra dans le cadre d'un calendrier raisonnable", a simplement noté le président de la Région lors de la conférence de presse organisée à la suite de l'assemblée plénière ce mercredi 21 avril 2010.
"Vous faites preuve de précipitation", a lancé Jean-Jacques Vlody, conseiller régional PS, durant l'assemblée plénière, en faisant référence au déblocage de 40 millions d'euros pour la rénovation et la construction d'équipements sportifs et culturels dans les 24 communes. En effet, lors du débat sur le projet de décision modificative du budget, Didier Robert a annoncé que "les modalités de mise en ?uvre de cette mesure devront être précisées". Un flou qui ne plaît ni aux élus socialistes, ni aux élus de l'Alliance. Aline Murin Hoarau, conseillère régionale de l'Alliance, a même qualifié cette attitude d'"irresponsable".

Ces réponses floues soulèvent également des questions au sein du monde économique et social. Par exemple, les membres de la Capeb et de la FRBTP ont bien accueilli les annonces faites par Didier Robert d'investir 300 millions d'euros dans la rénovation et la construction d'équipements culturels et sportifs. "Mais quand seront lancés ces chantiers ?", s'interrogent les professionnels du BTP. Même son de cloche du côté de la CGTR où Ivan Hoareau s'est posé la même question. Pour l'instant pas de réponse précise de la part de la collectivité régionale.

Pourtant, le président de Région ne cache pas son envie d'aller vite. "Je pense que nous sommes la première Région à passer à l'action aussi rapidement après des élections régionales", se félicite t-il. "Et je souhaite garder ce rythme tout au long de notre mandature", ajoute t-il. De fait, en un mois, 72 millions d'euros ont été débloqués et plusieurs annonces ont été faites. D'abord celle de la fin de la Maison des Civilisations et de l'Unité Réunionnaise. Une fin qui a été entérinée lors de l'assemblée plénière de ce mercredi.

Ensuite, l'annonce de la fin du projet tram-train. "Je n'ai jamais caché mon opposition à ce projet", rappelle t-il dans sa conférence de presse. Mais à la question de savoir à quelle la date sera officialisée cette fin, pas d'information. Sûrement curieux de connaître le dénouement, Michel Vergoz, conseiller régional PS, a donc interpellé Didier Robert sur le sujet en assemblée plénière. "Je demande qu'une réunion soit organisée pour débattre spécifiquement du tram-train" a réclamé l'élu socialiste. "Le grand débat sur le tram-train viendra en son temps", répond simplement le président de Région. "Il y a un calendrier à respecter", ajoute t-il.

Il fait référence au délai suspensif accordé par Tram'Tiss à la Région en décembre 2009. Le temps pour la collectivité territoriale de négocier avec l'Etat l'obtention d'une rallonge budgétaire correspondant à la dotation ferroviaire. Ce délai court jusqu'en mai 2010 et pourrait être prolongé de 6 mois. Si aucune négociation n'intervient entre la Région et l'État, comme cela semble être le cas, Tram'Tiss sera fondé à demander près de 200 millions d'euros d'indemnisation au conseil régional pour rupture de contrat.

Autre projet phare, la création d'une nouvelle route du littoral sur 6 voies, sur la mer et gratuite, pour un coût de près d'1,5 milliard d'euros. "La déclaration d'utilité publique devrait intervenir d'ici la fin de l'année. Le début des travaux est prévu pour 2013 pour une livraison en 2017 si tout se passe bien", précise Didier Robert.

Ce projet est conditionné à la renégociation du protocole de Matignon. Cet accord prévoyait initialement une participation financière de l'Etat et de l'Europe, respectivement à hauteur de 785 et 230 millions d'euros pour la construction d'un réseau ferré à La Réunion, le tram-train. A l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre François Fillon, le 15 avril dernier, Didier Robert annonçait avoir obtenu "l'accord de principe" du chef du gouvernement. Accord de principe qui n'a pas été confirmé par le principal concerné. Et au sujet de la date de signature du nouveau protocole, Didier Robert ne donne une nouvelle fois que peu de précisions. "La renégociation de l'accord de Matignon interviendra dans le cadre d'un calendrier raisonnable" dit-il. Quant aux négociations avec l'Europe sur la réaffectation des crédits initialement prévus pour le tram-train, le président à la Pyramide inversée avance les mois de juin ou de juillet comme date possible de démarrage des discussions.

À noter que Didier Robert a également annoncé qu'il allait entrer en contact " dans les prochaines semaines" avec la Ville de Saint-Denis pour discuter du projet de boulevard Nord, à l'entrée du Barachois. Une nécessité absolue sachant que sans cet équipement, la 6 voies éventuelle débouchera sur la 2 voies à l'entrée de Saint-Denis. Avec tout ce que cela suppose en termes d'encombrement.

Enfin, concernant l'avenir de la SR21 et de l'IRT (Ile de La Réunion Tourisme), aucune décision n'a encore été arrêtée. Durant la campagne électorale, Didier Robert avait annoncé la fin de l'IRT "sous sa forme actuelle". "Je remets en cause le mode de gouvernance de la structure. Il faut une gestion efficace basée sur le développement économique du tourisme". Le président de Région espère réussir à attirer "à terme" 600 000 "vrais" touristes (hors touristes affinitaires qui sont près de 200 000) à La Réunion chaque année.

   

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