Semaine du goût du 11 au 16 octobre :

Les viennoiseries dévoilent leur charme


Publié / Actualisé
La semaine du goût aura lieu du 11 au 16 octobre 2010. A l'occasion de cette 21ème édition, la fédération des artisans boulangers de l'île lancera une opération séduction en mettant l'accent sur les viennoiseries. "Il s'agit d'une invitation à la dégustation de nos produits maison grâce à des offres promotionnelles. Nous souhaitons aussi faire découvrir notre méthode de fabrication artisanale", explique Norbert Tacoun, président de la fédération des artisans boulangers de l'île.
La semaine du goût aura lieu du 11 au 16 octobre 2010. A l'occasion de cette 21ème édition, la fédération des artisans boulangers de l'île lancera une opération séduction en mettant l'accent sur les viennoiseries. "Il s'agit d'une invitation à la dégustation de nos produits maison grâce à des offres promotionnelles. Nous souhaitons aussi faire découvrir notre méthode de fabrication artisanale", explique Norbert Tacoun, président de la fédération des artisans boulangers de l'île.
En l'espace de 20 ans, les artisans boulangers et pâtissiers de La Réunion ont vu leur part de marché fondre. "Nous n'avons pas d'estimation précise mais il est certain qu'une partie de notre clientèle s'est tournée vers les points chauds, les stations-services et la grande distribution", constate Norbert Tacoun. Et pour cause, "ils ont des plages horaires importantes", note le président de la Fédération. Certaines stations sont ouvertes de 6 heures à 20 heures voire 23 heures. "Nous ne pouvons pas suivre ce rythme", regrette Nobert Tacoun. "Heureusement qu'il reste une clientèle qui accorde toujours de l'importance à la fabrication artisanale", se réjouit le gérant d'une boulangerie portoise.

En effet, pour les artisans boulangers et pâtissiers, leurs concurrents proposent uniquement des "produits surgelés". Cet avis n'est pas partagé par des professionnels de la grande distribution qui affirment que leurs produits sont "fabriqués à La Réunion par des boulangers professionnels". "Et quand bien même ils fabriqueraient leur pain et leurs viennoiseries ici. Ils n'ont pas le savoir-faire que nous avons et ils doivent utiliser des additifs et des conservateurs pour pouvoir les garder plusieurs jours. Nous n'utilisons aucun additif ou conservateur. Tout est fait au jour le jour", rétorque David Lozange, boulanger - pâtissier à la Possession.

Malgré "la qualité du produit", la clientèle n'est pas forcément au rendez-vous dans les 235 boulangeries-pâtisseries et les 132 pâtisseries de l'île. Le principal argument qui plaide en faveur des stations-services, des points chauds et de la grande distribution est celui du prix. "Le prix du pain et des viennoiseries y est bien inférieur à celui que nous proposons. Il est impossible de s'aligner dessus. Nous ne fabriquons pas la même quantité", tente de justifier Norbert Tacoun. Une explication qui ne convainc pas forcément le public, touché de plein fouet par la crise.

Et la situation ne risque pas de s'améliorer puisque les pâtissiers-boulangers de l'île ne cachent pas une augmentation de 5 à 10% du prix du pain et des viennoiseries "d'ici quelques semaines". "Le prix de la farine a quasiment doublé, celui de beurre a augmenté de 30% tout comme celui du chocolat, sans compter l'augmentation du prix du fioul et de l'électricité. Quand on ajoute ces petites augmentations sur de grosses quantités, la hausse est non négligeable. Nous serons obligés de les répercuter sur nos produits", commente Norbert Tacoun.

Autre signe d'inquiétude des professionnels du secteur, "il est de plus en plus difficile de trouver un personnel qualifié". Aujourd'hui, la profession compte 1 700 salariés et environ 175 apprentis. La faute à "un manque de motivation des jeunes qui ne veulent pas se lancer dans ce métier pénible" et à "l'absence de matériel performant dans le centre de formation des artisans boulangers - pâtissiers".

"Nous espérons que ça va évoluer dans les prochaines années mais en attendant, on fait venir des professionnels de métropole pour travailler sur du matériel dépassé. Certaines boulangeries-pâtisseries sont plus modernes que le centre de formation", fustige Norbert Tacoun.

Aujourd'hui, un habitant de l'île consomme 165 grammes de pain et 175 grammes de riz par jour. Un Réunionnais consomme plus de pain qu'en métropole où la moyenne est de 160 grammes par jour.

Mounice Najafaly pour
   

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