Syndicat du sucre de La Réunion :

J.F Moser croit en l'avenir de la filière canne


Publié / Actualisé
Elu président du syndicat du sucre de La Réunion le 17 septembre dernier, Jean-François Moser pense que la filière canne a encore de l'avenir devant elle. C'est ce qu'il a expliqué lors d'une conférence de presse donnée ce mardi 16 novembre, lors de la présentation de la Lettre n°30 des industriels du sucre de La Réunion. Pour le nouveau président, "La Réunion a tous les atouts en main pour rester le principal producteur de sucre de canne en Europe".
Elu président du syndicat du sucre de La Réunion le 17 septembre dernier, Jean-François Moser pense que la filière canne a encore de l'avenir devant elle. C'est ce qu'il a expliqué lors d'une conférence de presse donnée ce mardi 16 novembre, lors de la présentation de la Lettre n°30 des industriels du sucre de La Réunion. Pour le nouveau président, "La Réunion a tous les atouts en main pour rester le principal producteur de sucre de canne en Europe".
Avec près de 200 000 tonnes de sucres produits chaque année, La Réunion est le 1er producteur sucre de canne d'Europe. "Et les marges de progression sont considérables", souligne Jean-François Moser, puisque le quota disponible est évalué à 300 000 tonnes de sucre. "Peu de secteurs d'activité disposent d'une telle réserve de valeur, surtout dans notre île. Il serait dommage de ne pas saisir ces opportunités", ajoute le président du Syndicat du sucre.

Pour ce faire, Jean-François Moser compte sur un certain nombre de "leviers de productivité" permettant "d'accroître significativement notre production". Principal levier, eRcane, le centre de recherche et de développement de la canne. Cette structure, créée en 1929 sous le nom de Centre d'Essais de Recherche et de Formation, a joué un rôle "primordial" dans l'évolution de la productivité. "Grâce aux variétés créées et sélectionnées par eRcane et à l'amélioration des techniques de cultures, le rendement moyen de l'île est passé de 4 tonnes à plus de 8 tonnes de sucre par hectare sur les 50 dernières années", note le Syndicat du sucre.

Le responsable du Syndicat compte aussi sur la prime bagasse, qui a "donné un véritable élan de développement de la filière". Le premier versement a été effectué en mai dernier. Chaque planteur a reçu 11,05 euros par tonne de canne tandis qu'1,45 euros par tonne de canne ont été versés aux industriels. Enfin, 50 centimes sont consacrés au financement d'eRcane. "Sur le terrain, la motivation pour la relance est palpable à travers les replantations qui ont repris à un rythme soutenu. Après plusieurs années de doute, la confiance est revenue", se réjouit le président. La filière peut aussi compter sur une structure interprofessionnelle organisée au sein du CTICS (centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre).

La filière canne s'appuie sur un autre levier pour son développement, le foncier. Un levier qui pose problème à La Réunion, où il faut concilier urbanisation, agriculture et protection des zones naturelles. Entre 1980 et 1995, la filière a perdu près de 10 000 hectares de terres agricoles, passant de 35 000 à 25 000 hectares. A partir de 1995 et l'adoption du 1er Schéma d'aménagement régional (SAR), cette étendue est restée "plutôt stable". Mais Jean-François Moser est bien conscient que l'enjeu de ces prochaines années sera "la bataille pour le foncier". Et le président du syndicat ne cache pas ses ambitions, "la reconquête des terres".

Cette reconquête se fera à travers le nouveau Schéma d'aménagement régional, actuellement à l'étude et qui devrait être présenté en assemblée plénière au conseil régional d'ici la fin de l'année. Ce nouveau SAR prévoit notamment une nouvelle politique d'urbanisation, "construire la ville dans la ville". Ce que préconise également Jean-François Moser qui dénonce "l'étalement des villes". "Une étude de l'université de La Réunion montre que 280 000 logements peuvent être construits dans l'espace urbain actuel alors que les statistiques de l'Insee indiquent qu'il faudra 140 000 logements supplémentaires d'ici 2030", précise Jean-François Moser.

Autre point du nouveau SAR, 5 000 hectares supplémentaires seront destinés à la culture de la canne, portant la surface totale à 30 000 hectares. Malgré tout, Jean François Moser ne tarit pas de critiques à l'encontre des politiques d'urbanisation. "Au lieu de bâtir à l'intérieur des villes, on préfère déclasser des terres excellentes comme à Beauséjour pour construire. C'est un gaspillage honteux du foncier", s'emporte le président du syndicat.

Mais la principale crainte des professionnels du secteur est la renégociation du règlement sucrier, en 2013. Des renégociations qui s'annoncent âpres au regard du contexte économique européen. Certains parlent même de "fin de la filière canne en 2015". Pas Jean-François Moser qui se dit "confiant". "L'Etat et l'Union Européenne ont pleinement conscience du rôle particulièrement structurant de la filière canne-sucre. Nous disposons de tous les atouts nécessaires pour justifier le maintien d'un cadre juridique favorable", explique t-il. "Ce n'est pas la première fois que nous renégocions le régime sucrier. L'important est de parler d'une seule voix pour défendre un projet et montrer notre capacité à développer la filière", insiste le président du Syndicat du sucre.

Mounice Najafaly pour
   

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