Indignation suite à un affichage raciste à la gendarmerie de Bras Panon :

Le préfet : "Nous ne lâcherons pas l'affaire"


Publié / Actualisé
L'affaire de l'affiche raciste placardée dans la gendarmerie de Bras Panon provoque l'indignation du préfet et du colonel de la gendarmerie. Tous deux ont publié un communiqué de condamnation en milieu de journée (voir article par ailleurs) et ont tenu une conférence de presse en fin d'après-midi. Le préfet qualifie l'affiche de "torchon inacceptable" et ne cache pas sa colère. Deux enquêtes sont en cours, et "nous ne lâcherons pas l'affaire" a martelé le préfet
L'affaire de l'affiche raciste placardée dans la gendarmerie de Bras Panon provoque l'indignation du préfet et du colonel de la gendarmerie. Tous deux ont publié un communiqué de condamnation en milieu de journée (voir article par ailleurs) et ont tenu une conférence de presse en fin d'après-midi. Le préfet qualifie l'affiche de "torchon inacceptable" et ne cache pas sa colère. Deux enquêtes sont en cours, et "nous ne lâcherons pas l'affaire" a martelé le préfet
L'affaire a été révélée par le Journal de l'île de ce vendredi 27 mai 2011 et a provoqué la colère du préfet, Michel Lalande. Une affiche "raciste" selon l'expression du représentant de l'État, a été placardée sur le tableau d'affichage de la brigade de Bras Panon. Haineux, "le torchon", toujours selon le qualificatif du préfet, appelle à se méfier des jeunes d'origine magrébine qualifiés de "Niketamer, un nouvel animal introduit en Europe de l'Ouest" et "dont la prolifération est dangereuse pour l'équilibre de notre système judéo-chrétien". L'affiche donne une fiche signalétique de ces jeunes en faisant un amalgame entre l'origine ethnique et le statut de délinquant et regrette que "cet animal" fasse l'objet "d'une interdiction de chasser".

Accompagné par le colonel Philippe Le Mouël, commandant du groupement de la gendarmerie de La Réunion, Michel Lalande a tenu une conférence de presse vendredi en fin d'après-midi pour dire sa "colère", son "indignation" et pour assurer qu'il "s'agit de faits isolés qui portent atteinte à la confiance que la population doit avoir vis-à-vis des forces de l'ordre".

"Nous ne lâcherons pas l'affaire" a encore assuré le préfet. Il a rappelé que le commandant de brigade de Bras Panon a été suspendu de ses fonctions dès que l'affaire a été révélée. Il a aussi souligné qu'à sa demande une enquête administrative au sein de la gendarmerie a été ouverte et que le procureur a entamé une enquête préliminaire "afin de faire toute la lumière sur cette déplorable affaire", car a-t-il rappelé "le racisme est un délit".

Le colonel Philippe Le Mouël s'est dit "choqué" par le caractère raciste de l'affiche. Il a présenté ses "excuses à tous ceux, particuliers ou associations qui ont été offensés dans cette affaire". Parlant lui aussi de "faits isolés", il a "demandé à la population de ne pas oublier l'engagement au quotidien auprès de la population des hommes et des femmes servant dans la gendarmerie". Pour sa part, Michel Lalande a adressé un courrier d'excuse au président du conseil régional du culte musulman à La Réunion.

Le préfet et le colonel n'ont pas donné d'autres informations sur l'avancée des enquêtes administrative et pénale. "Tout se passe sous la direction du procureur et je suis impatient de connaître les premiers résultats des investigations" a commenté le représentant de l'État. "J'ai hâte de dire aux Réunionnais "Justice est faite"" a-t-il ajouté

En début de soirée, le commandant de brigade et l'un des gendarmes de Bras Panon étaient toujours entendus par les enquêteurs. Quant à l'affiche raciste, elle a été retirée "avant même la parution du Journal de l'Ile" indique le colonel Philippe Le Mouël.

Mahdia Benhamla pour
   

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