Affiche raciste à la gendarmerie de Bras-Panon :

Claude Guéant : "une triste affaire"


Publié / Actualisé
Interpellé par le conseil français du culte musulman, Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, a condamné dans un courrier datant du 17 juin 2011 l'acte des gendarmes qui avaient placardé une affiche à caractère raciste dans les locaux de la gendarmerie de Bras Panon. Le ministre parle de "triste affaire". Les deux gendarmes mis en cause dans cette affaire comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis le mardi 5 juillet prochain.
Interpellé par le conseil français du culte musulman, Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, a condamné dans un courrier datant du 17 juin 2011 l'acte des gendarmes qui avaient placardé une affiche à caractère raciste dans les locaux de la gendarmerie de Bras Panon. Le ministre parle de "triste affaire". Les deux gendarmes mis en cause dans cette affaire comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis le mardi 5 juillet prochain.
Dans son courrier, le ministre affirme: "Dès que j'ai eu connaissance de ces faits, j'ai immédiatement demandé au directeur général de la gendarmerie nationale d'éclaircir cette triste affaire afin d'en établir les responsabilités et d'en tirer tous les enseignements".

Il rappelle que des mesures de suspension et des mesures disciplinaires ont déjà été prises à l'encontre des gendarmes mis en cause dans cette affaire. Le commandant de la brigade de Bras-Panon a été suspendu tandis que l'autre gendarme, en fin de séjour sur l'île, ne pourra pas demander une année de présence supplémentaire à La Réunion.

Claude Guéant a également indiqué qu'une enquête judiciaire est actuellement diligentée par la section de recherches de Saint-Denis. Les deux hommes mis en cause dans cette affaire comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis le mardi 5 juillet prochain.

L'ampleur prise par cette affaire et les sanctions déjà prononcées à l'encontre des deux militaires suscitent un malaise dans certaines casernes de gendarmerie. Ces gendarmes estiment que les faits reprochés à leurs collègues relèvent davantage de la maladresse, voire de la bêtise, que du comportement raciste. Ils voient donc d'un mauvais ?il les mesures disciplinaires déjà prononcées à l'encontre des deux mis en cause et leur prochain passage devant le tribunal correctionnel.

L'affiche xénophobe qui a été apposée sur le tableau de service de la gendarmerie de Bras Panon dresse le portrait des " Niketamer, un nouvel animal introduit en Europe de l'Ouest ". Cette caricature vise la communauté maghrébine de métropole et donne une fiche signalétique de ces jeunes tout en faisant un amalgame entre l'origine éthique et le statut de délinquant.

L'imprimé estime par ailleurs que "la prolifération des niketamer est dangereuse pour l'équilibre de notre système judéo-chrétien" et regrette que "cet animal" fasse l'objet "d'une interdiction de chasser".

L'affaire avait été révélée par le Journal de l'Île le vendredi 27 mai et elle avait provoqué la colère du préfet, Michel Lalande. Accompagné par le colonel Philippe Le Mouël, commandant du groupement de la gendarmerie de La Réunion, le préfet avait tenu une conférence de presse dès le vendredi en fin d'après-midi. Il avait dit sa "colère", son "indignation" et avait assurer "il s'agit de faits isolés qui portent atteinte à la confiance que la population doit avoir vis-à-vis des forces de l'ordre".
"Nous ne lâcherons pas l'affaire" avait encore assuré le préfet en indiquant qu'il avait adressé un courrier d'excuse au président du conseil régional du culte musulman à La Réunion.

Pour sa part, le colonel Philippe Le Mouël s'était dit "choqué" par le caractère raciste de l'affiche. Il avait présenté ses "excuses à tous ceux, particuliers ou associations qui ont été offensés dans cette affaire".

   

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