Le président de l'Université confirme l'absentéisme de F. Cadet :

"Il n'a fait aucune de ses heures"


Publié / Actualisé
Après la révélation vendredi par le blog www.bonanniversairedidier.fr d'un litige concernant le nombre d'heures de cours effectué par Frédéric Cadet, Mohamed Rochdi confirme, lundi 5 septembre 2011, que le vice-président de Région et professeur de biochimie à l'université n'a effectué aucune des heures de cours dues au titre de l'année 2010/2011 tout en percevant son salaire en intégralité, soit entre 4 500 et 8 000 euros par mois, puisque ce sont les appointements d'un enseignant chercheur selon son ancienneté . Le président de l'université a proposé que les heures non faites soient reportées sur l'année scolaire 2011/2012. Une solution " bienveillante " acceptée par Frédéric Cadet mais qui doit recevoir l'acceptation du recteur, représentant de l'Etat en matière d'éducation.
Après la révélation vendredi par le blog www.bonanniversairedidier.fr d'un litige concernant le nombre d'heures de cours effectué par Frédéric Cadet, Mohamed Rochdi confirme, lundi 5 septembre 2011, que le vice-président de Région et professeur de biochimie à l'université n'a effectué aucune des heures de cours dues au titre de l'année 2010/2011 tout en percevant son salaire en intégralité, soit entre 4 500 et 8 000 euros par mois, puisque ce sont les appointements d'un enseignant chercheur selon son ancienneté . Le président de l'université a proposé que les heures non faites soient reportées sur l'année scolaire 2011/2012. Une solution " bienveillante " acceptée par Frédéric Cadet mais qui doit recevoir l'acceptation du recteur, représentant de l'Etat en matière d'éducation.
Frédéric Cadet a bien perçu son salaire de l'université en intégralité sans donner une seule heure de cours. L'information donnée vendredi par le blog www.bonanniversairedidier.fr a été confirmée par Mohamed Rochdi, président de l'université, lors d'un entretien avec des journalistes ce lundi 5 septembre.

En qualité d'élu au conseil régional, Frédéric Cadet a droit à des crédits d'heures et des autorisations d'absence qui lui permettent de se rendre aux assemblées générales et autres activités d'élu. Les crédits d'heures sont accordées automatiquement à la demande de l'intéressé, quant aux autorisations d'absence, elles sont concédées sur acceptation du président de l'université et sont défalquées du salaire. Or, selon Mohamed Rochdi, "à partir de septembre dernier, je n'ai eu aucune demande émanant d'un de mes agents de bénéficier de telle ou telle disposition".

Une demande d'information a pourtant bien été envoyée par les services administratifs de la Région. Ils ont questionné le service des ressources humaines de l'université sur le nombre d'heures de cours dues par les élus régionaux. A la suite de cet échange, les services de l'université ont questionné le ministère de l'Education Nationale. "C'était une première pour nous d'avoir un ou des vice-présidents de la Région" à l'université, indique Mohamed Rochdi.

La réponse du ministère, se basant sur le code des collectivités territoriales, arrive le 4 novembre 2010. Elle indique que les concernés doivent 158 heures de cours (équivalent travaux dirigés) à l'année, contre 192 pour un enseignant chercheur sans autre charge. Cette réponse est transmise par l'université aux services de la Région le 10 novembre 2010 mais ne suscite pas de réponse, indique encore Mohamed Rochdi : "je n'ai eu aucune sollicitation de mon collègue".

A la fin de l'année scolaire, comme le prévoit le fonctionnement universitaire, les états liquidatifs de service ne mentionnent aucune heure de cours effectuée pour Monsieur Cadet. Or, c'est sur leur base que se justifie le salaire d'un enseignant chercheur. "Tout enseignant chercheur peut avoir une activité de recherche ou administrative mais nous n'avons aucun moyen de l'attester", explique le président de l'université. Donc en théorie, sans heure de cours, pas de justification de salaire.

Dans un courrier en date du 29 juin 2011, le président de l'université a ainsi accordé à Frédéric Cadet le droit de reporter ses heures non faites au titre de l'année universitaire écoulée sur l'année universitaire qui s'annonce, soit 316 heures (équivalent travaux dirigés). Une solution acceptée par Frédéric Cadet qui indiquait, dans un communiqué publié vendredi, avoir commencé à donner ses cours le 22 août.

Mais dans son communiqué, Frédéric Cadet, conteste également le chiffre de 158 heures dues et avance, grâce au cumul des autorisations d'absence et de crédits d'heures, une charge annuelle de 12 heures de cours. "Si erreur il y avait, je me suis fondé sur le courrier du ministère de l'Education Nationale", se défend le président de l'université.

Mais le problème va plus loin : selon Mohamed Rochdi, non seulement Frédéric Cadet n'a effectué aucune heure de cours, mais en plus il n'a pas demandé à bénéficier de ces dispositions tout en percevant son salaire en intégralité sans tenir compte des défalcations dues au titre des autorisations d'absence. Quant au montant du salaire de 8000 euros avancé par le blog, il n'est pas fantaisiste. Sans dévoiler "une donnée personnelle", le président de l'université indique qu'un salaire d'enseignant chercheur oscille entre 4500 et 8000 euros mensuels en fonction de l'ancienneté.

"Je pense que j'ai fait preuve de bienveillance en octroyant le crédit d'heures sans demande de l'intéressé et en lui proposant de régulariser ses heures sur l'année 2011/2012. Et c'est sans certitude de ma part sur la légalité de cette proposition", indique Mohamed Rochdi. Les salaires des universitaires réunionnais sont toujours versés par l'Etat et le recteur pourrait, en théorie, contester cet arrangement.

En attendant, les fiches prévisionnelles de cours doivent être transmises le 15 septembre prochain. Frédéric Cadet devra y figurer à hauteur de 316 heures pour l'année. En, juin dernier, l'université Paris 7 avait demandé le remboursement des émoluments de 4500 euros mensuels de Luc Ferry, ancien ministre de l'Education Nationale et professeur de philosophie, pour service non rendu. Une solution écartée par le président de l'université Mohamed Rochdi.

Marine Veith pour
   

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