Après l'attaque mortelle d'un requin contre Mathieu Schiller :

Tristesse, colère et incompréhension


Publié / Actualisé
Depuis ce mardi 20 septembre 2011 au matin, les recherches pour retrouver la dépouille du bodyboarder Mathieu Schiller, attaqué ce lundi 19 septembre 2011 par un requin au large de Boucan, se sont poursuivies. Toute la journée, les équipes de la gendarmerie, les maîtres nageurs sauveteurs et les pompiers étaient sur place pour tenter de retrouver le corps. En vain pour le moment. Du côté des proches de Mathieu Schiller et des badauds présents sur la plage, c'est la tristesse, la colère et l'incompréhension qui règnent.
Depuis ce mardi 20 septembre 2011 au matin, les recherches pour retrouver la dépouille du bodyboarder Mathieu Schiller, attaqué ce lundi 19 septembre 2011 par un requin au large de Boucan, se sont poursuivies. Toute la journée, les équipes de la gendarmerie, les maîtres nageurs sauveteurs et les pompiers étaient sur place pour tenter de retrouver le corps. En vain pour le moment. Du côté des proches de Mathieu Schiller et des badauds présents sur la plage, c'est la tristesse, la colère et l'incompréhension qui règnent.
Ce lundi 19 septembre 2011, l'ancien champion de bodyboard Mathieu Schiller a été happé par un requin près du rivage de la plage de Boucan Canot aux alentours de 15h. Depuis, les secours se déploient pour retrouver son corps. En vain, la dépouille restant introuvable. Et difficilement. Ce mardi matin, l'hélicoptère a ainsi donné l'ordre aux sauveteurs de sortir de l'eau après avoir aperçu des requins.

Toute la journée de ce mardi, sur la plage de Boucan Canot, les proches de Mathieu Schiller étaient réunis. Les visages fermés, les yeux tristes, douleur et révolte sont palpables dans leurs regards. "Nous sommes tous tristes, on a perdu un ami, une personne que tout le monde appréciait, un marmaille qu'on a vu grandir", confie Serge, connaissance proche de l'ancien bodyboarder. Chez les badauds présents sur la plage, l'on est compatissant. "Je ne suis ni de la famille, ni une amie, mais ce qui est arrivé me bouleverse. Je suis de tout c?ur avec la famille et j'espère qu'on retrouvera le corps, parce que c'est difficile de faire son deuil sans la dépouille", déclare Marie, venue assister aux recherches.

Tristesse et compassion d'un côté, colère et incompréhension de l'autre. Une colère dirigée vers les pouvoirs publics et l'insuffisance des moyens qui sont mis en place pour lutter contre ces attaques. "On est révolté. Parce que ce qui s'est passé hier aurait pu être évité depuis longtemps. Les requins sont présents partout, pas seulement à La Réunion. Il existe des solutions pour lutter contre eux, aux Seychelles, à Hawaii, en Afrique du Sud. Ici, on a beau tirer la sonnette d'alarme depuis de longues années, il ne se passe absolument rien. Rien n'est mis en place pour changer la situation", estime Serge.

L'homme précise, en faisant allusion aux propos tenus par Huguette Bello, la députée-maire de Saint-Pail ce lundi : "On vit à La Réunion, on est chez nous, on a grandi ici, ça fait plus de trente ans qu'on est là. Nous n'avons jamais vu de requin à Boucan. Là, depuis six mois, on en voit qui traînent dans les eaux. Il y a déjà eu quatre attaques et deux morts. Ailleurs, on aurait déjà puni les responsables". Il ajoute, toujours en écho à la députée-maire : "Le drapeau rouge n'interdisait pas les activités nautiques jusqu'à ce jour, on était dans notre droit d'être dans l'eau. Les propos tenus par Huguette Bello ne sont pas dignes d'une députée, et elle ne connaît rien à la mer".

De son côté, Georges Massanelli, membre du comité régional des sports sous-marins, donne son avis : "Je suis affecté par ce qui s'est passé. Mais les attaques qui ont eu lieu sont des accidents. Je n'en connais pas les causes, il y a seulement des faits : plus de monde à la plage, plus de poissons, plus de baleines, plus de requins aussi. Après, je pense que tout le monde s'est emporté ce lundi. Les propos tenus par les surfeurs et par Huguette Bello ont été dits sous le coup de la colère. Maintenant, il faut étudier ce qu'il se passe ailleurs pour prendre des décisions par rapport aux requins. En Australie ou en Afrique du Sud, je crois qu'on élimine les requins quand ils ont goûté à la chair humaine et qu'ils sont nuisibles à l'homme. Je pense que ce n'est pas une solution décisive définitive, mais actuellement, c'est une nécessité".

Quoiqu'il en soit, il est déjà 18h. Le corps de Mathieu Schiller reste introuvable, et ses proches sont toujours dans le plus grand désarroi.

Samia Omarjee pour
   

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