La candidate d'Europe Écologie les Verts à La Réunion :

Le franc parler d'Éva Joly


Publié / Actualisé
"Nous avons droit à des explications claires sur le refus du gouvernement d'envoyer des Dash pour éteindre le feu" au Maïdo, a estimé Éva Joly ce samedi 26 novembre 2011. Arrivée le matin même à La Réunion la candidate d'Europe Écologie les Verts pour la présidentielle s'est rendue sur le site du gigantesque incendie dans le massif du Maïdo. Plus tard dans la journée sur la plage de Boucan où flotte toujours le drapeau rouge, Éva Joly a remarqué : "il faut protéger les requins mais aussi rendre la mer aux Réunionnais". La candidate d'Europe Écologie les Verts aime visiblement le franc parler. Elle a estimé par ailleurs que son programme pour la présidentielle est "en mesure d'apporter des solutions" aux grands problèmes de La Réunion.
"Nous avons droit à des explications claires sur le refus du gouvernement d'envoyer des Dash pour éteindre le feu" au Maïdo, a estimé Éva Joly ce samedi 26 novembre 2011. Arrivée le matin même à La Réunion la candidate d'Europe Écologie les Verts pour la présidentielle s'est rendue sur le site du gigantesque incendie dans le massif du Maïdo. Plus tard dans la journée sur la plage de Boucan où flotte toujours le drapeau rouge, Éva Joly a remarqué : "il faut protéger les requins mais aussi rendre la mer aux Réunionnais". La candidate d'Europe Écologie les Verts aime visiblement le franc parler. Elle a estimé par ailleurs que son programme pour la présidentielle est "en mesure d'apporter des solutions" aux grands problèmes de La Réunion.

Pantalon blanc et haut bleu, Éva Joly semble parfaitement à l'aise dans le décor carbonisé de la route forestière du Maïdo. Reçue à La Réunion par tout l'état major local d'Europe Écologie les Verts, dirigé par Jean Alain Cadet, la candidate à la présidentielle, a été accueillie à l'entrée de la route forestière par Huguette Bello, député-maire de Saint-Paul. L'échange entre les deux femmes politiques a été courtois mais bref.

En baskets, les pieds enfoncés dans une épaisse couche de cendres, Éva Joly a ensuite écouté les explications du commandant Jean-François Murcy. L'officier sapeur pompiers lui raconte la lutte "d'arrache pied" des jours entiers des soldats du feu contre le brasier.

"Vous avez tout de suite demandé des renforts et l'appui des avions bombardiers d'eau" demande ensuite Éva Joly au commandant Murcy. "Je peux vous répondre un peu plus tard" répond l'officier visiblement gêné par la présence des journalistes. Preuve s'il en est que la tension sur l'affaire des Dash envoyés tardivement par l'État n'est pas retombée.

"Nous sommes en démocratie, il faudra bien un jour ou l'autre que nous ayons des explications sur le refus d'écouter les professionnels disant qu'il fallait combattre le feu à partir du ciel. Il fallu attendre plusieurs jours pour que ces avions bombardiers d'eau arrivent. C'est une partie du patrimoine mondiale que l'on a laissé brûler" dit la candidate d'Europe Écologie les Verts. "Il faudra que l'on sache qui a pris la décision de ne pas les envoyer immédiatement".

Son attaque vise le préfet. Lorsqu'on lui fait remarquer que ce dernier n'a fait qu'appliquer la décision prise par l'État, Éva Joly lâche "c'est vrai que le préfet n'est que le représentant de l'État, mais on ne peut pas toujours se cacher derrière un refus. Nous n'avons visiblement pas la même conception de la prise de responsabilité". Une réponse sèche montrant à quel point elle n'a pas accepté le refus du préfet Michel Lalande de ne pas la recevoir. Un refus préfectoral a priori motivé par le devoir de réserve vis à vis d'une candidate à la présidentielle. "Le devoir de réserve fait toujours peser de l'obscurantisme sur la vie démocratique" commente Éva Joly.

Elle s'est ensuite déclarée favorable à une présence des bombardiers d'eau pendant toute la saison à risque ou encore "à un avion bombardier basé en permanence à La Réunion et qui pourrait servir pour tous les pays de la zone". Elle n'a pas caché qu'à son retour en Métropole elle allait dire "qu'il y a un grand mystère que les raisons de l'envoi tardif" des Dash. Les budgets nécessaires à la mobilisation de ces avions étant déjà en place, "j'ose espérer que le refus n'a pas été motivé par le fait que ces avions devaient servir pour du transports" a dit la candidate d'Europe Écologie les Verts. La rumeur a en effet indiqué que dans un premier temps, les Dash devaient servir à transporter des passagers pour la réunion du G20 à Cannes.

Plus tard dans l'après-midi, Éva Joly s'est rendue sur la plage de Boucan Canot. Elle a rencontre Christophe Mattéi, représentants des surfeurs. La plage est toujours interdite aux baigneurs et à toutes activités nautiques. Il a donc bien sûr était question du risque requins - 6 attaques, dont certaines mortelles -, que quelques semaines. Christophe Mattéi a plaidé pour "la tenue d'une vraie table ronde où les gens qui savent, les pêcheurs par exemple, seraient vraiment écoutés par les pouvoirs publics". Éva Joly a repris cet argumentaire à son compte. "Il écouter tout le monde, il faut aussi trouver un équilibre entre la protection des requins et la nécessité de rendre la mer aux Réunionnais" a-t-elle dit avant d'émettre la proposition "de faire venir sur place des navires scientifiques pour comprendre ce qui se passe".

En fin d'après-midi, la candidate d'Europe Écologie les Verts a rencontré à la Grande Fontaine Saint-Paul, l'association des citoyens contre le chikungunya, une structure spécialisée dans l'insertion et l'assainissement dans les quartiers.

Éva Joly se rendra ce dimanche à Mayotte.

Mahdia Benhamla pour

   

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