Saint-Denis - Rue Léopold Rambaud :

"Lave a moin" d'abord, permis de construire après


Publié / Actualisé
Baptisée "Lave a moin +", une station de lavage d'automobiles est en voie d'achèvement à hauteur du n° 85 bis de la rue Léopold Rambaud à Saint-Denis. Ce chantier a commencé en début d'année 2012 avec l'accord de fait de la mairie. Il accumule pourtant les irrégularités graves, dont l'absence de permis de construire et d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. La commune a finalement décidé d'arrêter les travaux fin mai "le temps de régulariser les choses" indiquent les services communaux. Ce qui revient à reconnaître que le chantier était illégal et qu'il l'est toujours puisque une "régularisation" a posteriori n'est pas possible sauf à modifier le PLU.
Baptisée "Lave a moin +", une station de lavage d'automobiles est en voie d'achèvement à hauteur du n° 85 bis de la rue Léopold Rambaud à Saint-Denis. Ce chantier a commencé en début d'année 2012 avec l'accord de fait de la mairie. Il accumule pourtant les irrégularités graves, dont l'absence de permis de construire et d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. La commune a finalement décidé d'arrêter les travaux fin mai "le temps de régulariser les choses" indiquent les services communaux. Ce qui revient à reconnaître que le chantier était illégal et qu'il l'est toujours puisque une "régularisation" a posteriori n'est pas possible sauf à modifier le PLU.

Ceux qui empruntent régulièrement la rue Léopold Rambaud à Saint-Denis n'ont pas manqué de voir qu'un chantier s'est installé au début de l'année à hauteur du n° 85 bis de la rue. Un chantier qui annonce l'ouverture prochaine de "Lave a moin +", un centre de lavage de voitures.

Ce qui aurait pu être finalement banal, si ce chantier n'accumulait pas les irrégularités. En violation du plan local d'urbanisme de la ville (PLU), il a commencé sans permis de construire. En dépit de la pollution que la station de lavage pourrait générer par le rejet d'eaux sales, il est implanté sur le littoral sur un site classé zone urbaine verte par le PLU et ne possède pas d'autorisation d'implantation conformément à la loi sur la protection de l'eau. La station s'est installée sur deux parcelles appartenant à la commune de Saint-Denis sans qu'aucune autorisation d'occupation temporaire (AOT) du domaine publique n'ait été alors délivrée.

Ne serait-ce qu'en raison de l'implantation du chantier, en plein sur le littoral, et de son importance, la mairie de Saint-Denis ne pouvait ignorer l'ensemble de ces faits. Elle n'a pourtant engagé aucune procédure à l'encontre du promoteur privé auteur de toutes ces irrégularités graves. Cela alors que le seul fait de commencer un chantier sans permis de construire constitue un délit et que la mairie aurait du constater et déférer au parquet.

En mai, l'adjoint en charge de l'urbanisme à la mairie de Saint-Denis, Jean-Pierre Espéret, a été interpellé sur cette situation par un citoyen dionysien. Il avait alors répondu à cet administré que "ces constructions bénéficient d'un permis temporaire, qui doit être affiché" sur le chantier. Aucune affiche n'a été mise en place. Et si on tient en compte du code de l'urbanisme, les autorisations temporaires ne sont accordées qu'en cas de circonstances exceptionnelles. Dans le cadre du chantier de la station de lavage de voitures, on voit difficilement quelles pourraient être ces circonstances exceptionnelles. En réponse au citoyen dionysien qui le questionnait, Jean-Pierre Espéret avait évoqué une "réponse à une urgence économique" sans donner plus d'explications.

À la suite de cette interpellation, la commune a décidé d'arrêter les travaux à la fin du mois de mai. "Le temps de régulariser les choses" note Christine Paramé, directrice générale adjointe en charge du développement urbain à la mairie de Saint-Denis. "Le permis de construire a été délivré le 28 juin dernier", indique-t-elle. Mais elle admet que les travaux ont commencé bien avant. "Les travaux ont commencé alors que le dossier était encore en instruction chez nous", explique Christine Paramé. Et n'est-ce pas un problème que le chantier démarre sans autorisation ? "Non", répond-elle. "Ça devient un problème si finalement, l'instruction refuse le permis de construire, ce qui n'est pas le cas ici", affirme-t-elle.

Outre cette interprétation... innovante des lois sur l'urbanisme et la construction, le refus de permis aurait pourtant pu être supposé évident puisque le chantier est situé en pleine zone verte urbaine. Le plan d'urbanisme local n'ayant pas été modifié - pour cela il aurait fallu lancer une enquête publique -, "Lave a moin +" ne pouvait a priori pas s'installer sur ce site. Et lorsque l'on demande à la mairie si accorder un permis de construire à une station d'entretien de voitures, avec tous les impacts polluants qu'elle peut générer, ne pose pas souci, la réponse est étonnante : "le promoteur a présenté le projet comme une station de lavage écologique. Il ne devrait donc pas y avoir de problème", avance Christine Paramé. Toutefois, elle poursuit, prudemment, "après, je ne suis pas le promoteur, je ne maîtrise pas tous les aspects techniques du chantier".

Ce qui n'est sans doute pas faux. Par contre, aux termes de la loi sur l'eau, la DEAL (direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement) aurait été en mesure de "maîtriser tous les aspects techniques" et d'évaluer toutes les atteintes à l'environnement que la station pourrait générer. Mais il aurait fallu pour cela que le projet de construction lui soit soumis. Cela n'a pas été le cas. Étrangement d'ailleurs, puisque que le fonctionnement d'une station de lavage de voitures supposant des rejets d'eaux industrielles, le dossier d'aménagement doit obligatoirement être soumis à la DEAL. Cela n'a pas été fait, en tout cas au moment où la construction a débuté.

À la suite de l'interpellation du citoyen dionysien, les travaux ont donc été arrêtés fin mai. "Nous étions en pleine campagne électorale" s'amuse le contribuable. Le permis de construire a été délivré le 28 juin. "C'était pour que le promoteur puisse entrer dans les réglementations sur les aspects techniques. Il était important d'avoir toutes les garanties", commente la mairie et reconnaissant par là même l'existence de toutes ces irrégularités graves. "On a fait démolir par la force des cases en bois sous tôle pour bien moi que cela", s'agace le contribuable dionysien.

Précisons enfin que "Lave a moin" est installée sur deux parcelles appartenant à la commune et sont donc propriétés de la Ville. Pour autoriser un promoteur privé à exercer une activité commerciale concurrentielle sur une parcelle publique, la loi exige une mise en concurrence et donc, pour le moins, le lancement d'un appel à projets. Si tel a été le cas, la mairie ne donne aucune indication sur les projets qui ont été écartés au bénéfice de la station de lavage auto...

Mahdia Benhamla et Samia Omarjee pour

   

4 Commentaire(s)

Daniel, Posté
Il faut porter plainte, ce n'est pas possible d'agir comme ça, en plus ces gens là sont toujours à donner des leçons à tout le monde
Pierre, Posté
Je suis ce citoyen et je ne veux m'avancer masqué. Je m'appelle Pierre BALCON et j'habite au centre ville de St Denis.
Je veux résister , en citoyen responsable , à cette marée de bêtise , d'incompétence et peut être de corruption.Je le fais d'abord parce que je pense que le premier devoir d'un socialiste c'est de respecter la loi ; ensuite parce que je crois qu'on ne peut pas ainsi sacrifier une zone verte , inscrite au PLU en tant que telle. On ne peut surtout le faire sans que les citoyens aient leur mot à dire . Alors si le maire veut changer la destination de cette zone qu'il soumette le projet à enquête publique et qu'il arrête d'amuser la galerie avec cette mascarade de démocratie participative.
En l'espèce je me suis heurté à la mauvaise foi et au cynisme de certains élus qui se font une idée très personnelle du respect de la loi. Et parmi eux hélas un élu pseudo écologiste !
Cette affaire est marquée de multiples illégalités : construction sans permis sur un terrain classé en zone verte , puis permis de régularisation "précaire" entaché lui même de multiples illégalités de forme et de fond , emprise , sans qu'ait été produite une quelconque autorisation d'occupation , sur 4 parcelles appartenant bizarrement à la régie funéraire , non consultation des services techniques compétents de l'Etat , favoritisme dans l'attribution d'un espace pour exercer une activité concurrentielle , avec au surplus un outil défiscalisé.
Alors j'ai décidé , à ma mesure , comme un citoyen normal , de ne pas laisser faire.
Et pourtant j'y avais cru à l'Etat exemplaire qui nous était promis . Mais ce programme était localement défendu par des faux monnayeurs!
Alors faut il baisser les bras ? Non j'ai décidé pour ma part de résister , au moins un peu , au nom du vrai socialisme.
Contribuable, Posté
Une telle accumulation de délits est tout simplement inadmissible. Qui est ce promoteur privé et quel lien a-t-il avec la mairie de Saint-Denis pour avoir bénéficier d'autant d'attention coupable? Et après cela on va expliquer au ti créole qu'il faut un permis pour construire sa petite case et qu'il faut infliger un a de prison ferme à un jeune qui est supposé avoir jeté un galet sur un policier sans l'atteindre : scandaleux
LeMakiMaské, Posté
Et ça continue...
Encore une fois les intérêts particuliers de certains, combinés aux collusions "habituelles" avec les dirigeants de cette municipalité, sont passés AVANT le bien être de la Collectivité et de sa Biosphère !!!

Tant que "nos" politiques continuerons à défendre leurs intérêts personnels plutôt que ceux de la collectivité, à entretenir leurs lobbies de copinage et électoralistes, nous continuerons à arriver après la "bataille" (comme pour le scandale de la station d'épuration de la Jamaïque, la conception du Boulevard Sud, etc...)

Et que l'on ne vienne pas nous opposer la création d'emplois ! En l’occurrence il s'agit d'une station de lavage automatique !

Quant aux pseudos défenseurs de l'environnement Réunionnais... Ils semblent complètement dépassés par les évènements et préfèrent se faire mousser, en attaquant contre le projet de la nouvelle route du littoral, dont les dossiers sont instruits depuis plus de 3 années maintenant et dont la consultation publique s'est close il y a quelques mois à peine.

Comme la cavalerie Américaine... toujours après la bagarre !