Justice - Il pourrait faire l'objet prochainement d'une mutation :

Saint-Denis - Les jours du procureur Muller à la tête du Parquet sont comptés


Publié / Actualisé
Quasiment dès son arrivée au tribunal de grande instance de Saint-Denis, en juin 2013, le procureur de la République Philippe Muller a cristallisé les critiques, au point de se mettre rapidement à dos une grande partie des magistrats, lui reprochant entre autres choses sa "gestion autocratique" ou encore un "manque de respect" vis-à-vis de ses collaborateur. Une situation délétère qui n'a fait que se dégrader au fil des semaines, jusqu'à alerter le ministère de la Justice. Après des mois de tension, le point de non-retour semble aujourd'hui atteint. Philippe Muller pourrait ainsi faire l'objet tout prochainement d'une mutation "dans l'intérêt du service". Son départ ne serait plus qu'une question de quelques semaines. "Sa tête est sur le billot, la Chancellerie n'a plus qu'à abattre la hache" dit une source proche du Parquet
Quasiment dès son arrivée au tribunal de grande instance de Saint-Denis, en juin 2013, le procureur de la République Philippe Muller a cristallisé les critiques, au point de se mettre rapidement à dos une grande partie des magistrats, lui reprochant entre autres choses sa "gestion autocratique" ou encore un "manque de respect" vis-à-vis de ses collaborateur. Une situation délétère qui n'a fait que se dégrader au fil des semaines, jusqu'à alerter le ministère de la Justice. Après des mois de tension, le point de non-retour semble aujourd'hui atteint. Philippe Muller pourrait ainsi faire l'objet tout prochainement d'une mutation "dans l'intérêt du service". Son départ ne serait plus qu'une question de quelques semaines. "Sa tête est sur le billot, la Chancellerie n'a plus qu'à abattre la hache" dit une source proche du Parquet

Ce n’est plus un secret depuis plusieurs mois. Le procureur de la République de Saint-Denis, Philippe Muller, n’est plus en odeur de sainteté au sein de son propre parquet – si tant est qu’il l’eut jamais été – ni auprès du procureur général de La Réunion, Claude Laplaud. Parmi les magistrats dionysiens, ils sont ainsi nombreux à souhaiter son départ, eux qui ont dénoncé à plusieurs reprises un "climat délétère", des "souffrances au travail", conséquences d’une "gestion autocratique".

Ils devraient être bientôt exaucés. Plusieurs solutions existent en effet pour mettre un terme à ces tensions régnant au parquet de Saint-Denis : une démission de Philippe Muller, une procédure disciplinaire à son encontre ou enfin une mutation dans l’intérêt du service. C’est vers cette dernière possibilité que l’on semble se diriger ; le départ du procureur de Saint-Denis ne serait plus qu’une question de quelques semaines.

S’il venait à se confirmer après moins d’un an d’exercice, ce départ "forcé" serait l’aboutissement d’un séjour réunionnais qui aura été mouvementé de bout en bout pour Philippe Muller. À l’image de son installation officielle, le 24 juin 2013, dans une ambiance – déjà – des plus glaciales, entre les avertissements de la procureure adjointe Emmanuelle Barre et les premiers reproches sur la façon de faire du nouveau procureur, jugé très "directif".

Le procureur "rebelle" à La Réunion

Il faut dire que ce dernier avait débarqué sur l’île accompagné d’une petite réputation. À l’époque, Philippe Muller, c’était notamment le procureur "rebelle". Celui qui avait ordonné en juillet 2011 le report de l’incarcération de certains condamnés en raison de la surpopulation carcérale dans sa juridiction dunkerquoise. Dans le Nord, l’homme se serait également créé de nombreuses inimitiés déjà parmi ses magistrats. Des bruits qui sont arrivés jusqu’au palais de justice de Saint-Denis. Sans compter que certains le disent également proche de la ministre de la Justice Christiane Taubira, ce qui n’est pas partout un avantage.

L’ancien procureur de Dunkerque était ainsi attendu avec une certaine appréhension à laquelle il n’était peut-être pas préparé. Comme il n’était sans doute pas conscient d’arriver dans une juridiction dionysienne au fonctionnement particulier. Où le parquet a pris l’habitude de travailler pendant six mois sans procureur depuis le départ de Richard Bometon en décembre 2012. Et où certains parquetiers sont parfois installés depuis de longues années.

Dans ce contexte, l’arrivée d’un procureur comme Philippe Muller a pu apparaître aux yeux de certains comme le déboulé d’un chien dans un jeu de quilles. Car l’homme a son idée du fonctionnement de la justice, un attachement aux règles qui peut apparaître comme de la rigidité. Des magistrats, des avocats, ont évoqué des "portes qui claquent", un "manque de respect vis-à-vis des collaborateurs", une gestion "autocratique". D’après plusieurs témoignages, il arrive souvent aux murs de trembler au palais de justice de Saint-Denis.

Une levée de boucliers en quelques semaines

Le nouveau procureur a donc eu tôt fait de s’attirer les foudres de nombreux magistrats, dont certains de ses proches collaborateurs. Et ce n’est pas au sein des milieux policiers qu’il a pu trouver un peu de réconfort, Philippe Muller se forgeant également peu à peu une image de "coupeur de têtes" au sein de la police. L’homme ne transige pas dans le respect des procédures. Il n’accepte pas non plus la proximité des certains avocats avec certains juges. Et il le fait savoir.

Toutes ces tensions, ce malaise ambiant, conduit à une rapide levée de boucliers contre la personne de Philippe Muller, qui a réussi en quelques semaines à cristalliser toutes les tensions. Au point de réveiller les syndicats de la magistrature (SM, USM et FO-Justice) en sommeil depuis quelque temps. Ils se font le relais des plaintes pour "harcèlement" et "souffrance au travail".

Dès le mois de juillet, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) est saisi, celui-ci déclenchant une procédure d’alerte auprès du ministère de la Justice, qui ne donnera pas suite. Le CHSCT lance ensuite une nouvelle procédure auprès de l’inspection du travail, qui elle non plus n’aboutira pas.

Des magistrats mis à l'écart

Mais la situation réunionnaise est tout de même jugée suffisamment préoccupante pour que le directeur des services judiciaires Jean-François Beynel – ancien juge d’instruction à La Réunion dans les années 1990 – diligente une mission menée par la sous-directrice de la magistrature, Valérie Delnaud, et la sous-directrice des greffes, Véronique Andriollo.

Mission qui durera une semaine en décembre 2013, concluant que Philippe Muller a indéniablement "raté son arrivée", mais que tout le monde n’était pas forcément mécontent que quelqu’un vienne mettre un coup de pied dans la fourmilière. Les deux missionnaires notent également une "situation de tensions pré-existantes", certains magistrats étant notamment mis à l’écart par leurs collègues bien avant l'arrivée de Phlippe Muller.

Mais dès lors, le constat est établi : la situation est bloquée, voire sans issue hors le départ de Philippe Muller...

Du côté des proches du procureur - car des magistrats, des fonctionnaires du palais de justice, des gendarmes sont satisfaits de sa manière de gérer le Parquet -, on estime que l’on veut sa peau, parce qu’il a voulu faire bouger les choses, remis de l’ordre, mais aussi car il ne fait pas partie de certains cercles, de certaines fraternités. Bref, il ne cadre pas dans le décor et on veut l’en éjecter. Une source proche du Parquet parle de "harcèlement" à son encontre, notamment de la part du Parquet général.

Privé de secrétariat

L’audience solennelle de rentrée, le 17 février dernier, sera à cet égard on ne peut plus explicite. Devant tous ses collègues du tribunal, Philippe Muller n’hésite pas à mettre en cause sa hiérarchie, à se plaindre des plus de 130 rapports qu’on lui demande en quelques mois sur des dossiers sensibles, une tâche "ingérable" selon lui.

Sans doute la goutte d’eau ayant fait déborder le vase, le torchon brûlant désormais de tous les côtés. Philippe Muller n’a même plus de secrétariat permanent. Le point de non-retour semble atteint. Mais le procureur n’est pas homme à démissionner, et une procédure disciplinaire serait sans doute source de longues complications. Aussi, une mutation "dans l’intérêt du service" serait-elle davantage envisagée. Et pourrait intervenir assez rapidement. C'es ce qui fait dire à une source proche du Parquet "la tête de Philippe Muller est déjà sur le billot a Chancellerie n'a plus qu'à abattre la hache".

www.ipreunion.com

   

8 Commentaire(s)

JPB, Posté
Cela rappelle un gouverneur de l'île de 1818 à 1821 M. MILIUS Pierre Bernard. Quand on veut faire bouger les choses et que ça déplait où l'on repars de son propre chef ou on est muté.
Orangine, Posté
Le combat de Mr Muller honore toute la société, peu de gens de sa stature osent encore se battre pour des idées. Faisons force autour de lui afin qu'il puisse œuvrer et que La réunion sorte du total fénoir.
Bon courage Monsieur Muller.
Fontaine.denise@hotmail.fr , Posté
Un peu d'ordre dans la justice ne ferait pas de mal ici à la Réunion. On veut que le Procureur Muller reste dans notre île.
Mimi, Posté
La justice à la Réunion il n'y en pas. On vit dans une république bananière, tout le monde sait ce que cela veut dire ! Pour une fois que quelqu'un essaye de mettre un peu d'ordre dans ce panier de crabes ...
Un citoyen indigné, Posté
Enfin,un homme qui essaye de faire son travail, et que l'on veut écarter parce qu’il a vu ce qui se passe à la Réunion, et qui est contraire à son éthique Bien sur , il vaut mieux faire partie de certains cercles et de faire des affaires en famille , c'est tellement plus pratique !
Ce sont des hommes comme lui qu'il faut garder, et non pas des pantins !
Le peuple en action, Posté
On veux que se procureur Reste il fait un excellent travail , la porte est grand ouverte pour tout les anciens Magistrat que les Réunionnais ne veule plus ! il est pas question de revenir en arrière
les citoyens son pri pour des coulions des dossiers plus de 9000 mille sur les étager Pourquoi ?
LILIBERIEN, Posté
C"est lamentable !
DANORD, Posté
Il se passe toujours quelque chose au palais de justice ... Sous les cocotiers