Le magistrat de Mayotte est mis en examen pour viol (actualisé à 22h45) :

Le juge Karki placé en détention provisoire


Publié / Actualisé
Hakim Karki a été mis en examen pour viol et placé en détention provisoire à la prison de Domenjod ce lundi 7 juillet 2014 vers 22 heures 30. Arrivé le jour même à La Réunion à l'issue d'une garde-à-vue de 48 heures dans l'île aux parfums, le juge d'instruction du tribunal de grande instance de Mayotte est poursuivi à la suite d'une plainte déposée par une jeune mahoraise.
Hakim Karki a été mis en examen pour viol et placé en détention provisoire à la prison de Domenjod ce lundi 7 juillet 2014 vers 22 heures 30. Arrivé le jour même à La Réunion à l'issue d'une garde-à-vue de 48 heures dans l'île aux parfums, le juge d'instruction du tribunal de grande instance de Mayotte est poursuivi à la suite d'une plainte déposée par une jeune mahoraise.

En raison de sa fonction de magistrat, trois juges d'instruction - dont le doyen Jean-Pierre Niel - ont été désignés pour instruire l'affaire. Ces derniers avaient demandé la remise en liberté de Hakim Karki et son placement sous contrôle judiciaire. Pour sa part, le parquet avait requis la mise en détention provisoire. La juge des libertés et de la détention a suivi les réquisitions et mis le magistrat sous écrous.

Cette décision a surpris Nicolas Normand, avocat du prévenu : "Je suis très étonné par la mise en détention de M. Karki alors que les trois juges d'instruction avaient demandé sa mise sous contrôle judiciaire." "Mettre un juge en prison ce n'est pas anodin", a relevé le défenseur du magistat mahorais.

Vers un dépaysement du dossier

Après la mise en détention du juge, Emmnuelle Barre, procureur adjointe, a rendu public un communiqué dans lequel elle indique qu'à "l’issue de l’audition de la victime et d’un examen médical qui a relevé des traces de violences récentes, plusieurs témoins ont été entendus."

Les faits présumés remontent à la nuit de mardi à mercredi. Après un diner dans un restaurant de Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte, Hakim Karki est rentré chez lui en compagnie de la plaignante, qui affirme que le magistrat l'a ensuite violée. Dans son communiqué la procureur adjointe souligne que "M. Karki, sur lequel ont été constatées de multiples traces de violences et notamment des griffures, reconnait l’existence de relations sexuelles empreintes de violences, selon lui, demandées par la plaignante". Cette version des faits "est formellement contestée par la victime" souligne Emmanuelle Barre.

La procureur adjointe a aussi annoncé que "compte tenu des fonctions exercées par M. Karki dans le ressort de la Cour d’appel de Saint-Denis, le procureur général a, dans  l’intérêt d’une bonne administration de la justice et par souci d’impartialité, sollicité dès ce jour le dessaisissement du tribunal de grande instance de Saint-Denis au profit d’une autre juridiction". Cette demande de "dépaysement" devrait être rapidement acceptée et c'est donc en métropole que sera instruite la suite de l'affaire.

Mayotte est toujorus sous le choc

Dès le dépôt de plainte de la jeune femme, le procureur de Mayotte, Joël Garrigue, s'était lui-même dessaisi de l'enquête, le mis en cause étant magistrat dans la même juridiction que lui. Les investigations ont donc été confiées au parquet de Saint-Denis. Trois policiers de la sureté urbaine de La Réunion ont ensuite spécialement fait le voyage à Mayotte pour interroger le juge. Ils ont également entendu la plaignante qui a quitté Mayotte dimanche soir sans être confronté à son agresseur présumé.

Cette affaire a laissé Mayotte sous le choc. Souvent surnommé "le chevalier blanc" de la justice, Hakim Karki instruisait plusieurs dossiers très sensibles. Ainsi il  était notamment chargé de l’instruction de l’affaire Roukia, du nom d'une jeune fille morte d'une ouverdose en 2011. Ce dossier à multiples rebondissements met en cause des membres des forces de l'ordre appartenant au groupe d’intervention régional (GIR) dans une affaire de trafic de drogue entre Mayotte et les Comores. Plusieurs tentatives pour tenter de dessaisir Hakim Karki de ces dossiers n'ont pas abouti.

À noter que le 16 juin dernier, le magistrat avait été convoqué par le premier président de la cour d'appel de Saint-Denis afin de s'expliquer  suite à une plainte d'un avocat l'accusant de "propos déplacés lors d'une audition." Du coup à Mayotte certains observateurs n'hésitent pas à parler d'un complot visant à écarter définitivement un personnage jugé génant. Pour sa part, dans son communiqué, le parquet de Saint-Denis "rappelle qu’à ce stade de la procédure, M. Hakim Karki bénéficie, comme toute personne mise en examen, de la présomption d’innocence".

Ouissem Gombra pour www.ipreunion.com

   

13 Commentaire(s)

Olivier Monfort, Posté
Pour répondre à " Fanou974" qui se dit "ancien enquêteur" Je reste surpris de son mordant lorsqu'il écrit " on se croit vite tout permis" ce qui indique que ce fanou974 est d'une partialité digne d'un " ancien enquêteur" Alors je lui rappelle que "tout inculpé est présumé innocent tant qu'il n'a pas été reconnu coupable par une juridiction compétente" d'une part et pour parodier sa petite phrase " il faut toujours peser le pour et le contre ( chose qu'il ne fait pas) d’ou son symbole la balance... Alors oui certes la balance, mais le personnage ( la déesse lustitia )qui tient la balance représentant la justice a aussi les yeux bandés , signe d'impartialité, ce pas ce qui semble ne pas être le cas de la justice française qui n'a guère changé de mentalité depuis Voltaire " selon que vous soyez misérable ou puissant la justice vous rendra blanc ou noir ".
Babouk974, Posté
Gloseur vous dites des âneries. Ça ça passe? Merci.
Ce serait bien que les journalistes fassent leur travail. Du reste on devra tous passez à la caisse pour les saloperies faites et bravo pour cette détention! Continuez bien comme ça!
Babouk974, Posté
Vous me donnez la nausée gloseur. Bonne continuation!
Gloseur sensE, Posté
Y aurait-il un nouveau procès "capitaine Dreyfus" version "juge Karki, Mayotte 2014" ?
Et aussi un nouveau "J’accuse" à la Emile Zola ?
La vérité et la justice contre l’honneur de Sa sainte-mère l’armée et ses filles.
Babouk974, Posté
Cette affaire prend tout son sens avec l éviction du procureur de Saint Denis (supprimé pour prise à partie - webmaster ipreunion.com), comme par hasard lui aussi sous le coup d une instruction pour une infraction inexistante. Le ménage n a pas été fait (supprimé pour prise à partie - webmaster ipreunion.com). Qui poursuit et dans quel but?
Gloseur sensE, Posté
Une dramatique certitude : la jeune fille ROUKIA est morte, elle, sans son libre consentement ! Quant au juge instructeur HAKIM KARKI, depuis janvier 2011, il instruisait courageusement cette affaire d’homicide (volontaire ?) ainsi que l’affaire du trafic de drogues par le GIR de Mayotte.
Là est probablement le lien entre les affaires, on ne peut donc exclure aucune hypothèse. Concernant le libre consentement, les militaires qui ne sont donc plus des civils, sont très mal placés pour parler du libre consentement dans l’armée ou dans ses filiales.
Dans cette présente affaire, la plaignante métropolitaine aurait-elle donc une notion erronée du libre consentement ?
Compte tenu que, par exemple, dans l’affaire Véronique Courjault appelée "affaire des bébés congelés », une femme atteinte d’un déni de grossesse a assassiné ses enfants. Elle a été condamnée aux Assises à huit ans de prison.
Enfin, porter de graves accusations mensongères à l'encontre du juge HAKIM KARKI, s'apparenterait à un grave outrage à magistrat et à de la calomnie.
DIFFICILE JUSTICE, Posté
Complot ou pas ???...
La justice des hommes parviendra-t-elle à démêler le vrai du faux ???...
Beaucoup d'intérêts semblent en jeu.
Les citoyens ont besoin de connaitre la "vrai" vérité.
Sinon la justice sera toujours faillible à nos yeux....
Gloseur sensE, Posté
Violences sexuelles dans l'armée : "La guerre invisible", un livre témoignages de Leïla Miñano et Julia Pascual, aux éditions Les Arènes et Causette.
Les auteures de La guerre invisible, Leïla Miñano et Julia Pascual, donnent une voix à toutes ces femmes militaires victimes de violences sexuelles, qui n’ont pas pu faire l’entendre.
Des témoignages pour que cesse le silence insupportable de « la grande muette républicaine ». Même pratiques non-civiles ou incivilisées dans l'UE et dans l'OTAN :
- Allemagne : une femme sur deux se déclare victime de harcèlement sexuel (2011) ;
- Australie : 2 400 plaintes enregistrées fin 2013 ;
- USA : en 2012, le documentaire "The Invisible War" accélère la prise de conscience alors qu’une femme sur trois déclarait avoir été victime d’une forme de violence sexuelle (2010).
Source : http://www.madmoizelle.com/guerre-invisible-viol-armee-235539
Dodo, Posté
Partie en métropole le dimanche 6 juillet 2014, une confrontation n'a pas pu être organisée entre les deux parties.du n importe quoi un dysfonctionnement judiciaire (supprimé pour prise à partie - ipreunion.com)
COCO, Posté
A la Réunion on veux pas de chevalier blanc on n "a assisté pendant 1 ans a ça Mutation forcé piégé
qui se cache derrière la justice simple faite vos recherche soyer intelligents bord...
Gloseur sensE, Posté
Tout d'abord, il n'y a rien de nouveau concernant l'affaire de la jeune mahoraise ROUKIA retrouvée morte par overdose de drogue dure, en janvier 2011 à la plage de TREVANI à KOUNGOU, MAYOTTE, et dont le juge d'instruction HAKIM KARKI est chargé d'instruire, avec énormément de difficultés et d'obstructions ?

Puis, l'affaire ROUKIA et celle du GIR de MAYOTTE seront-elles vite classées sans suite pénale ?
Enfin, les affaires ROUKIA et GIR de MAYOTTE n'ont pas encore été dépaysées, mais désormais c'est carrément leur juge d'instruction qui se retrouve en incapacité de les instruire !
Dede, Posté
ça sent le complot après Muller
Fanou974, Posté
à vouloir être le chevalier blanc prêt à se faire des crânes on se croit vite tout permis et soit même au dessus des lois. C'est bien la preuve que la justice doit toujours peser le pour et le contre pour être juste d'où son symbole de balance, c'est l'expérience d'un ancien enquêteur qui parle