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SOS Solitude : toujours plus d'appels et de détresse mais toujours autant d'écoute


Publié / Actualisé
Frappés par la solitude, littéralement frappés, à deux doigts de commettre l'irréparable, atteint de troubles psychiatriques ou sous le coup d'une peine de coeur qui semble insurmontable, les profils de ceux qui appellent sont variés. À chacun son histoire, à chacun sa douleur mais une envie commune : être écouté. Car dans leur quotidien, leur voix ne compte pas, parce qu'ils n'osent pas, parce qu'ils ne peuvent pas; s'exprimer devient un besoin viscéral. De la conversation triviale à l'appel à l'aide, au bout du fil, les bénévoles de l'association SOS Solitude prêtent l'oreille à leurs maux. À La Réunion, ils reçoivent chaque mois 1.200 appels en moyenne.
Frappés par la solitude, littéralement frappés, à deux doigts de commettre l'irréparable, atteint de troubles psychiatriques ou sous le coup d'une peine de coeur qui semble insurmontable, les profils de ceux qui appellent sont variés. À chacun son histoire, à chacun sa douleur mais une envie commune : être écouté. Car dans leur quotidien, leur voix ne compte pas, parce qu'ils n'osent pas, parce qu'ils ne peuvent pas; s'exprimer devient un besoin viscéral. De la conversation triviale à l'appel à l'aide, au bout du fil, les bénévoles de l'association SOS Solitude prêtent l'oreille à leurs maux. À La Réunion, ils reçoivent chaque mois 1.200 appels en moyenne.

L’écoute téléphonique est assurée 24h/24, 7 jours sur 7 car l’angoisse, le mal-être et les crises ne préviennent pas. 45 bénévoles actifs se relayent pour écouter ces âmes esseulées, fatiguées, cabossées. Pas de jugement, pas de morale, juste une oreille attentive et bienveillante. Ces bénévoles reçoivent les appels à leur domicile, leur anonymat est préservé, celui de l'appelant aussi. Les écoutants bénéficient d’une formation spécifique pour gérer les crises suicidaires, la communication et leurs émotions. Les bénévoles viennent de tous les horizons, du retraité de l’Éducation nationale au jeune dans le paramédical en passant par la mère au foyer, tous souhaitent s’engager.

Une denrée rare

Les bénévoles, c’est justement là où le bât blesse " à l’heure actuelle, nous ne pouvons pas combler tous les créneaux horaires, nous n’avons pas assez de bénévoles. D’ailleurs, nous lançons régulièrement des appels pour recruter de nouveaux écoutants, nous demandons " juste " 4h par mois " explique Catherine Saminadin, la présidente de l’association. Certains écoutant sont dans l’association depuis une dizaine d’années, d’autres depuis quelques mois. Tous ont à cœur d’aider les autres avec cette bienveillance qui caractérise l’association.

D’utilité publique

SOS Solitude a son importance. Les chiffres parlent d’eux mêmes. Regardez :

À La Réunion, le suicide est la première cause de mortalité chez les 15-29 ans contrairement à la métropole où c'est la deuxième cause de mortalité sur la même tranche d'âges. Dans le département, sur la période 2012-2014, l’observatoire régional de santé (ORS) avait recensé, en moyenne, 86 suicides par an soit un suicide tous les quatre jours. Trois hospitalisations pour des tentatives sont enregistrées chaque jour. C’est toujours trop. Beaucoup trop. D’ailleurs SOS Solitude est née de ce constat accablant en 1985. Créée par des médecins pour faire face à une épidémie de suicides dans le Sud de l’île cette année là. 

Aujourd’hui, la structure est gérée par des personnes de la société civile. Mais l’association est partenaire avec des professionnels, l’EPSMR, la clinique des Flamboyants, le CHU, les services de secours… SOS Solitude est subventionnée par l’Agence régionale de santé. Devenue une institution dans l’île, l’organisme mène des campagnes de prévention et de sensibilisation sur le suicide, anime des ateliers avec des adolescents.

Les jeunes, difficiles à atteindre

Les adolescents et les jeunes adultes, la catégorie la plus touchée par le suicide et paradoxalement la plus difficile à atteindre pour l’association " nous avons mis en place une écoute sur les réseaux sociaux mais rien n’y fait, très peu de jeunes nous contacte. Nos appelants ont entre 25 et 85 ans " constate Catherine Saminadin.

Un rendez-vous important

Le mal-être des jeunes, ce sera justement l’un des thèmes abordés par le professeur Laurence Pourchez, anthropologue et professeure à l'Université de la Sorbonne à Paris. Elle interviendra sur le sujet lors du colloque organisé par l’association SOS Solitude à l’université du Tampon le 22 février prochain pour la journée nationale de prévention du suicide. 

Plus d'informations sur l'événement ici

www.ipreunion.com

   

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