Actions militantes féministes dans les rues de La Réunion :

Pour (re)donner de la visibilité et de la voix aux femmes


Publié / Actualisé
La mobilisation féministe continue et se multiplie à La Réunion ces dernières semaines. Le week-end du 18 septembre, c'était au tour de l'association Osez le féminisme d'investir les rues de Saint-Pierre. Armées de collages au nom de nombreuses femmes de l'Histoire française, elles ont renommé certaines rues de Saint-Pierre. Une action qui fait écho à d'autres collages qui apparaissent depuis quelques temps dans les rues réunionnaises. Objectif : donner de la visibilité et (re)donner de la voix aux femmes (Photo rb/www.ipreunion.com)
La mobilisation féministe continue et se multiplie à La Réunion ces dernières semaines. Le week-end du 18 septembre, c'était au tour de l'association Osez le féminisme d'investir les rues de Saint-Pierre. Armées de collages au nom de nombreuses femmes de l'Histoire française, elles ont renommé certaines rues de Saint-Pierre. Une action qui fait écho à d'autres collages qui apparaissent depuis quelques temps dans les rues réunionnaises. Objectif : donner de la visibilité et (re)donner de la voix aux femmes (Photo rb/www.ipreunion.com)

De Juliette Dodu à Jeanne Barret, les femmes sont à l'honneur. Pourquoi cette action ? C'est assez simple : en France, seulement 2% des rues portent des noms de femme. Une invisibilisation aux yeux des féministes, qui critiquent régulièrement l'effacement des femmes dans l'Histoire.

"L'action a été organisée en vitesse, la veille à vrai dire, mais on s'est dit qu'il fallait bien faire quelque chose" explique Anne-Lise, créatrice de la branche réunionnaise d'Osez le féminisme. Originaire de métropole, c'est à la suite de la nomination de Gérald Darmanin et d'Eric Dupond-Moretti au gouvernement qu'elle s'est décidée à se lancer. Lors d'une marche citoyenne organisée par la Ligue des droits de l'Homme de La Réunion le 14 juillet dernier, l'association était au rendez-vous avec des affiches contre les deux nouveaux membres du gouvernement.

"Ça m'a révulsée, comment on peut justifier ces nominations ? Je faisais déjà partie de l'association en métropole, alors j'ai décidé avec des amies de la lancer ici aussi" détaille-t-elle. Pour l'heure, il n'y a que quatre membres officiels, mais leur action a fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux.

"On ne s'attendait pas à cet écho, ça fait plaisir. Aujourd'hui, on encourage les femmes à nous rejoindre, et surtout à nous proposer des noms de grandes femmes réunionnaises à mettre à l'honneur" abonde Anne-Lise.

Si l'association Osez le féminisme ne fait pas forcément l'unanimité au sein du milieu militant féminisme, Anne-Lise assure défendre toutes les femmes. "Nous sommes intersectionnelles, même si nos points de vue divergent avec certains collectifs" admet-elle.

- "Déferlante féministe" -

Car il faut le savoir, ce n'est pas un, mais des féminismes qui existent. Et les points de vue ont tendance à diverger, que ce soit sur la question de la prostitution, de la transidentité ou de la religion.

L'action menée par Osez le féminisme n'est en tout cas pas isolée. Depuis juillet, le collectif Collage féministe s'est aussi imposé dans les rues, notamment sur les murs de Saint-Denis. Souvent, des collages apparaissent de ci et là, souvent très rapidement décollés par la commune.

"Nou croi a zot", "céder n'est pas consentir", "déferlante féministe", chiffres en lien avec les violences sexistes…Les slogans sont nombreux. Un drapeau LGBTQ+ réunionnais s'est même installé en face de la préfecture, ou bien de la mairie de Saint-Leu. Une façon de lier le combat féministe et LGBTQ+ et de "se donner de la force".

Une nouvelle façon de militer aussi, et de s'approprier l'espace public.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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