Les parents parlent de discrimination :

Saint-Joseph : pas de voyage au Groenland pour des enfants porteurs de handicaps


Publié / Actualisé
Un voyage au Groenland organisé par des jeunes de classes spécialisées au collège Joseph Hubert de Saint-Joseph, prévu depuis un an et financé par le programme Erasmus+ a été annulé. En cause, un statut flou pour certains de ces élèves porteurs de handicaps qui ne seraient pas inscrits administrativement au sein de l'établissement. Les parents, en colère, parlent de discrimination et réclament des explications (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Un voyage au Groenland organisé par des jeunes de classes spécialisées au collège Joseph Hubert de Saint-Joseph, prévu depuis un an et financé par le programme Erasmus+ a été annulé. En cause, un statut flou pour certains de ces élèves porteurs de handicaps qui ne seraient pas inscrits administrativement au sein de l'établissement. Les parents, en colère, parlent de discrimination et réclament des explications (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Les enfants de classe Ulis (unité pour l’inclusion scolaire) du collège Jospeh Hubert et les élèves de l’UEE (unité d'enseignement externalisée) qui dépend du PMS (Pôle médico-social Association Père Favron) Raphaël Babet de Saint-Joseph étaient les plus heureux du monde il y a encore quelques jours.

Il y a plus d’un an ces jeunes, âgés de 11 à 15 ans et porteurs d'handicaps, ont lancé avec l’aide d’une coordinatrice, le projet Tropikartik. L’aboutissement de l'action était un échange avec les Inuits du Groenland.

Selon les parents de ces enfants regroupés en association, ce projet devait "leur permettre de vivre une expérience hors du commun en allant partager l’art et la culture arctique avec leurs correspondants au Groenland et également en préparant l’accueil de leurs amis Inuits à La Réunion autour du thème commun aux deux cultures : les baleines".

L’agence européenne Erasmus+ soutenait le projet et le finançait pour tous les participants, les fonds avaient déjà été versés. Le projet était porté par plusieurs acteurs dont des enseignants, l’artiste Gorg-One et le documentariste Hédi Abidi, qui souhaitait faire un film de cette aventure. Le Conseil départemental de La Réunion soutenait également l’initiative.

Le départ était prévu à la fin du mois de février, en fonction de l’évolution sanitaire.

- Annulé purement et simpement -

Malgré cette organisation millimétrée, le voyage a été annulé. Ce n’est pas la Covid-19 qui en est la cause mais un problème administratif. En effet, selon Nadia Francomme, maman de l’un des participants et membre de l’association des parents d’élèves, "l’agent comptable de l’établissement scolaire refuse de verser les fonds d’Erasmus+ aux organisateurs car certains élèves participants ne seraient pas inscrits administrativement".

La mère de famille explique : "les enfants de la classe Ulis sont bien inscrits dans le collège mais pas ceux de l’UEE". Ces derniers "dépendent de l’institut médico-social même s’ils suivent les cours dans l’établissement et sont, comme les élèves Ulis, mélangés aux autres élèves du collège" précise-t-elle.

Le statut flou de ces adolescents serait ainsi la raison de l’annulation totale de ce voyage qui a demandé un financement de 83.000 euros.

L’association des parents d’élèves refuse d’abandonner le projet et demande des explications aux responsables d’établissement ainsi que l’aide du rectorat.

Les membres se sont ainsi rendus au collège ce jeudi 29 octobre 2020 afin d'obtenir gain de cause mais leur requête n’aurait pas été entendue : "ils ont refusé de nous recevoir et nous ont laissé dehors sous la pluie" raconte Nadia Francomme.

Une lettre a été envoyée par les parents au rectorat qui a déclaré "être informé de la situation et être actuellement en train d’examiner les points de blocage, en collaboration avec l’agence Erasmus+". L’académie de La Réunion souligne : "tout ce qui sera nécessaire sera fait courant novembre, avec une décision finale prise à la fin de ce mois". Elle précise cependant que "l’agence Erasmus+ étant basée à Bordeaux, ces dates pourraient être amenées à changer notamment avec l’entrée en vigueur du confinement sur le territoire métropolitain".

Les parents et les élèves attendent beaucoup de la réponse du rectorat : "annuler ce projet serait une vraie déception pour ces jeunes, ce serait comme briser leur rêve" déplore Nadia Francomme.

vc/www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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