Mayotte :

Affaire Roukia - Le procès s'ouvre sans le principal accusé


Publié / Actualisé
Prévu pour durer une semaine, le procès de la mort de cette lycéenne décédée en 2011 d'une overdose d'héroïne ayant transité entre les mains de gendarmes et policiers du GIR (groupe d'intervention régional) s'est ouvert ce lundi 23 novembre 2015 à Mamoudzou. En l'absence du principal accusé, Mathias Belmer qui lui a fait consommer cette poudre. Un mandat d'amener a été lancé à l'audience (Salle d'audience du tribunal de Mamoudzou. la famille de Roukia et son avocat, le Bâtonnier Kamardine - Photo France Mayotte Matin)
Prévu pour durer une semaine, le procès de la mort de cette lycéenne décédée en 2011 d'une overdose d'héroïne ayant transité entre les mains de gendarmes et policiers du GIR (groupe d'intervention régional) s'est ouvert ce lundi 23 novembre 2015 à Mamoudzou. En l'absence du principal accusé, Mathias Belmer qui lui a fait consommer cette poudre. Un mandat d'amener a été lancé à l'audience (Salle d'audience du tribunal de Mamoudzou. la famille de Roukia et son avocat, le Bâtonnier Kamardine - Photo France Mayotte Matin)

Nouveau rebondissement dans l’affaire Roukia qui n’en a pas manqué au fil d’une instruction chaotique ayant duré près de cinq ans. Ce lundi 23 novembre 2015  s’est ouvert au tribunal correctionnel de Mamaoudzou (Mayotte) le procès devant juger du décès de Roukia Soundi retrouvée morte le 15 janvier 2011 sur le bord d’une route. Une mort dû vraisemblablement à une overdose d’héroine, drogue qui aurait transité par des gendarmes et policiers du groupe d’intervention régional (GIR).

Le principal prévenu, Mathias Belmer, poursuivi pour homicide involontaire et trafic de stupéfiants en récidivde ne s’est pas présenté au procès et un mandat d’amener a été lancé contre lui. Il est celui qui a fait consommer cette drogue à Roukia dans la nuit du 12 au 13 janvier 2011, pensant qu’il s’agissait de la cocaïne a-t-il toujours affirmé. Le couple avait sniffé deux rails avant de se coucher. A son réveil la jeune lycéenne de 19 ans était morte. Mathias Belmer s’était procuré cette poudre auprès d’un indicateur du GIR qui se l’était lui-même faite remettre par un gendarme.

Mathias Belmer, renvoyé devant le tribunal correctionnel de même que six autres prévenus dont un gendarme, un policier du GIR, sa patronne de l’époque qui l’avait aidé à tenter de faire disparaître le cadavre de la jeune fille de 18 ans et deux indicateurs du GIR, a donc fait faux bond à la justice. Le président du tribunal correctionnel de Mamoudzou n’a pu que constater son absence et a prononcé un mandat d’amener à son encontre afin qu’il comparaisse à cette audience prévue pour durer toute la semaine.

Saïd  Mohamed M’Zé, lui aussi prévenu dans ce dossier était également absent ce lundi à l’ouverture de l’audience. L’avocat de cet indicateur du GIR, Maître Saïd Larifou, a expliqué que son client était à La Réunion, sans revenu, sans domicile fixe, et a réclamé une aide pour qu’il puisse comparaitre, ce qu’il souhaite. Seule solution pour le président du tribunal, Laurent Sabatier : le mandat d’amener lancé par le procureur. On apprenait dans la journée que celui-ci était exécuté et que Said Mohamed M’Zé était dans les locaux de la gendarmerie réunionnaise avant son transfert à Mayotte. 

Pourtant dans ce procès peu ordinaire le procureur avait pris soin de contacter très en amont les divers acteurs  afin de convenir d’une date d’audience leur convenant. Un procès peu ordinaire qui aura même vu a-t-on appris de la bouche du procureur de la République, Joël Garrigue, des échanges téléphoniques le matin même entre lui et Mathias Belmer : "le bâtonnier de l’ordre des avocats de Mayotte et moi-même lui avons dit ce qu’il devait faire, il est seul responsable de cette situation". L’avocat commis d’office pour représenter Mathias Belmer, ayant eu connaissance du dossier moins de trois heures avant l’ouverture des débats a bien tenté de demander un renvoi "pour que les droits de la défense soient respectés". En vain.

Après ce nouveau rebondissement deux des sept prévenus ont pu être entendus. Frédérique Blondel, la patronne de Mathias Belmer a l’époque qui a raconté comment celui-ci lui avait demandé de l’aider à transporter le cadavre de la jeune fille afin de le faire disparaître. Un acte qu’elle regrettait à la barre, demandant pardon à la famille de Roukia venue en nombre, expliquant qu’elle "avait été faible". Vincent Hoarau, un ami de Mathias Belmer, poursuivi lui pour trafic de stupéfiant a décrit cette fameuse poudre fournie par Mathias Belmer. Il l’avait goûtée le 12 janvier et avait dit à celui qui était l’un de ses fournisseurs de cannabis combien "c’était de la merd ". Pour lui il y avait de la cocaïne mais également autre chose.

Le procès reprend ce mardi et se poursuivra toute cette semaine.

www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

, Posté
et aussi : à qui profite la "mort " de quaranta ex président de la sim , il y a quelques années de cela , ainsi que d'autre fait grave
occulté par les vip et notables et politiques véreux avec l'aide du législatif de l'ile au ! parfum ! .
donc à revoir tout les faits-divers dans les archives de mayotte et zone .
Gloseur sensE, Posté
Ne trouvez-vous pas bizarre qu'un employé s'adresse à son employeur, se faisant donc complice d'un homicide, pour se débarrasser d'une jeune victime de 18 ans ?
Quelle est la personnalité de cette curieuse patronne et complice ?
Quels sont précisément les liens, autres que professionnels, entre ces deux prévenus ?
Enfin, ce prévenu MB, absent à l'ouverture du procès de la jeune ROUKIA, attendait-il un mandat d'amener, pour faire payer par l'Etat, ses frais de transport et de séjour à Mayotte ?
En tout cas, cela ressemble fortement de sa part, à une tentative de reporter le procès pénal ?!