Mayotte - Affaire roukia :

De la prison ferme demandée pour Mathias Belmer et les indics, du sursis pour les policiers et gendarmes


Publié / Actualisé
Prévu initialement pour se dérouler sur toute la semaine, le procès Roukia s'est finalement achevé ce jeudi soir 26 novembre 2015. Une audience fleuve pour un procès hors norme, historique pour le tribunal correctionnel de Mayotte. Une instance qui rendra son délibéré le 20 janvier 2016, délai lui aussi particulier du fait de la dimension symbolique d'un jugement très attendu mais aussi du nombre de prévenus et de la complexité des implications des uns et des autres. Pour déterminer celles-ci, le procureur de la République s'est attaché ce jeudi dans son réquisitoire à suivre le cheminement de la drogue fatale à Roukia (Mathias Belmer contre qui 8 ans de prison ont été requis par le procureur - Photo France Mayotte Matin)
Prévu initialement pour se dérouler sur toute la semaine, le procès Roukia s'est finalement achevé ce jeudi soir 26 novembre 2015. Une audience fleuve pour un procès hors norme, historique pour le tribunal correctionnel de Mayotte. Une instance qui rendra son délibéré le 20 janvier 2016, délai lui aussi particulier du fait de la dimension symbolique d'un jugement très attendu mais aussi du nombre de prévenus et de la complexité des implications des uns et des autres. Pour déterminer celles-ci, le procureur de la République s'est attaché ce jeudi dans son réquisitoire à suivre le cheminement de la drogue fatale à Roukia (Mathias Belmer contre qui 8 ans de prison ont été requis par le procureur - Photo France Mayotte Matin)

Non sans avoir auparavant tenu à livrer un message destiné à déminer sans doute tout procès d’intention : " Depuis le mois de décembre 2013 où j’ai pris mes fonctions aucun gendarme ou préfet ne m’a demandé ce qu’allait devenir ce dossier. Le seul qui a pu le faire pour savoir comment cela avançait mais ne m’a jamais donné aucune instruction est le procureur général près de la cour d’appel de Saint-Denis de La Réunion ". Une précaution liminaire qu’il a complété : " ce procès a été révélateur de dysfonctionnements graves d’un service (NDLR le groupe d’intervention régional) et la façon qu’il avait de gérer ses indicateurs. Il y a en fait trois dossiers en cours, celui jugé aujourd’hui, un autre en cours chez un juge d’instruction à Mayotte sur les opérations de plage de cette structure et un troisième à la saisine plus large auprès d’un juge d’instruction à La Réunion ".

S’attachant à " suivre la poudre à la trace " pour déterminer les responsabilités des uns et des autres prévenus pour homicide involontaire, détention, acquisition, cession de produits stupéfiants, recel ou dissimulation de cadavre comme de preuves, le procureur a réclamé la plus lourde peine pour Mathias Belmer : huit ans ferme avec mandat de dépôt. Il a demandé également des peine pour partie ferme envers les deux indicateurs du GIR, Daniel Mohamed et Ahamada M’Zé : respectivement 2 ans dont un assorti du sursis et 3 ans d’emprisonnement dont 2 avec sursis.

En revanche le ministère public a estimé que des peines avec sursis simple suffiraient pour Daniel Papa, le gendarme du GIR (groupement d'intervention régional) qui avait eu l’enveloppe de poudre entre les mains (neuf mois) et Jérémie Bouclet, le policier qui lui avait demandé de transmettre celle-ci à l’indic qui lui avait donnée (deux ans). Il a réclamé également 4 mois avec sursis pour la patronne de Mathias Belmer qui l’avait aidé pour dissimuler le cadavre de la lycéenne morte d’une overdose d’héroïne comme l’ont confirmé les expertises et six mois avec sursis pour celui qui avait goûté ce que lui et Mathias Belmer pensaient être de la cocaïne.

Des peines disproportionnées pour les avocats de la défense, nombre des six avocats regrettant que " seuls les lampistes trinquent ". D’abord pour Me Larifou qui a tonné à l’encontre du capitaine Gauhier, patron du GIR à l’époque : " vous ne pouvez pas utiliser pendant cinq ans une personne, l’exposer au danger et vous en débarrasser comme ça. Il était un esclave. On a ciblé une population fragile, pour les enfoncer encore plus dans la précarité. Roukia est morte du dysfonctionnement d’un service de l’Etat".

Même tonalité pour Me Kamardine pour la partie civile : " On était dans le chiffre à tout prix mais aujourd’hui la vérité est en marche ". " Les deux lampistes sont là mais il manque les chefs ", la défense n’a cessé de tirer à boulets rouge au fil des plaidoiries. Portant la voix des fonctionnaires, Me Jean-Jacques Morel a pour sa part rappelé " une instruction calamiteuse menée par un juge aveuglé par ses règlements de compte avec les enquêteurs ".

Enfin, c’est sans doute Me Charles Simon, l’avocat désigné d’office pour défendre Mathias Belmer qui a le mieux résumé l’enjeu de ce procès et la responsabilité des magistrats qu’il a exhorté à être des " juges de paix " : " mon client reconnaît tout depuis le début. Il a partagé la drogue avec celle qu’il aimait (…) Mais on demande des peines supérieures aux indics du GIR par rapport à ceux qui étaient leurs chefs. Quel est le message ? Que plus on est puissant moins la justice s’abat sur vous ? "

Réponse le 20 janvier 2016

www.ipreunion.com

 

   

5 Commentaire(s)

Tut tut, Posté
Confondre de la coke et de l'héroine. Bande d'amateurs.
Gloseur sensE, Posté
Lorsqu'un réseau illégal d'importation de produits illicites, en l'occurrence, de produits stupéfiants est mis en place, ce réseau est susceptible d'importer et de diffuser à Mayotte tout produit, toutes sortes de drogues dures, y compris donc de l'héroïne ou encore des drogues alchimiques (hallucinogènes, ecstasy, etc).
D'ailleurs, à ce jour, une question importante demeure : Y a t-il encore de la drogue dure en circulation à Mayotte ?
C'est-à-dire, de la cocaïne, de héroïne ou d'autres drogues dures, ce qui signifierait d'autres victimes potentielles.
Ce qui est manifeste et ce dont la presse en parle, c'est qu'aujourd'hui à Mayotte, il y a des consommateurs victimes de drogues alchimiques.
Et donc des fournisseurs illégaux de drogues alchimiques. Ceci est très inquiétant !
Les responsables qui ont monté le réseau de drogues dures, sont depuis longtemps retournés en métropole, laissant derrière eux à Mayotte, un réseau illégal d'importation et de distribution de produits dangereux.
On ne peut donc pas compter sur eux pour démanteler le trafic de produits stupéfiants qui est toujours en service.
C'est pourquoi, il est urgent de prendre à Mayotte des mesures efficaces de lutte contre les drogues, dont les drogues alchimiques.
Mohamed metro maho, Posté
Heureusement vous avez bien suivi les debats !!! Morte par overdose d héro sans la moindre trace de coke !!! Produit remis en circulation : coke !!!! Y a pas un hic ???? Le belmer il ne se serait pas ravitaillé ailleurs ????
, Posté
cela se passe à mayotte , mais en france il y a quelques années de cela , lors d'affaire pire : le gendarme jambert mort de façon suspect et la mise à l'écart du gendarme roussel car ayant découvert la vérité impliquant des vip et politique sur les affaires de viols et pédophilie , à gerber.
sans compter en belgique ou des membres de la monarchie belge avec connivence de vip , impliqué sur l'affaire dutroux et donc affaire classé .
et ailleurs dans le monde comment c'est comment ?!.
Gloseur sensE, Posté
Lors du procès Roukia au tribunal correctionnel de Mamoudzou, le procureur de la République requiert une peine carcérale de 8 ans fermes pour le prévenu Mathias B.
C'est, en effet, une peine pénale adaptée à ses actes abominables.
Pour le reste, avec regrets, nous ne suivons pas le procureur.
Des exécutants devraient avoir une peine d'exécutants, et des donneurs d'ordres, avoir une peine plus lourde, correspondant à leur fonction de donneurs d'ordres, a fortiori, lorsqu'ils sont des patrons.