Le Tampon - garde-à-vue :

Soupçons de pratiques sectaires au sein de l'association "Marie porte du ciel"


Publié / Actualisé
Le responsable de l'association "Marie porte du ciel", un groupe de prière, a été placé en garde-à-vue ainsi que quatre autres membres de sa famille, ce lundi 7 décembre 2015, au 14ème km du Tampon. Cette enquête fait suite à des "signalements évoquant des pratiques sectaires", comme l'a précisé le procureur de la République.
Le responsable de l'association "Marie porte du ciel", un groupe de prière, a été placé en garde-à-vue ainsi que quatre autres membres de sa famille, ce lundi 7 décembre 2015, au 14ème km du Tampon. Cette enquête fait suite à des "signalements évoquant des pratiques sectaires", comme l'a précisé le procureur de la République.

Dirigé par un homme d'une soixantaine d'années, et comptant près de 800 fidèles, le groupe de prière était sous surveillance depuis quelques mois. Les interpellations ont eu lieu dans le calme. Elles ont été effectuées par les membres du groupement d'intervention régionale (GIR, regroupant des policiers, des gendarmes, des agents des douanes et du fisc). Les 5 personnes ont été conduites au commissariat Malartic à Saint-Denis et placées en garde-à-vue.

L'homme ainsi que sa compagne et leurs trois enfants majeurs ont été placés en garde-à-vue pour les chefs d'"abus frauduleux de l'ignorance ou de la faiblesse de personnes en état de sujétion psychologique ou physique résultant de pression ou technique de pression de nature à altérer le jugement, et de blanchiement de ce délit", a annoncé le procureur de la République lundi 7 décembre.

Des perquisitions ont également été réalisées aux domiciles et dans les véhicules des intéressés. Le procureur indique que l'enquête fait suite à des "signalements évoquant des pratiques sectaires". L'association, d'apparence catholique, avait un objet culturel mais n'a pas été agréée par l'achevêché de La Réunion "qui avait déjà mis en garde ses fidèles contre de telles pratiques".

Le gourou, fonctionnaire à la retraite était "très autoritaire et directif à l'égard des fidèles", explique le communiqué du procureur.

Plusieurs témoignages ont été recueillis dans le cadre de l'enquête et mettent en lumière l'existence d'un "processus d'emprise mentale". Ainsi, le responsable de l'association s'efforçait-il de "faire naître la peur de maladies ou de catastrophes à venir", persuadant les fidèles que l'unique façon de se protéger était de prier assiduement et de respecter les règles et consignes qu'il imposait. "Des règles très strictes restreignant considérablement la liberté d'aller et venir, de penser, de choisir", précise le procureur de la République.

L'homme parvenait ainsi à "obtenir des fidèles le versement de sommes d'argent sous forme de dons, d'achat d'objets religieux à des prix exorbitants ou de participation à des pélerinages très onéreux." Les témoignages indiquent que certains fidèles se seraient endettés pour répondre aux exigences du gourou. "Parallèlement, les investigations bancaires et patrimoniales des personnes gardées-à-vue ont révélé des mouvements et un train de vie (véhicules de luxe, voyages) très au-dessus de leurs revenus officiels", poursuit le communiqué indiquant que l'enquête est toujours en cours.

www.ipreunion.com
 

   

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