Un rapport sur la délinquance en 2017 :

La Réunion - Les violences et agressions sexuelles ont doublé en deux ans


Publié / Actualisé
Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure vient de publier un rapport sur la délinquance en Outre-mer en 2017. Un bilan basé sur les chiffres de la gendarmerie et la police. Il s'agit d'un comparatif entre la France métropolitaine et les territoires ultramarins. À La Réunion, toutes les formes de violences non crapuleuses (coups et blessures, violences sexuelles) sont plus présentes qu'en métropole et sont en augmentation depuis deux ans. Nous publions ci-après la synthèse de cette publication. (Photo d'illustration)
Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure vient de publier un rapport sur la délinquance en Outre-mer en 2017. Un bilan basé sur les chiffres de la gendarmerie et la police. Il s'agit d'un comparatif entre la France métropolitaine et les territoires ultramarins. À La Réunion, toutes les formes de violences non crapuleuses (coups et blessures, violences sexuelles) sont plus présentes qu'en métropole et sont en augmentation depuis deux ans. Nous publions ci-après la synthèse de cette publication. (Photo d'illustration)

 

Cette publication se base sur les enregistrements de crimes et de délits par les forces de l’ordre à La Réunion,  à Mayotte, en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane,  en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie Française. Les formes de délinquance varient en fonction des territoires.

Les violences intrafamiliales

Le chiffre des violences intrafamiliales (avec un auteur de la même famille que la victime) s’élève à 1,5 victime pour 1.000 habitants en métropole contre 2,4 dans l’île soit +14% en deux ans et 3,9 en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie Française.

 

 

Plus de victimes de violences physiques et sexuelles dans les territoires ultramarins

Le chiffre de victimes de crimes ou de coups et blessures contre des personnes de 15 ans et plus s’avère plus élevé en Outre-mer. Il est de 3,5 pour 1.000 habitants en métropole et de 5 à La Réunion, à la Martinique, en Guadeloupe, à Mayotte et en Polynésie. Il est même supérieur à 8 en Nouvelle-Calédonie et en Guyane. Des chiffres similaires à ceux de 2015 et 2016.

En métropole, on observe 0,6 victime de violences sexuelles (viols, tentatives de viols, harcèlements et attouchements sexuels) pour 1.000 habitants. Ce taux s’élève à 0,9 à La Réunion. 0,9 comme la moyenne de tout l’Outre-mer. La Guyane affiche un taux beaucoup plus élevé avec 1,3.

Hors de la sphère familiale, quand l’auteur n’est pas de la même famille que la victime, il y a 2,8 victimes dans l’île contre 2 en métropole et 3,5 pour la moyenne Outre-mer. Avec un taux de 5,1 en Guyane et de 4,3 à Mayotte.

 

 

Dans les territoires où la violence est élevée, le nombre d’homicides est fort

Si on synthétise les indicateurs sur les vols violents, les coups et blessures volontaires et les violences sexuelles, cinq territoires se distinguent : les trois départements français d’Amérique, Mayotte et la Nouvelle-Calédonie.

Dans ces cinq territoires, le nombre d’homicides est également beaucoup plus élevé qu’en métropole : en moyenne sur 3 ans (2015-2017), on déplore en métropole 0,13 victime pour 1.000 habitants.

Ce taux est de 0,2 à Mayotte, 0,5 en Martinique, 0,6 en Nouvelle Calédonie, 1,0 à la Guadeloupe et 1,5 en Guyane. La Réunion et la Polynésie, en revanche, ne se distinguent pas des territoires métropolitains.

Les cambriolages de logements en baisse à Mayotte, en hausse à la Guyane

Entre 2015 et 2017, le nombre de cambriolages de logements ont diminué de 32 % à Mayotte, de 14 % en Polynésie et de 9 % en Nouvelle-Calédonie. Il a augmenté en Guyane de 8 % En 2017, les trois territoires ultramarins qui restent les plus concernés par cette forme de délinquance sont la Guyane, Mayotte et la Nouvelle-Calédonie, avec 15 vols pour 1 000 logements, là où la moyenne métropolitaine s’établit à 7 vols.

Les habitants de la Guadeloupe restent également très exposés, avec 11 vols pour 1 000 logements. En revanche, la Martinique, la Réunion et la Polynésie ne se distinguent pas de la métropole dans ce domaine.

Les vols violents plus présents dans les Antilles et à Mayotte qu’en métropole

À Mayotte et dans les trois départements français d’Amérique, le nombre de vols violents pour 1 000 habitants est nettement supérieur à ce qu’on observe en métropole. Avec 7,7 vols pour 1.000 habitants en 2017, la Guyane est le département le plus concerné, suivi de Mayotte (3,3), de la Guadeloupe (3,3) et de la Martinique (2,1). À La Réunion, le nombre de victimes est égal à la moyenne métropolitaine (1,4).

En Polynésie et en Nouvelle-Calédonie, en revanche, il est très inférieur à cette moyenne. Dans certains de ces vols, l’auteur est armé, dans d’autres -plus nombreux- il use de violence ou de menace sans être armé. Quel que soit le mode opératoire, la hiérarchie entre les territoires est la même. Ces spécificités ne sont pas propres à l’année 2017 : elles ont cependant tendance à se réduire car ce type de délinquance diminue depuis deux ans, notamment à la Guadeloupe (-27 % entre 2015 et 2017) et à la Guyane (-16 %). À Mayotte, la baisse est plus modeste (-12 %).

Des formes de délinquance différentes selon les territoires

Si, dans l’ensemble, les infractions violentes sont plus nombreuses dans les outre-mer qu’en métropole, et les vols non violents plutôt moins nombreux –et en diminution–, chacun des sept territoires a ses propres spécificités. Ainsi la Nouvelle-Calédonie, souffre de nombreuses violences pour des motifs autre que le vol, à la fois coups et blessures et violences sexuelles, que ce soit dans la sphère intrafamiliale ou en dehors.

Les cambriolages y sont rares, mais les vols d’automobiles très fréquents. Quant aux vols personnels, qu’ils s’accompagnent ou non de violence, ils sont plutôt rares sur le territoire, mais leur nombre augmente de façon significative depuis deux ans. En Polynésie française, seules les violences intrafamiliales (y compris les violences sexuelles) sont spécifiquement élevées, ainsi que les vols sans violence contre les personnes.

En revanche, les vols violents et les cambriolages sont rares. À La Réunion, toutes les formes de violences non crapuleuses (coups et blessures, violences sexuelles) sont plus présentes qu’en métropole, et elles sont en augmentation depuis deux ans. En revanche, les vols ne sont pas particulièrement nombreux. À Mayotte, les vols violents sont très fréquents (même s’ils sont en baisse depuis deux ans), ainsi que les violences non crapuleuses hors de la sphère familiale (dont le nombre augmente).

En revanche, les violences intrafamiliales enregistrées ne sont pas spécifi- quement nombreuses. Malgré leur nette baisse depuis deux ans, les cambriolages restent très fréquents à Mayotte. Pour ce qui est des DOM américains, on observe dans pratiquement tous les domaines une situation très préoccupante en Guyane, des indicateurs élevés en Guadeloupe et une situation intermédiaire pour la Martinique, où on enregistre des intensités supérieures à la métropole, mais inférieures à celles de ses voisins.

Seuls les vols liés à l’automobile et les vols sans violence contre les particuliers sont moins nombreux dans les DOM américains qu’en métropole. Depuis deux ans, le nombre de vols enregistrés diminue à la Guadeloupe.

ts/www.ipreunion.com

   

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