Après le meurtre d'une femme par son compagnon :

Non, la passion n'excuse pas tout


Publié / Actualisé
Ce jeudi 5 avril 2018, une femme a été tuée chez elle par arme blanche. L'auteur présumé des faits lui a asséné plusieurs coups de couteau. Marié, il était le compagnon de la victime depuis 44 ans. Ils avaient sept enfants ensemble. "Drame conjugal", "crime passionnel"... les appellations et qualificatifs se multiplient. Sont-ils pour autant adéquats...
Ce jeudi 5 avril 2018, une femme a été tuée chez elle par arme blanche. L'auteur présumé des faits lui a asséné plusieurs coups de couteau. Marié, il était le compagnon de la victime depuis 44 ans. Ils avaient sept enfants ensemble. "Drame conjugal", "crime passionnel"... les appellations et qualificatifs se multiplient. Sont-ils pour autant adéquats...

Le drame s'est joué ce jeudi, non loin du lycée Vue Belle de la Saline. La victime, qui a près de 60 ans, est chez elle. Un homme - son compagnon, mais marié par ailleurs -, pénètre dans son domicile. Furieux que sa compagne ait décidé de mettre fin à leur relation, il lui assène plusieurs coups de couteau. Jusqu'à la mort. Il retourne ensuite chez lui et se suicide.

Une suite d'événements qui laisse deux familles dans la peine : celle de la victime et celle de l'auteur des faits qui avait aussi des enfants avec son épouse légitime.

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On parle alors de "drame conjugal", voire même de "crime passionnel". Cette dernière appellation a de quoi interpeller. Passionnel, ça signifie quoi déjà ? Selon le Larousse, l'adjectif renvoie à quelque chose qui est "inspiré par une passsion, par la passion amoureuse". Alors, ce serait aussi ça l'amour : aimer jusqu'à tuer. Aimer jusqu'à refuser qu'une personne refasse sa vie de son côté. Aimer jusqu'à vouloir posséder. L'incohérence n'est pas loin. Car la passion amoureuse ne peut pas justifier l'homicide.

Bien sûr, la logique et traditionnelle suite ne se fera pas attendre : marche blanche, rappel des solutions contre les violences faites aux femmes, florilège de communiquées indignées. Mais aucune action ne semble être suffisamment viable pour stopper le décompte morbide de ces femmes tuées par celui qui partage ou partageait leur vie. Personne ne possède la clé ou la formule miracle qui résoudrait cette problématique sociétale.

- Éviter qu'il ne soit trop tard -

En 2017, elles sont cinq Réunionnaises à avoir succombé à ce type de violences. Corine, Jessie, Arlette : des vies brutalement arrachées. L'une par des coups de couteau, l'autre en étant renversée par une fourgonette. Ou cette sexagénaire retrouvée dans une mare de sang. Cinq aussi en 2016. On se souvient notamment de cette femme, poignardée par son ex-conjoint sur le parking du Jumbo Score. Juste avant, il l'avait percutée avec sa voiture.

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Selon le dernier bilan de la délinquance établi par la préfecture, qui s'appuie sur les chiffres de 2017, certains types de violences sont une priorité fondamentale de l'action des forces de l'ordre. Les violences sexuelles ont augmenté de 8,21 % tandis que les violences intrafamiliales - notamment les violences conjugales - demeurent préoccupantes. L'objectif en 2018 : professionaliser l'accueil des victimes et renforcer les travailleurs sociaux pour améliorer la prise en charge de ces femmes victimes de violences. Afin d'éviter qu'il ne soit trop tard.

www.ipreunion.com

 

   

1 Commentaire(s)

T42, Posté
L'éducation commence dès la naissance et à la maternelle. Les pauvres types qui cognent pensent sans doute qu'ils sont "propriétaires".