[LIVE - PHOTOS/VIDEO] Il avait attaqué une jeune fille dans le commissariat Malartic :

Saint-Denis : l'apologie du terrorisme n'est pas retenue contre l'homme au couteau, il a été écroué


Publié / Actualisé
Les faits d'apologie du terrorisme n'ont pas été retenus contre l'homme de 20 ans qui a agressé ce samedi 2 novembre 2019 une jeune fille au couteau dans le hall du commissariat Malartic (Saint-Denis) en criant "Allah Akbar". L'annonce a été faite ce lundi par le procureur de Saint-Denis, Eric Tuffery. L'homme a finalement été mis en examen pour violence avec arme avec préméditation dans un lieu public. Une information judiciaire a été ouverte, le suspect reste en détention (Photo rb/www.ipreunion.com)
Les faits d'apologie du terrorisme n'ont pas été retenus contre l'homme de 20 ans qui a agressé ce samedi 2 novembre 2019 une jeune fille au couteau dans le hall du commissariat Malartic (Saint-Denis) en criant "Allah Akbar". L'annonce a été faite ce lundi par le procureur de Saint-Denis, Eric Tuffery. L'homme a finalement été mis en examen pour violence avec arme avec préméditation dans un lieu public. Une information judiciaire a été ouverte, le suspect reste en détention (Photo rb/www.ipreunion.com)

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Le procureur a rapidement indiqué qu'ils n'avaient pas "trouvé d'élements à son domicile laissant penser qu'il aurait pu se radicaliser". Si cette piste est pour l'instant écartée, les appareils éléctroniques de l'acccusé n'ont cependant pas encore été analysés. "S'il apparait après exploitation du matériel informatique que cet individu a pu être en lien avec des individus qui auraient pu l'inciter à passer à l'acte, il sera toujours temps de re-saisir le parquet national anti-terroriste" a-t-il précisé.

Les motivations de l'homme reste pour l'instant inconnues, alors que ce dernier a livré plusieurs versions différentes à la police. S'il a d'abord indiqué vouloir "faire honte à son père", il s'est ensuite rétracté, selon le procureur, en disant "entendre des voix qui lui disaient que des membres de sa famille allaient mourir" et qu'il avait été "victime d'un sort". Des propos "relativement incohérents" a relevé le procureur

Les membres de sa famille ont par ailleurs rapporté lors de leur audition avec les enquêteurs que l'état mental du jeune homme se serait dégradé les dernières semaines. Le procureur a lui souligné qu'aucun trouble psychologique n'avait pour l'instant été décélé, bien que l'expertise psychologique n'ait pas encore été réalisée. "Le juge d'instruction va évidemment demander une expertise psychologique de ce monsieur pour essayer d'en comprendre un peu plus sur son passage à l'acte" a affirmé Eric Tuffery.

Le juge d'instruction va maintenant essayer de déterminer les motivations de son geste. Le suspect encourt jusqu'à dix ans de prison. La victime, elle, a été particulièrement choquée par l'attaque. Il lui a été prescrit 10 jours d'Incapacité totale de travailler (ITT). Une aide psychologique lui sera apportée.

"Je ne suis pas étonné que le juge d'instruction n'a pas retenu l'apologie du terrorisme, c'est une montagne qui accouche d'une souris" a de son côté indiqué l'avocat du suspect, Maître Fabian Gorce. ", tout le monde s'est affolé dès le départ" a-t-il continué. Le mis en cause reste pour l'instant en détention.

Son avocat a par ailleurs indiqué que son client expliquait son geste pour "déshonorer son père", et que l'argument du sort était avancé par la famille du suspect et non par lui. Regardez :

Pour rappel

Au cours de ses premières auditions, l'homme a évoqué "une altercation avec son père". Il aurait voulu "lui faire honte car il savait que cette agression et le fait de crier "Allah Akbar"  seraient "médiatisés" déclare le procureur. "L'enquête permettra de mieux définir ses motivations" a-t-il souligné.

Lire aussi : Attaque au couteau à Malartic : l'individu voulait "faire honte à son père"

Dans la nuit de samedi à dimanche, une perquisition a été menée au domicile de l'agresseur situé à Saint-Denis. Selon une source proche du dossier, à ce stade aucun élément probant accréditant une éventuelle radicalisation n'aurait été découvert. La même source déclare que l'homme était connu de la justice pour des faits de violences mais qu'il ne faisait l'objet d'aucun signalement pour radicalisation.

Le père et plusieurs membres de la famille de l'agresseur vont être entendus par les enquêteurs

Originaire de Mayotte, l'agresseur qui vivait à La Réunion depuis plusieurs années, est entré samedi après-midi à l'intérieur du commissariat Malartic. Il s'est immédiatement jeté sur une jeune fille de 16 ans qui se trouvait dans le hall et qui, selon le parquet n'a aucun lien avec son agresseur. Il lui a placé un couteau sous la gorge et les policiers l'ont alors mis en joue, le sommant à plusieurs reprises de lâcher son arme.

L'individu a fini par obtempérer et a été maîtrisé par les agents. Selon le procureur, il a crié "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand", en arabe) lorsqu'il a été plaqué au sol.
L'adolescente agressée par l'homme n'a pas été blessée, mais elle a été fortement choquée.

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Cette attaque intervient quelques jours après la visite du président Emmanuel Macron à La Réunion et à Mayotte, marquée par des heurts dans un quartier de Saint-Denis et dans la ville du Port entre quelques dizaines de manifestants et des forces de l'ordre.
Elle s'inscrit dans un contexte de menace terroriste constante en France depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015, dont une dizaine ont visé des forces de l'ordre.

C'est en revanche la première fois qu'une agression de ce type se produit à l'intérieur d'un commissariat de La Réunion. Le parquet national antiterroriste (PNAT), basé à Paris et compétent pour toutes les infractions liées au terrorisme, ne s'est pour l'heure pas saisi de ce dossier.

En 2017, à Saint-Benoît, à l'est de l'île, un homme soupçonné de radicalisation islamiste avait tiré au fusil sur les policiers venus l'interpeller à son domicile. Deux fonctionnaires de police avaient été blessés.

Lire aussi : Saint-Benoît - Soupçonné de radicalisation, il tire et blesse deux policiers du GIPN

En 2015, une filière jihadiste, la première en outre-mer, avait par ailleurs été démantelée à La Réunion. Elle était dirigée par un prédicateur salafiste âgé de 21 ans, qui avait incité plusieurs jeunes de La Réunion à partir faire le jihad en Syrie.

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