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Football : les Réunionnais d'Auxerre unis par et pour leur île


Publié / Actualisé
L'AJ Auxerre et La Réunion, c'est une histoire qui dure depuis plus de 20 ans désormais. Aujourd'hui ils sont trois dans l'effectif professionnel : Samuel Souprayen, Sonny Laiton et Kenji-Van Boto. Trois joueurs aux rôles, aux âges et aux caractères différents, unis par leur île natale. Ils s'attachent à continuer la tradition des joueurs péi en Bourgogne et espèrent faire des émules. À une semaine de la reprise du championnat de Ligue 2, les trois affichent leurs ambitions, reviennent sur leurs parcours et nous parlent de leur relation. (Photos AJ Auxerre)
L'AJ Auxerre et La Réunion, c'est une histoire qui dure depuis plus de 20 ans désormais. Aujourd'hui ils sont trois dans l'effectif professionnel : Samuel Souprayen, Sonny Laiton et Kenji-Van Boto. Trois joueurs aux rôles, aux âges et aux caractères différents, unis par leur île natale. Ils s'attachent à continuer la tradition des joueurs péi en Bourgogne et espèrent faire des émules. À une semaine de la reprise du championnat de Ligue 2, les trois affichent leurs ambitions, reviennent sur leurs parcours et nous parlent de leur relation. (Photos AJ Auxerre)

Avant eux, il y avait les précurseurs Eric Assati et Jean-Sébastien Jaurès. Des Réunionnais qui ont fait les belles heures de l’AJ Auxerre et montré la voie du succès à d’innombrables footballeurs de l'île. Aujourd’hui ce sont Samuel Souprayen, Sonny Laiton et Kenji-Van Boto qui poursuivent la grande histoire d’amour entre le club de l’Yonne et La Réunion.

Après les départ du gardien Zacharie Boucher et du grand espoir Harrison Marcelin cette intersaison, il ne sont plus que trois dans l’effectif professionnel, mais avec des liens toujours aussi forts grâce à leur île d’origine. 

• Samuel Souprayen, le grand frère

À 31 ans, il est le doyen des Réunionnais de l’AJA. Professionnel depuis 2008, passé par toutes les équipe de France de jeunes, son parcours n’est plus à présenter et sa place dans le vestiaire plus à faire. Arrivé au club en 2018, Samuel Souprayen s’est vu confier le brassard de capitaine dès sa deuxième saison. Preuve s’il en est du respect qu’il inspire chez ses coéquipiers.

Contrairement à ses jeunes compatriotes, lui est arrivé sur le tard à Auxerre. “Je venais de prolonger à Vérone (Italie), il me restait trois ans de contrat. Mais quand on m’a présenté le projet d’Auxerre, ça m’a intéressé”, se remémore-t-il. “Malgré que le club soit en Ligue 2, c’est un grand nom du football français, qui a une histoire.”

Leader de l’équipe, il assume volontiers le même rôle avec Sonny Laiton et Kenji-Van Boto. “Avec l'expérience que j’ai et les clubs où je suis passé, j’ai pu côtoyer un autre football, plusieurs coaches et plusieurs joueurs. Ce sont des jeunes joueurs prometteurs, ils ont du talent et encore une marge de progression. Je pense qu’ils vont faire des belles et longues carrières. Si j’ai deux-trois conseils à leur donner, je n’hésite pas. Autrement, on parle de La Réunion, de leurs parcours, de la nourriture, de la musique (rires).”

Des discussions et conseils qu’il prodigue avec abondance à Kenji-Van Boto puisque les deux évoluent en défense. “La première année on a joué ensemble. J’ai commencé latéral gauche, après on m’a recentré dans l’axe et lui a joué à gauche. On a fait toute la saison ensemble. On s’entend très bien que ce soit sur le terrain ou en dehors, il y a une vraie affinité. Il fait pas de bruit, il s’entraîne, il est sérieux.”

Maintenus in extremis en Ligue 2 lors de la première année de Samuel Souprayen au club, les Auxerrois ont vu leurs efforts pour accrocher une place de barragiste coupés court la saison dernière. La faute à la crise la crise sanitaire. Le capitaine entend continuer de gravir les échelons et fixe un cap ambitieux pour cette nouvelle année : “On a tous la montée en Ligue 1 dans un coin de notre tête, j’espère que ça pourra se réaliser cette année.”

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• Sonny Laiton, la jeunesse fougueuse

Sonny Laiton, ce sont peut-être les autres qui en parlent le mieux. “Lui, c’est le foufou”, rigole Samuel Souprayen. “C’est la joie de vivre, toujours en train de déconner, de danser. Il aime bien se faire remarquer le petit”. C’est aussi le DJ officiel du vestiaire de l’AJA. “Je m’occupe de la musique parce que j’aime bien mettre du son. Il y a deux-trois petits blancs qui râlent des fois, mais on les calcule pas. On est des mecs des îles”, sourit-il avec une gouaille déconcertante pour son jeune âge. 

À peine âgé de 20 ans, il entame déjà sa quatrième saison avec l’équipe première, avec une assurance rare, même dans le milieu du football. Pour l’instant le Saint-Louisien ronge son frein dans la hiérarchie des gardiens, mais n’allez pas lui dire qu’il est un simple remplaçant. “Mon objectif c’est d’être numéro 1 et de garder ma place en Coupe de France. Je suis prêt. Le coach sait que je suis prêt. J’attends, je continue à bosser.”

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D’après les premières indications de l’entraîneur Jean-Marc Furlan, Donovan Léon devrait commencer la saison en tant que gardien titulaire. Mais le départ de Zacharie Boucher laisse entrevoir plus de possibilités de jouer pour Sonny Laiton, désormais rodé aux joutes à l'entraînement pour gagner sa place. “On s’entendait bien Zacharie. Il y avait ce challenge pour être numéro 1. C’était une concurrence, mais une concurrence saine”, se souvient-il. 

Plus jeune joueur de l’effectif, Sonny Laiton est arrivé au club en 2015, après avoir été repéré lors d’un match avec l’équipe de La Réunion. Ses parents et lui n’avaient pas longtemps hésité avant de sauter le pas. L’histoire de l’AJA avec La Réunion y était pour beaucoup. “C’était mon rêve de gosse de jouer dans un club professionnel en Métropole. L’AJ Auxerre c’était bien connu, il y avait des Réunionnais là-bas. À l’époque il y avait Thomas Fontaine, qui m’avait dit que ça allait bien se passer.”

Aujourd’hui, il remplit le même rôle avec les nouveaux Réunionnais qui débarquent en Bourgogne, comme Ryan Ponti, qui évolue pour le moment avec l’équipe réserve. “On était dans la même école primaire et le même club à La Réunion. Quand il est arrivé, il était à la maison. Je l’ai conseillé, je l’ai aidé, maintenant ça va mieux. Au niveau football, il commence à trouver sa place et peut monter à tout moment avec nous. Ça fait vraiment du bien de voir des gens de chez toi qui réussissent, parce que ce n’est pas facile de quitter sa famille.”

• Kenji-Van Boto, le plus Auxerrois des Réunionnais

Kenji-Van Boto n’est ni le plus jeune, ni le plus expérimenté des Réunionnais à l’AJA. Il n’est ni capitaine, ni ambianceur de vestiaire, mais il est le celui qui joue au club depuis le plus longtemps. Arrivé en 2011 au centre de formation, il assume discrètement son rôle de gardien du temple. “La plus grande partie de ma vie, je l’ai passée ici. Je ne vais pas dire que je suis un grand frère, c’est plutôt Samuel. Mais j’aime bien parler avec tout le monde.”

Le Dionysien le sait, cette dixième année sous les couleurs auxerroises est capitale pour s’assurer une place à la hauteur de son statut de vétéran, lui qui n’a joué que 7 matches la saison dernière. “J’étais déçu de ne pas jouer, c’est normal, mais je veux réussir à Auxerre”, dit-il. “Je suis passé par toutes les catégories, j’ai eu des soucis physiques et le club m’a toujours aidé. Je veux leur rendre ce qu’il m’ont donné.

Comme Sonny Laiton, son arrivée à Auxerre avait été facilitée par la présence de Réunionnais dans l’équipe. Aujourd’hui ce sont d’autres Réunionnais chers à son coeur, qui le soutiennent et sont une source de motivation supplémentaire : “Mes parents m’ont rejoint ici. J’ai envie aussi de réussir et de leur montrer qu’ils ne sont pas venus pour rien.”

Pour cela, quel meilleur modèle que Samuel Souprayen ? “Quand il est arrivé au club, c’était lui qui jouait arrière gauche. J’ai pris exemple sur lui et regardé ce qu’il fait. C’est quelqu’un qui est très concentré sur le terrain alors que moi, ça peut m’arriver de me déconcentrer. Il m’a souvent parlé de ça, de rester attentif parce qu’on est défenseur. Samuel est l’exemple et je veux faire un peu mieux que lui, en apportant ce que j’ai aussi.”

Les uns sous les ailes des autres, Boto, Souprayen et Laiton sont l’illustration parfaite de la solidarité péi qui règne à Auxerre. Une tradition qui dure depuis 1996 et qu’ils s’attachent de perpétuer. 

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