Benzema l'a contesté devant la Cour de cassation :

Sex-tape de Valbuena - Le policier et la "loyauté" de la preuve


Publié / Actualisé
La défense du footballeur Karim Benzema, attaquant star du Real Madrid, mis en examen dans l'affaire de tentative de chantage à la sex-tape contre le joueur Mathieu Valbuena, a contesté mardi devant la Cour de cassation la "loyauté" de l'enquête, dans laquelle est intervenu un policier sous pseudonyme.
La défense du footballeur Karim Benzema, attaquant star du Real Madrid, mis en examen dans l'affaire de tentative de chantage à la sex-tape contre le joueur Mathieu Valbuena, a contesté mardi devant la Cour de cassation la "loyauté" de l'enquête, dans laquelle est intervenu un policier sous pseudonyme.

L'affaire avait débuté en juin 2015, lorsque Valbuena avait reçu un appel d'un maître-chanteur menaçant de divulguer une vidéo intime, et qui lui proposait de trouver un arrangement, sans évoquer de montant à payer.
Un mois plus tôt, l'ex-international français Djibril Cissé avait fait part à Valbuena de "murmures", en évoquant l'existence de cette vidéo. Il a été mis en examen fin février.
L'enquête avait permis d'identifier les cerveaux présumés de l'entreprise de chantage, Mustapha Zouaoui et Axel Angot, qui gravitent depuis des années autour des footballeurs, ainsi que le corbeau présumé, Younès Houass.
Zouaoui et Angot s'étaient ensuite tournés vers Karim Zenati, un ami de Benzema, afin que l'attaquant du Real Madrid pousse Valbuena à payer.
Ils ont été mis en examen pour tentative de chantage ou complicité et participation à une association de malfaiteurs.
Sous les dorures de la Cour de cassation c'était mardi la première fois que l'affaire était évoquée lors d'une audience publique.
La principale question à trancher est celle de la "loyauté de la preuve". La cour d'appel de Versailles a validé l'enquête le 16 décembre dernier, mais Karim Benzema et son ami d'enfance Karim Zenati, mis en examen, ont formé un pourvoi en cassation.


- Rôle actif ou non -


Rapidement après les premiers appels qui ont commencé le 3 juin 2015, les maîtres chanteurs intiment à Valbuena de désigner une personne de confiance pour négocier. Avec l'accord de la justice, ce sera un commissaire de police, qui se présentera sous le nom de Lukas.
Pour l'avocat de MM. Benzema et Zenati, le policier a eu un "rôle très actif". "C'est lui le premier qui parle de contrepartie", a plaidé Me Patrice Spinosi, "c'est lui qui va relancer, pousser à la négociation".
Selon l'avocat, il y a eu "provocation", sans l'intervention du policier, l'infraction n'aurait pas été caractérisée.
"Absurde", a répliqué l'avocat de Mathieu Valbuena, Frédéric Thiriez, par ailleurs ancien président de la Ligue professionnelle de football (LFP). L'infraction était "déjà constituée" lorsqu'est intervenu le policier, le 20 juin 2015, pour demander des preuves de l'existence de la vidéo.
Avant cela, dès les premiers appels, le maître-chanteur avait dit à Valbuena: "désigne une personne de confiance pour venir discuter à Dubaï et régler le problème", a expliqué Me Thiriez. Puis quelques jours plus tard, nouvel appel, et menace de dévoiler la vidéo: "on lui demande à nouveau de désigner un mandataire", a insisté l'avocat.
Ainsi "le policier ne s'est pas infiltré, il s'est présenté comme un représentant de Valbuena pour négocier à la demande du maître-chanteur", a-t-il ajouté, estimant que "Lukas" n'a eu "aucun rôle actif", mais s'est "borné à suivre la discussion".
"Dans cette affaire, tel est pris qui croyait prendre", a-t-il conclu, saluant des policiers qui ont "fait du bon travail" et "méritent plus de félicitations que de remontrances".
"On a bien une tentative de chantage dès l'origine", a quant à lui fait valoir l'avocat général Patrick Bonnet, "le policier n'a eu qu'un rôle d'intermédiaire, sollicité par l'auteur initial de l'infraction".
Le fonctionnaire n'est "qu'une sorte de catalyseur pour transmettre les éléments de la négociation", a argumenté le magistrat.
Il n'y a "jamais eu d'intervention déloyale", a-t-il conclu, préconisant à la Cour de rejeter le pourvoi, et donc de valider la procédure.
La décision sera rendue le 11 juillet.

Par Jocelyne ZABLIT - © 2017 AFP

   

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