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Au moins 4 morts, une cinquantaine de blessés, maisons détruites, électricité coupée (actualisé) :

[VIDEO] Irma - Les îles Saint-Martin et Saint-Barthélemy dévastées comme par une "bombe atomique"


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Edouard Philippe a affirmé que "quatre personnes décédées" ont été retrouvées pour l'instant sur l'île de Saint-Martin et "aucune personne décédée n'a été constatée à ce stade" sur Saint-Barthélemy après le passage de l'ouragan Irma, jeudi lors d'un point presse au ministère de l'Intérieur. Le Premier ministre a également fait état d'une "cinquantaine de blessés, dont deux graves et un en urgence absolue". Dans un précédent bilan provisoire, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait annoncé "huit morts et 23 blessés" sur les îles françaises. Les témoignages recueillis sur place parlent d'îles "dévastées comme par une bombe atomique"
Edouard Philippe a affirmé que "quatre personnes décédées" ont été retrouvées pour l'instant sur l'île de Saint-Martin et "aucune personne décédée n'a été constatée à ce stade" sur Saint-Barthélemy après le passage de l'ouragan Irma, jeudi lors d'un point presse au ministère de l'Intérieur. Le Premier ministre a également fait état d'une "cinquantaine de blessés, dont deux graves et un en urgence absolue". Dans un précédent bilan provisoire, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait annoncé "huit morts et 23 blessés" sur les îles françaises. Les témoignages recueillis sur place parlent d'îles "dévastées comme par une bombe atomique"

"Nous sommes passés de la phase de sidération à la phase d'action", a déclaré jeudi le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. Les efforts, a-t-il détaillé, sont concentrés sur l'aide alimentaire avec l'acheminement de "barges d'eaux" ainsi que de "100.000 rations de combat", soit "quatre jours de vivres".
Un "hub logistique" a été installé en Guadeloupe, épargnée par l'ouragan d'une intensité sans précédent sur l'Atlantique et qui s'est muée en base arrière des secours.

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La situation est d'autant plus inquiétante qu'Irma pourrait bien être suivi par José: cette tempête tropicale actuellement au milieu de l'Atlantique a été reclassifiée en ouragan par le NHC, tout comme la tempête Katia. José devrait s'approcher de la catégorie 3 vendredi.

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De l'autre côté du Golfe du Mexique, à 300 km au nord-est de la ville mexicaine de Veracruz, se trouve le désormais ouragan Katia avec des vents de 120 km/h qui devraient eux aussi se renforcer dans les prochaines 48 heures.

"Katia pourrait toucher l'Etat de Veracruz vendredi soir", et impacter près d'un million de personnes, selon le gouvernement de cet Etat du Mexique.

 

 

Depuis Pointe-à-Pitre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a indiqué jeudi que près de 200 personnels de secours, militaires, pompiers, médecins, accompagnés de chiens pour retrouver d'éventuels victimes coincées dans les décombres, étaient arrivés en Guadeloupe.

Les renforts, réserves d'eau et matériels de secours sont acheminés par voie maritime, a-t-elle expliqué. Un pont aérien devait en outre être mis en place jeudi entre Saint-Martin et la Guadeloupe, notamment grâce à une partie de la piste de l'aéroport dans le nord de l'île.- Ce pont aérien "permettra d'envoyer ce dont on aura besoin et à la fois sans doute de ramener ici des blessés".

Les secouristes ont embarqué avec eux tronçonneuses, désalinisateurs, matériel médical, bâches et matériels de protection, a détaillé le chef du détachement cyclone du contingent des forces de sécurité civile, Vincent Boichard. Quelque 200 gendarmes locaux se trouvent par ailleurs à St-Martin et une vingtaine d'autres à St-Barth, a déclaré à l'AFP le général Lambert Lucas, commandant de la gendarmerie d'outre-mer.

- Routes inutilisables -

Les  secouristes vont être secondés dans les heures qui viennent par une centaine d'autres envoyés depuis la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. Parmi eux, des gendarmes mobiles, des techniciens spécialisés en recherche pour l'identification des corps, des plongeurs et logisticiens. Selon le général Lucas, leur tâche sera de "rassurer la population, sécuriser la zone en empêchant notamment les pillages et permettre que la distribution des vivres se fasse dans le calme".

Sur place, les moyens des secours ont été presque anéantis par le passage d'Irma. "Les collègues de St Martin et St Barth ont une caserne complètement inopérante, détruite et inondée, ils n'ont pas de véhicules en usage et les routes sont inutilisables", a expliqué Patrick Hertgen, vice-président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers sur France Info.

Les secours devront déblayer les routes encombrées par des troncs d'arbres et autres débris. "La première mission c'est d'accéder aux gens qui peuvent avoir besoin de nous (...), apporter les premiers soins, commencer à travailler sur les infrastructures, bâcher les toits, à pomper l'eau et à protéger les biens qui peuvent l'être", a indiqué M. Hertgen.

Un "premier fonds d'urgence de 100.000 euros"

Par ailleurs, depuis la Martinique, un dispositif militaire a été mis en place comprenant deux Falcons "de surveillance maritime", deux hélicoptères, un avion cargo (si la piste de Saint-Martin permet son atterrissage), ainsi qu'une frégate avec du fret, de l'eau et des vivres, qui doit arriver vendredi à Saint-Martin.
L'électricité est entièrement coupée sur les deux îles selon EDF, qui indique que du matériel, notamment des groupes électrogènes, est prêt à être acheminé "lorsque cela sera possible".

La Croix-Rouge française comme le secours populaire ont lancé un appel aux dons. Cette dernière association a indiqué avoir débloqué un "premier fonds d'urgence de 100.000 euros".

 

"Une bombe atomique"

Les premiers témoignages recueillis sur place sont poignants. En découvrant son île, d'ordinaire paradisiaque, de Saint-Barthélemy ravagée ce matin, Kevin, a eu une vision d'"horreur": "Les toits arrachés, les rues inondées, le réseau électrique... Tout et cassé. C'est terrible", a-t-il raconté sur BFMTV. "Hyper traumatisé", il a l'impression que "ce n'est plus le même endroit".

"C'était atroce. On marchait entre les tombes des cimetières détruits, les toits (des maisons) détruits, les gens étaient démunis. Au réveil il n'y avait plus rien. C'est comme si on avait enlevé l'âme de Saint-Barth" qui "ressemble à un morceau de caillou vide", a raconté un autre habitant à la radio Guadeloupe 1ère. "Les dégâts sont atroces" et "on sait pas quoi faire", dit-il. "On attend, on a plus d'eau, d'électricité. On n'a plus d'informations, on est coupés du monde".

A Saint-Martin aussi, les habitants ont découvert ce matin "un paysage apocalyptique", selon Maeva Myriam Ponet, journaliste à Guadeloupe 1ère, qui a cité pêle-mêle sur la radio France Info "des toitures arrachées, des amas de tôle partout dans les rues, des voitures renversées, des arbres déracinés".

"Les routes sont impraticables, des bateaux ont coulé. Le port de Marigot (chef lieu de Saint-Martin) ressemble à un cimetière de bateaux. Pas d'électricité, toujours pas d'internet, pas d'eau, le téléphone vient tout juste d'être rétabli".
"On a l'impression d'une ville qui (a) été bombardée", avec "une maison sur deux pulvérisée", abonde un autre habitant de Marigot, joint par LCI.

"Tout ce qui n'avait pas un minimum de solidité n'existe plus", confirme Steve Prudent, journaliste de la télévision Outre-mer 1ère, alors qu'une autre journaliste locale évoquait "un cauchemar".
En sortant ce matin, "on avait l'impression que tout avait été soufflé par une bombe atomique (?) Tout était soufflé, éventré, on n'en croyait pas nos yeux", a raconté une autre habitante de Saint-Martin, Dany Magen-Verge, sur la télévision franceinfo.

- "Je suis encore là" -

Les habitants sortaient à peine d'une nuit décrite par beaucoup comme cauchemardesque. "Ca va crescendo. Tout doucement ça attaque, les vents arrivent", a expliqué Kevin, depuis Saint-Barthélemy. "Et d'un coup ça commence vraiment à péter dans tous les sens et là, vous avez des bourrasques et vous entendez des bruits, des projectiles qui tapent de partout". Mais "impossible de sortir", tellement les vents étaient "puissants".

Dans l'hôtel où se trouvait Maeva Myriam Ponet à Saint-Martin, "on a dû se regrouper à plusieurs dans quelques chambres, parce que certaines avaient perdu leurs portes ou leurs murs, certaines baies avaient explosé".

L'immeuble de Dany Magen-Verge s'est lui mis à "trembler". "On avait l'impression qu'il allait imploser. Les feuilles de tôle se sont arrachées", une baie vitrée "a été complètement soufflée", le vent et l'eau se sont engouffrés dans la maison.
"C'était un fracas infernal, entre le bruit du dehors et les objets qui se cassaient à l'intérieur. On a passé la nuit dans une salle de bain, derrière une machine à laver" poussée contre la porte, a-t-elle expliqué.

Et lorsque l'oeil du cyclone est passé, que les vents se sont calmés à Saint-Barthélemy, Kevin est sorti après avoir entendu "des gens crier". "C'était vraiment la panique. Je voyais des scènes horribles, des gens vraiment en détresse".
A Saint-Martin, Dany Magen-Verge était juste "contente" que cela s'arrête. "J'avais une espèce de soulagement, je me suis dit : +je suis encore là+".

Mais d'autres mauvaises surprises attendaient les habitants de l'île. "Du côté des autorités, le constat est le même": les pompiers, la préfecture et l'hôpital sont "sinistrés", souligne Maeva Myriam Ponet

Pire, dans ce chaos, plusieurs habitants ont fait état de pillages dans les rues. "Des jeunes dévalisent les magasins sous le regard désabusé de la police. On dirait presque un pays en guerre", déplore Mme Ponet.
 

AFP

   

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