Le volcan risque de se réveiller pour la première fois depuis 1963 :

Plus de 144 000 personnes évacuées à Bali


Publié / Actualisé
La fumée blanche qui s'échappe d'un volcan à Bali s'est épaissie ces derniers jours, faisant craindre une possible éruption, a indiqué vendredi un volcanologue, alors que le nombre d'habitants évacués sur l'île la plus touristique d'Indonésie dépasse 144.000.
La fumée blanche qui s'échappe d'un volcan à Bali s'est épaissie ces derniers jours, faisant craindre une possible éruption, a indiqué vendredi un volcanologue, alors que le nombre d'habitants évacués sur l'île la plus touristique d'Indonésie dépasse 144.000.


Le mont Agung, à un peu plus de 3.000 mètres d'altitude et situé à environ 75 kilomètres des principales destinations touristiques de Kuta et Seminyak, gronde depuis le mois d'août et pourrait entrer en éruption pour la première fois depuis 1963.
L'activité sismique restait élevée vendredi, avec 165 secousses telluriques enregistrées entre minuit et midi, a indiqué l'Observatoire indonésien de volcanologie et des risques géologiques.
De nouveaux dégagements de fumée blanche au sommet du cratère ont été détectés par les systèmes de surveillance par satellite. Des nuages contenant des vapeurs d'acide sulfurique ont été observés à une altitude allant de 50 à 200 mètres du sommet, selon la même source.
"Pour le moment, la probabilité d'une éruption est plus élevée que l'inverse", a déclaré Kasbani, directeur de l'observatoire, qui n'a qu'un patronyme.
Les vapeurs d'acide sulfurique qui s'échappent du cratère depuis trois jours -- plus épaisses qu'au début du mois -- montrent que la situation évolue, a déclaré un autre volcanologue, Gede Suadikan.


"Ce matin (vendredi), la vapeur sortait du cratère comme de la fumée d'une cheminée d'usine", rendant la possibilité d'une éruption "plus réelle", a-t-il ajouté.
Cependant, "la situation peut changer à tout moment", selon l'observatoire.
Le nombre d'habitants évacués ces derniers jours continue d'augmenter. Il est passé de 122.490 jeudi à 144.389 vendredi, selon des responsables locaux. Les autorités recommandent de rester à plus de neuf kilomètres du cratère du volcan, loin des zones touristiques.
Environ 62.000 personnes vivaient dans la zone de danger avant les évacuations du district de Karangasem, le plus proche du volcan, selon l'agence nationale de gestion des catastrophes naturelles, mais des habitants établis à l'extérieur ont aussi quitté leur domicile par crainte d'une éruption.
Les déplacés sont accueillis dans près de 500 centres d'hébergement dans neuf districts et certains ont traversé le détroit de Lombok pour être accueillis sur l'île voisine du même nom.
L'aéroport international de Denpasar, la capitale de Bali, qui accueille chaque année des millions de touristes à la recherche de plages paradisiaques, n'est pas affecté pour le moment. Mais les autorités aéroportuaires surveillent de près la situation et anticipent l'éventualité d'une fermeture.


Les autorités indonésiennes prévoient de dérouter les avions à destination de Bali vers dix autres aéroports, notamment celui de Lombok mais aussi vers la capitale Jakarta, sur l'île de Java.
En novembre 2015, l'aéroport de Bali avait été fermé temporairement en raison de l'éruption d'un volcan à Lombok, le mont Rinjani, qui avait craché des nuages de cendres dangereux pour le trafic aérien.
La dernière éruption du mont Agung remonte à 1963. Le volcan avait craché des cendres jusqu'à Jakarta, à environ 1.000 km. Plusieurs éruptions avaient alors fait près de 1.600 morts au total.
L'Indonésie est un archipel d'Asie du Sud-Est situé sur la "ceinture de feu" du Pacifique, où la collision de plaques tectoniques provoque de fréquents séismes et une importante activité volcanique.

- © 2017 AFP

   

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