Il va prononcer un discours "fondateur" :

Macron réunit policiers et gendarmes pour leur fixer un cap


Publié / Actualisé
Emmanuel Macron prononce mercredi depuis l'Elysée un discours "fondateur" sur la politique de sécurité face aux représentants des forces de l'ordre, sur fond de menace terroriste persistante et de grogne policière.
Emmanuel Macron prononce mercredi depuis l'Elysée un discours "fondateur" sur la politique de sécurité face aux représentants des forces de l'ordre, sur fond de menace terroriste persistante et de grogne policière.

Le président s'exprimera à 17H00 (heure de La Réunion) devant quelque 500 personnes rassemblées à l'Elysée, où ont été conviés les directeurs départementaux de la police, les commandants de groupement de gendarmerie, les préfets et les principaux cadres du ministère de l'Intérieur.
Trois ministres, ceux de l'Intérieur, de la Justice et de la Défense, écouteront également M. Macron déclarer "ce qu'il attend" des forces de sécurité durant son quinquennat, selon l'Elysée.

Un tel rassemblement de l'ensemble des représentants du secteur à l'Elysée n'a jusqu'à présent été organisé qu'une seule fois, au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Il aura lieu un peu plus d'un an après l'attaque de Viry-Châtillon (Essonne) dans laquelle deux policiers avaient été grièvement blessés, déclenchant un mouvement de fronde inédite dans la police.

Interrogés, les syndicats de policiers indiquaient ne pas avoir d'informations sur la teneur du discours. "Le noeud, c'est le rétablissement de l'autorité de l'Etat, en lien avec la justice. Une énième réforme n'aura pas de sens si on ne traite pas les problèmes dans leur ensemble", a déclaré à l'AFP Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-officiers.

"Il faut que les policiers aient les moyens de travailler, qu'ils dédient leur temps à leur c?ur de métier et non à des tâches indues et qu'ils ne perdent plus leur temps dans la paperasse procédurale", a-t-il souligné.

M. Macron, qui avait annulé un discours sur la sécurité qu'il devait prononcer à Lyon le 29 septembre, a choisi de s'exprimer une semaine après l'adoption par l'Assemblée du projet de loi antiterroriste qui doit prendre le relais de l'état d'urgence au 1er novembre. Face à une menace terroriste qui reste élevée, il ne devrait pas annoncer de nouvelles mesures mais revenir sur la création de la "task-force" - le nouvel instrument de pilotage du renseignement de l'Elysée - pour mieux insister sur l'indispensable coopération entre les services pour éviter de nouveaux attentats.

- 'Petite révolution' -

M. Macron est aussi très attendu sur la police de sécurité quotidienne (PSQ), l'une de ses principales promesses de campagne dans le domaine de la sécurité. Pour l'heure, ses contours restent très flous, mais ses promoteurs insistent sur le fait qu'il ne s'agit pas de rétablir la police de proximité, symbole de la politique sécuritaire de Lionel Jospin, brutalement supprimée par Nicolas Sarkozy.

"C'est une petite révolution", explique-t-on à l'Elysée. "L'idée, c'est de s'adapter aux préoccupations de nos concitoyens" selon le lieu où ils vivent, "et de définir les organisations et les modes d'intervention par rapport à ces besoins".

La concertation doit être menée d'ici à la fin de l'année par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Une trentaine de villes se sont portées candidates à l'expérimentation qui sera lancée début 2018 mais seule une quinzaine de sites seront retenus. "La PSQ n'est pour l'instant qu'un concept. Si c'est pour faire des réformes esthétiques ou revenir à la police de proximité, alors on ne sera pas d'accord", a prévenu Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat des gardiens de la paix Alliance.

Pour Christophe Rouget, du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), "il faut maintenant simplifier l'organisation de la police et simplifier la procédure pénale. Sinon nous n'améliorerons pas la présence sur le terrain". Dans son discours, M. Macron devrait revenir sur "le principe de responsabilité" qui s'applique aux représentants de l'Etat, après le débarquement du préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes suite à des "dysfonctionnements" causant la remise en liberté du tueur de Marseille, un Tunisien en situation irrégulière.

Suite à cette affaire, il a promis que tous les "étrangers en situation irrégulière" qui commettent un délit "seront expulsés". Une annonce en droite ligne de la fermeté promise pour la loi sur l'immigration et l'asile attendue début 2018, alors que le président entend améliorer en contrepartie l'accueil des réfugiés en France.

AFP

   

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