Législatives :

Les Tchèques aux urnes, le "Trump" local prédit "une nouvelle étape"


Publié / Actualisé
Souvent irrités par leur classe politique et l'Union européenne, les Tchèques ont voté vendredi au premier jour des législatives de deux jours, dans lesquelles le mouvement d'Andrej Babis, qualifié de "Trump tchèque", fait figure de favori.
Souvent irrités par leur classe politique et l'Union européenne, les Tchèques ont voté vendredi au premier jour des législatives de deux jours, dans lesquelles le mouvement d'Andrej Babis, qualifié de "Trump tchèque", fait figure de favori.

"Je m'attends à ce que la République tchèque entame une nouvelle étape", a-t-il affirmé après avoir glissé son bulletin dans l'urne. Le pays a surtout besoin d'un gouvernement "qui va réellement résoudre les problèmes des gens".
Le milliardaire controversé a réitéré à la veille du vote son hostilité à l'accueil des migrants et à la zone euro, sans pour autant prôner la sortie de l'UE.
Selon les sondages, son mouvement populiste ANO devrait sortir grand vainqueur du scrutin auquel quelque huit millions d'électeurs étaient invités, et obtenir entre 25% et 30% des voix.
Fondateur du géant agroalimentaire, chimique et médiatique Agrofert, M. Babis, 63 ans, a fait sa campagne sur la lutte contre la corruption.
Et ce malgré ses ennuis avec la justice, après une inculpation pour fraude aux fonds européens et des accusations de collaboration avec la police secrète communiste StB avant 1989, qu'il rejette.
"L'effort contre la corruption est essentiel. (...) Je vote Babis, l'UE me gêne énormément, il y des gens nuls là-bas à Bruxelles, c'est la catastrophe. Surtout ce (président de la Commission européenne Jean-Claude) Juncker", a affirmé à l'AFP un retraité pragois, Vaclav Vachel.


- Appui du Front National -


Le principal rival de M.Babis, le ministre pro-européen des Affaires étrangères Lubomir Zaoralek, tête de liste du parti social-démocrate CSSD, a souhaité à Ostrava (est) que le futur gouvernement "fasse tout pour que la République tchèque ne se retrouve pas à la périphérie" de l'UE".
Le scrutin pourrait toutefois aussi catapulter au parlement, voire au gouvernement, le parti d'extrême-droite SPD ("Liberté et démocratie directe") du Tchéco-Japonais Tomio Okamura. Cette formation, fermement opposée à l'intégration européenne et à l'immigration, est portée par un courant d'opinion présent aussi ailleurs en Europe de l'Est.
Selon M. Okamura qui a trouvé des appuis au Front national (FN) français, "il faut que les décisions soient prises par les citoyens et non par les élites politiques ou même quelque part à Bruxelles".
Il a reçu le soutien de la présidente du FN Marine Le Pen, dans un message vidéo. "Nous voulons ensemble construire cette véritable Europe des peuples, cette Europe des nations et des libertés à laquelle nous aspirons", déclare-t-elle notamment.
"J'aime bien les opinions d'Okamura et je suis d'accord avec lui, sur tous les points. La situation des citoyens tchèques serait beaucoup plus confortable dans un Etat indépendant", a dit à l'AFP une jeune électrice pragoise, Rachel Frycarova.


- Période d'incertitude -


A l'issue d'une campagne terne, jusqu'à neuf partis pourraient franchir le seuil d'éligibilité de 5%, ce qui risque d'ouvrir une période d'incertitude avant qu'une coalition puisse voir le jour.
"Après le 28 octobre (date de la fête nationale, ndlr), j'aurai des entretiens avec les directions de tous les partis parlementaires, en commençant par le vainqueur, pour me familiariser avec leurs opinions sur la structure politique du pays", a déclaré vendredi le président Milos Zeman.
"Ce n'est qu'après que je ferai usage de mes pouvoirs" (constitutionnels), a-t-il ajouté.
Le chef de l'Etat dispose d'un délai de 30 jours pour convoquer la nouvelle chambre basse. "Je vais utiliser au maximum ce délai", a-t-il affirmé.
Le président charge habituellement le vainqueur des élections d'engager des négociations en vue de former le nouveau gouvernement. Puis il désigne le Premier ministre et nomme son cabinet sur proposition de ce dernier.
Une fois nommé, le nouveau gouvernement demande la confiance de la Chambre des députés.
Conformément à la tradition tchèque, les bureaux de vote ouvriront à nouveau samedi entre 8H00 et 14H00 (06H00 - 12H00 GMT). Les résultats devraient être connus samedi en fin de journée.

Par Sonia WOLF - © 2017 AFP

   

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