Football :

Ligue 1: des derbies Lyon/Saint-Etienne sans visiteurs?


Publié / Actualisé
Les incidents de Saint-Etienne-Lyon (0-5) ne resteront pas sans suite: dans l'immédiat, dès jeudi, la Ligue va mettre ce dossier "en instruction" et, à l'avenir, ce derby risque bien de se jouer sans supporter adverse.
Les incidents de Saint-Etienne-Lyon (0-5) ne resteront pas sans suite: dans l'immédiat, dès jeudi, la Ligue va mettre ce dossier "en instruction" et, à l'avenir, ce derby risque bien de se jouer sans supporter adverse.

• Plus de supporters adverses ?

Les autorités sont unanimes. La Ligue de football professionnel (LFP) a condamné lundi "l'ensemble des incidents survenus" la veille: "comportements violents d'avant-match, banderoles d'incitation à la haine, nombre très important de fumigènes (...) événements ayant conduit à l'envahissement du terrain qui a provoqué l'interruption de la rencontre durant 40 minutes".

Le préfet de la Loire Evence Richard a lui promis à l'AFP qu'on ne l'y reprendrait plus: "Depuis trois ans, ces derbies se déroulaient sans supporter de l'équipe visiteuse à Geoffroy-Guichard. J'avais été compréhensif en acceptant (dimanche) la venue de 850 supporters de l'Olympique lyonnais, croyant que tout le monde avait compris le message. Je me sens trahi".

"Cette soirée était assez consternante, poursuit le représentant de l'Etat. Je suis scandalisé du comportement violent de supporters stéphanois et lyonnais qui a fait 14 blessés légers, dont deux policiers, alors que le dimensionnement du service d'ordre a permis d'éviter tout heurt direct entre eux". "La plupart se sont blessées elles-mêmes en commettant des dégradations importantes sur les clôtures ou dans les toilettes des espaces visiteurs", a-t-il encore déploré. "On risque de renouer avec la tradition des rencontres sans supporter visiteur", conclut le préfet.

Même message émis du côté de la LFP: "Ces faits ternissent l'image du derby et compromettent le déplacement des supporters adverses lors des prochaines rencontres opposant ces deux clubs".

• Saint-Etienne et Fekir inquiétés ?

Dans l'enceinte, le dérapage le plus grave a éclaté quand Nabil Fekir, star de Lyon, a enlevé son maillot pour le présenter, par provocation, aux supporters des Verts après le but du 5-0. Résultat? Envahissement du terrain et longue interruption du match. Pour ces derniers faits, le club de Saint-Etienne pourrait être sanctionné en tant que club receveur. Amende et mesure de huis-clos, partiel ou total, figurent dans l'arsenal répressif de l'instance disciplinaire de la LFP, qui "ouvrira une instruction" dès jeudi soir. Dans ce genre de dossier, le verdict peut tomber dans un délai de deux à trois semaines.

Autre facteur aggravant, les Green Angels, groupe de supporters ultras de Saint-Étienne, ont déployé une banderole indiquant: "aujourd'hui pas de cinéma, on a La Haine", en référence au film de Mathieu Kassovitz. Ce qui n'a pas plu au conseil national de l'éthique (CNE, émanation de la Fédération française de football), qui a saisi lundi la commission de discipline de la Ligue. Le CNE regrette ainsi "qu'un tel message, incitant à un comportement antisportif et contraire aux valeurs du football, ait pu être affiché dans un stade".

Le geste de Fekir sera-t-il lui aussi considéré comme "anti-sportif" par la commission de discipline de la LFP? Retirer son maillot lui a déjà valu un carton jaune, qui le privera du prochain match par accumulation d'avertissement. Pourrait-il écoper d'une autre peine comme d'une amende ou d'une suspension alourdie, ferme ou avec sursis?

Arrivé ce lundi au rassemblement de l'équipe de France à Clairefontaine, le capitaine de Lyon a déjà été recadré par le sélectionneur. "Dans le contexte, c'est un geste qui n'est pas approprié", a commenté Didier Deschamps. Mais le technicien national ne veut pas l'accabler non plus. "Je connais bien Nabil, c'est quelqu'un qui ne calcule pas. Ce n'était pas quelque chose de prémédité (...) c'est un être humain comme tous les joueurs. Ce ne sont pas des robots. Il ne devrait pas le faire mais c'est arrivé, ça peut arriver".

AFP

   

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