150e anniversaire de sa naissance :

Marie Curie: découvrir la femme moderne derrière le mythe


Publié / Actualisé
Qui était vraiment Marie Curie, figure scientifique légendaire deux fois récompensée par un prix Nobel.
Qui était vraiment Marie Curie, figure scientifique légendaire deux fois récompensée par un prix Nobel.

A l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance, une exposition à Paris met en lumière "la femme moderne" derrière la chercheuse concentrée sur ses travaux. "Notre parti pris a été de ne pas revenir sur ses découvertes scientifiques mais de montrer une image d'elle un peu différente de celle qu'elle renvoie d'une scientifique toujours vêtue de noir et un peu austère", explique à l'AFP Renaud Huynh, commissaire de cette exposition qui se tient au Panthéon où elle repose depuis 1995.

L'exposition, qui ouvre ses portes mercredi, est "la première" en France consacrée entièrement à Marie Curie, selon Renaud Huynh, directeur du musée Curie. Elle présente documents, lettres, albums photos, petits films ainsi que quelques objets comme ses patins à glace.

Née le 7 novembre 1867 à Varsovie, la jeune Marya Salomea Sklodowska quitte sa Pologne natale en 1891 pour étudier à la Sorbonne. Brillante et volontaire, elle décroche une licence de physique puis une licence de mathématiques en 1894, année de sa rencontre avec Pierre Curie. Ils se marient l'année suivante. Le rêve scientifique du couple devient réalité lorsque, dans la foulée de la découverte de la radioactivité par Henri Becquerel, les Curie trouvent deux nouveaux atomes, radioactifs, baptisés polonium et radium.

Les carnets de laboratoire des Curie permettent de voir l'avancée de leurs recherches jusqu'à leur fameuse découverte qui leur vaudra le prix Nobel de Physique en 1903, conjointement avec Henri Becquerel. Le diplôme trône dans l'exposition. Le travail en symbiose du couple s'interrompt brutalement en 1906, avec la mort de Pierre Curie, écrasé par un camion. Marie Curie écrit un journal dans lequel elle s'adresse au défunt pour "se souvenir des derniers jours vécus ensemble". Une des pages porte la trace de deux grosses larmes séchées.

- "Affection du public"-

Elle succède à son mari comme chargée de cours de physique à la Sorbonne, tout en élevant seule ses filles, Irène et Eve. "C'était quelqu'un de très moderne. Elle a réussi à mener son activité professionnelle en même temps que sa vie de famille", souligne Renaud Huynh. En 1909 est prise la décision de bâtir un Institut du radium (devenu l'Institut Curie) avec une section médicale et un laboratoire de recherche pour Marie Curie. Il sera terminé en 1914.

Veuve depuis plusieurs années, la quadragénaire a une liaison avec le physicien Paul Langevin. Elle se met alors à porter une jolie robe blanche, comme le montrent des photos sur plaques de verre.
Mais l'épouse de Paul Langevin porte plainte contre elle et la presse révèle l'affaire fin 1911. "Le coeur d'une femme a des aspirations que la science ne suffit pas à satisfaire", écrit Le Petit Journal. Le scandale met fin à leur romance.

En décembre de la même année, Marie Curie reçoit le prix Nobel de Chimie. Elle est encore à ce jour la seule femme au monde à avoir eu deux prix Nobel. Pendant la guerre de 1914-1918, Marie Curie participe à la conception d'unités chirurgicales mobiles de radiologie. Elle n'hésite pas à se rendre elle-même sur le front au volant d'une de ces voitures.

Dans les années 1920, Marie Curie gagne le coeur des Américains en faisant une tournée aux Etats-Unis pour obtenir les fonds nécessaires à l'achat d'un gramme d'uranium. Elle s'éteint en juillet 1934 dans un sanatorium savoyard à l'âge de 66 ans. Cette même année, Irène et le mari de celle-ci Frédéric Joliot découvrent la radioactivité artificielle qui leur vaut le prix Nobel de chimie en 1935.

La mort de Marie Curie ne donne lieu à aucune cérémonie officielle. Mais en 1995, le président François Mitterrand la fait entrer au Panthéon, accompagnée de son mari. "Il est frappant de voir l'attention et l'affection qu'elle suscite dans le public", relève Philippe Bélaval, président du Centre des Monuments Nationaux (CMN).
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AFP

   

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