Elle élève seule sa fille de 12 ans :

Mathilde, mère célibataire: "On vit avec 560 euros par mois"


Publié / Actualisé
"Il ne me reste rien à la fin du mois, jamais. Quand j'arrive à zéro, je suis contente". Avec 560 euros par mois touchés grâce aux aides sociales, Mathilde élève seule sa fille de 12 ans.
"Il ne me reste rien à la fin du mois, jamais. Quand j'arrive à zéro, je suis contente". Avec 560 euros par mois touchés grâce aux aides sociales, Mathilde élève seule sa fille de 12 ans.


Les femmes représentent la majorité des adultes accueillis par le Secours catholique, qui a publié jeudi son rapport annuel. Une surreprésentation qui s'explique par la forte proportion de mères isolées (40% des femmes françaises rencontrées).
Après avoir cumulé les petits boulots et les contrats précaires, Mathilde (qui préfère ne donner ni son nom ni son âge) a décidé de se mettre à son compte et fait les marchés depuis quelques mois. Mais si pour l'instant elle travaille une trentaine d'heures par semaine, elle ne réalise aucun bénéfice. "Ca ira mieux l'année prochaine", espère-t-elle.
Comme 1,9 million de Français, elle se rend une fois par semaine à la banque alimentaire où elle peut acheter de la nourriture à des prix inférieurs à ceux du marché. "La boîte de raviolis est à 30 centimes et ma fille adore! Sinon ailleurs, on ne choisit pas: c'est packs de riz et lots de dix steaks hachés surgelés. On ne peut pas se permettre de prendre autre chose", explique-t-elle.
A certains moments, les privations l'ont menée au dégoût. "Je ne pouvais plus rien manger. Toute cette nourriture bas de gamme m'écoeurait. Ce qui me faisait envie, c'était les trucs chers mais je ne pouvais pas".


"Mais ma fille, elle, n'a jamais manqué", insiste-t-elle. "Depuis le mois dernier, je me prive mais je cible pour qu'elle ne manque de rien". Aujourd'hui en 5e, sa fille ne va plus à la cantine. "Je ne peux pas, alors je me débrouille pour être là tous les midis", raconte sa mère.
"J'arrive à me débrouiller. Mais si une grosse facture arrive, je mets trois mois à m'en sortir". Comme ce mois-ci, avec la facture d'ordures ménagères.
Si elle s'en sort, pas mal de choses ont toutefois disparu de sa vie. Elle ne se souvient plus de la dernière fois qu'elle est allée au cinéma. Sa fille n'est jamais allée à la patinoire. Mais les cadeaux de Noël, elle y tient. Alors elle calcule, elle anticipe: "J'achète au fur et à mesure dans les magasins discount. Ca dépasse jamais trois, quatre euros, mais j'en achète plusieurs et ma fille croit qu'elle a eu plein de cadeaux".
"Ca reste tout le temps difficile, on se prive, mais j'y arrive", dit-elle fièrement.

Par Bassem ABOUALABASS - © 2017 AFP

   

4 Commentaire(s)

Erik, Posté
C'est une leçon de dignité .
Lili, Posté
c'est une maman courageuse je lui tire mon chapeau comment
fait on pour vivre avec 560e par mois elle doit se priver de beaucoup de choses
courage a vous madame
Ste suzanne , Posté
et a écouté MACRON tout va bien pour lui
Michel, Posté
Tant que les pauvres et les exploités accepteront leur sort, la bourgeoisie exploiteuse pourra continuer à mener ses affaires sans être inquiétée.
Cela changera quand les premiers viendront lui demander des comptes et décideront de bousculer l'ordre établi !