Marseille :

Evra, le jour du jugement de "Tonton cogneur"


Publié / Actualisé
Patrice Evra va savoir vendredi ce que lui coûte son coup de pied à un supporter de l'Olympique de Marseille. Il est entendu par son club, qui pourrait le licencier, et jugé par l'UEFA, qui devrait le suspendre.
Patrice Evra va savoir vendredi ce que lui coûte son coup de pied à un supporter de l'Olympique de Marseille. Il est entendu par son club, qui pourrait le licencier, et jugé par l'UEFA, qui devrait le suspendre.


Fameux précédent, le geste de kung-fu d'Éric Cantona au sommet de sa gloire à Manchester United, en 1995, avait valu huit mois de suspension au "King" par la Fédération anglaise.
"Tonton Pat", dont le sympathique surnom a été bien terni dans l'affaire, risque le même genre de suspension de la confédération européenne, puisque son coup de sang précédait un match d'Europa League à Guimaraes, au Portugal. Il avait été exclu avant même le coup d'envoi, une première dans la compétition.
Logiquement, le club devrait vouloir prononcer sa sanction avant l'UEFA pour montrer qu'il garde la main sur le dossier. Selon L'Équipe, Evra devrait être reçu par le président Jacques-Henri Eyraud, de retour ce jour-là de Miami, où il accompagnait des élus aux festivités du jumelage entre les cités phocéenne et floridienne.
Evra ne s'est pas exprimé depuis les incidents autrement que sur son compte Instagram, où il remerciait en anglais les "vrais fans de l'OM". Sur l'image, on voit un poster de lui en train de faire des pompes en match, placé derrière un canapé où est posé un panda en peluche, un curieux montage vécu comme une "provocation" par les Fanatics, le groupe de supporters dont est membre la victime du coup de pied.


- 'Pas acceptable' -


"La seule personne ayant commis un acte de violence est celle qui portait le maillot bleu et blanc", poursuivent dans leur communiqué ces ultras, qui d'ordinaire ne s'expriment jamais dans les médias.
Le patron des Yankee, Michel Tonini, une des voix majeures du stade Vélodrome, redoute que les "dirigeants veuillent interdire de stade à vie certains supporters qui étaient sur le terrain (à Guimaraes), à vie! C'est un message destiné à qui? Aux ligues de bien-pensants?" s'emporte-t-il auprès de l'AFP.
Le président "JHE" n'a pas répondu non plus aux nombreuses sollicitations médiatiques sur la question.
A quelques mètres de lui, le propriétaire du club, Frank McCourt, a lui réagi depuis Miami.
Ce n'est "pas un comportement acceptable, et pour le joueur, et pour les supporters, selon des propos rapportés par La Provence. Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons tolérer à l'OM, c'est aussi simple que ça".
"Il est vraiment dommage de voir un grand joueur comme Patrice pousser jusqu'à un tel comportement", a ajouté l'homme d'affaires américain, englobant l'attitude des supporters insultants dans son reproche.


- 'Pas possible qu'il rejoue au Vélodrome' -


Pour Tonini, "ce n'est pas possible qu'il rejoue au Vélodrome, les dirigeants l'ont compris, mais en même temps c'est compliqué pour eux de donner raison aux supporters".
"C'est Evra, tête de gondole du projet, donc on va partager la faute, on ne peut pas se dédire complètement, il faut quand même montrer aussi du doigt les supporters", regrette-t-il.
Le 2 novembre, Evra avait donné un coup de pied haut à un supporter qui l'invectivait. Le lendemain il était mis à pied par Eyraud. Dimanche contre Caen (5-0) le divorce était officialisé par les supporters, qui l'ont insulté en chansons et ont déployé des banderoles sans appel: "Tu t'es cru au-dessus de l'institution OM (...) Evra casse-toi".
Après le jugement des supporters, les sentences officielles vont tomber vendredi pour Evra. A 36 ans, une suspension de l'UEFA pourrait signifier une fin de carrière sur un couac terrible pour celui qui fut le capitaine de l'équipe de France, de triste mémoire, à Knysna, lors de la fameuse "grève du bus" en 2010.

Par Alain JEAN-ROBERT - © 2017 AFP

   

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