Procès Dekhar et de la fusillade au journal Libération :

Le photographe blessé n'a pas eu la force de venir témoigner


Publié / Actualisé
L'assistant-photographe qui avait été grièvement blessé par balle en novembre 2013 au journal Libération, a préféré ne pas venir témoigner mercredi au procès du tireur, Abdelhakim Dekhar, expliquant dans une lettre qu'il n'en avait pas la force.
L'assistant-photographe qui avait été grièvement blessé par balle en novembre 2013 au journal Libération, a préféré ne pas venir témoigner mercredi au procès du tireur, Abdelhakim Dekhar, expliquant dans une lettre qu'il n'en avait pas la force.

 

"C'est au-dessus de mes forces. Depuis maintenant quatre ans, je lutte pour me reconstruire. Mes cicatrices et ma douleur dans le bas des côtes me rappellent au quotidien ce que j'ai vécu et ce que je vis", a écrit César Sébastien dans une lettre lue à la cour d'assises de Paris par son avocat, Me Charles-Emmanuel Soussen. "Me retrouver (...) avec l'homme qui a failli arrêter ma vie me tétanise", a-t-il confié.

Abdelhakim Dekhar, jugé depuis vendredi pour "tentative d'assassinat", encourt la perpétuité. Le 15 novembre 2013, l'accusé s'était rendu à BFMTV avec un fusil à pompe, avec lequel il avait menacé un rédacteur en chef. Trois jours après, il avait grièvement blessé par balle César Sébastien à Libération. Il avait ensuite tiré sur l'immeuble de la Société générale dans le quartier d'affaires de la Défense, puis pris un automobiliste en otage.

Cet assistant-photographe se trouvait dans le hall d'accueil du quotidien Libération quand Abdelhakim Dekhar a surgi vers 10H00 du matin. Il attendait l'ascenseur pour se rendre au 4e étage avec du matériel. Le tireur a fait feu à deux reprises, blessant grièvement César Sébastien au niveau du thorax. Le projectile est passé à quelques millimètres de son cœur. Le photographe était alors âgé de 23 ans.

"Au deuxième coup de feu, j'ai vu des plumes sortir de ma doudoune. Puis j'ai constaté que je saignais", avait-il expliqué aux enquêteurs. Il a eu la sensation de "s'approcher de la mort". "J'ai vu l'individu, il avait l'air d'un chasseur".

M. Sébastien "a mis dix à douze mois à se remettre de ses blessures", a expliqué Me Soussen. Une fois qu'il s'est senti mieux physiquement, c'est au niveau psychologique qu'il se portait "beaucoup moins bien".

Abdelhakim Dekhar affirme qu'il n'avait pas l'intention de blesser l'assistant-photographe, mais qu'en tirant, il voulait "impressionner les personnes présentes". Au premier jour du procès vendredi, il avait déclaré: "Une tragédie a eu lieu. Je ne l'ai pas souhaitée".

Le procès doit se terminer vendredi.

AFP

   

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