Après la législative partielle de ce dimanche :

Mayotte - L'intersyndicale annonce un durcissement de la contestation


Publié / Actualisé
L'intersyndicale et le collectif citoyen contre l'insécurité ont annoncé ce dimanche 19 mars 2018 un durcissement dès ce lundi du mouvement de contestation contre l'immigration clandestine et la délinquance. Ce dimanche également Annick Girardin a annoncé un train de nouvelles mesures visant à lutter contre l'immigration clandestine et l'insécurité. C'est dans ce contexte que les deux finalistes de l'élection législative sur la 1ère circonscription de Mayotte en juin 2017 se sont qualifiés pour le second tour de la partielle organisée dimanche dans un contexte de forte crise sociale, avec un avantage à la députée sortante Ramlati Ali, désormais sans étiquette.
L'intersyndicale et le collectif citoyen contre l'insécurité ont annoncé ce dimanche 19 mars 2018 un durcissement dès ce lundi du mouvement de contestation contre l'immigration clandestine et la délinquance. Ce dimanche également Annick Girardin a annoncé un train de nouvelles mesures visant à lutter contre l'immigration clandestine et l'insécurité. C'est dans ce contexte que les deux finalistes de l'élection législative sur la 1ère circonscription de Mayotte en juin 2017 se sont qualifiés pour le second tour de la partielle organisée dimanche dans un contexte de forte crise sociale, avec un avantage à la députée sortante Ramlati Ali, désormais sans étiquette.

"Nous allons durcir le ton" dès ce lundi avec "un renforcement des barrages", ont annoncé plusieurs dirigeants du mouvement de contestation qui secoue Mayotte depuis un mois. L'intersyndicale et le collectif citoyen contre l'insécurité réclament toujours la venue d'un émissaire gouvernemental avec "un mandat pour négocier". L'objectif de renforcement des barrages est d'empêcher les élèves de se rendre en cours pour la deuxième semaine consécutive - la rentrée des classes devait avoir lieu lundi dernier -, et d'entraver la livraison de denrées alimentaires.

Dans un communiqué publié vendredi et cité par l'AFP, l'intersyndicale et le collectif avaient indiqué "en plus des mesures d'urgence et régaliennes, l'Etat doit également s'engager sur des mesures de développement et de rattrapage". Ils avaient aussi redemandé "l'ouverture immédiate des négociations avec, le cas échéant, des personnes mandatées par le Premier ministre. L'intersyndicale actera la suspension des barrages dès que les discussions seront engagées à Mayotte".

L'intersyndicale et le collectif ont ensuite exprimé leur défiance à l'encontre d'Annick Girardin, en disant qu'ils "ne peuvent pas accorder leur confiance à une ministre qui a été dans les précédents gouvernements et dont les décisions n'ont jamais été en faveur des Mahorais pour les jeux des îles à La Réunion (quand elle était en charge de la francophonie) ni des fonctionnaires de Mayotte (quand elle a été au ministère de la fonction publique)".

Les dirigeants du mouvement de contestation n'ont pas encore directement réagit au nouveau train de mesures annoncées ce dimanche par la ministre des outre-mer

Lire aussi : Mayotte - Annick Girardin annonce de nouvelles mesures

Dans le même temps, alors que des opérations de sécurisation et de contrôle des personnes en situation irrégulière sont menées depuis jeudi par les forces de l'ordre à Mayotte - dans le droit fil des engagements de la ministre des Outre-mer Annick Girardin en matière de sécurité -, des villageois du nord de l'île ont décidé d'organiser eux-mêmes des actions d'expulsion de personnes qu'ils supposent en situation illégale, a indiqué l'un d'eux.

Ce collectif,effectue des "rondes" afin "de démanteler les groupes d'étrangers, comoriens et africains", présumés en situation irrégulière, et les emmener à la gendarmerie. "On ne veut pas d'affrontements, pas de tabassages, pas de coups", a-t-il précisé, affirmant qu'il n'y a pas de résistance de la part des clandestins présumés.

Lire aussi : Mayotte - Des expulsions de clandestins présumés menées par des villageois

Le collectif d'habitants a affirmé que la gendarmerie "collaborait" avec eux, ce qu'a formellement démenti un officier responsable de la communication. "C'est absolument faux, on ne va pas assister les pseudo-milices qui expulsent des personnes en situation irrégulière. On agit dans un Etat de droit", a-t-il dit.

 

 

C'est dans ce contexte de grande tension qu'à eu lieu ce dimanche le premier tour de la législative partielle dans la première circonscription de Mayotte. 

La première femme députée de l'île est arrivée en tête avec 36,15% des voix, devant le candidat LR Elad Chakrina (32,59%), qui avait obtenu mercredi le soutien inédit de la présidente du FN Marine le Pen. En juin 2017, se présentant alors sous l'étiquette PS (elle a ensuite siégé au sein du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale), Mme Ali avait obtenu au premier tour 16,81% des voix, au coude à coude avec M. Chakrina (16,82%). Le second tour aura lieu dimanche prochain.

 

Dans un contexte rendu difficile par un mouvement de contestation populaire qui paralyse le territoire depuis près d'un mois, le taux d'abstention s'élève à 69,61%. Un taux toutefois comparable aux législatives partielles organisées ces dernières semaines en métropole. Sans lien avec le résultat, les organisateurs du mouvement de contestation populaire.

Quelques incidents ont émaillé le scrutin, notamment à Mtsamboro (nord-ouest) où, dans deux bureaux de vote, "deux individus ont pris les urnes et sont partis, avant de revenir avec quelques minutes plus tard", a indiqué le maire Harouna Colo à l'AFP. "D'après les présidents des deux bureaux, rien n'a changé dans les urnes," a précisé l'élu.

La préfecture a confirmé que les urnes avaient été brièvement subtilisées mais pas violées. Les voleurs sont en garde à vue. A Acoua (nord-ouest), les neuf bureaux de vote avaient été bloqués à l'ouverture, parfois fermés avec de la glu, selon la mairie, qui a dépêché les services municipaux pour les dégager.

A Longoni (nord), un journaliste de Mayotte la1ere a indiqué sur Twitter qu'il était "impossible d'atteindre le village". Dans les 176 bureaux de vote, parfois difficiles d'accès à cause des barrages, l'affluence a été relativement faible. Mais, quoique gréviste, Toilianti Soihili, 26 ans, est venue car "on a le droit de vote, c'est un acte important".

"Comme l'élection a été maintenue, on n'a pas le choix, il faut voter", dit une autre électrice. "Mais vu le contexte, on n'a pas trop le sentiment de faire quelque chose pour l'avenir. C'est juste un devoir, on n'attend rien de particulier", ajoute cette mère de famille. Son frère, qui habite en dehors de la ville, "voulait aller voter, mais c'est trop dangereux, il n'a pas pu passer".

La plupart des élus et les organisateurs du mouvement avaient demandé le report du scrutin mais le préfet de Mayotte leur a opposé une fin de non-recevoir, assurant que l'État prendrait "toutes les dispositions pour assurer le bon déroulement du scrutin". Outre les difficultés de certains électeurs pour accéder aux bureaux de vote, les élus avaient fait valoir que les conditions de sécurité n'étaient pas garanties et ont souligné les difficultés de campagne des candidats.

- Appel au boycott -

Un porte-parole du mouvement social, Salim Nahouda, avait appelé la population à boycotter le scrutin. Ahamada Haribou, directeur général adjoint des services à la mairie de Mamoudzou, a souligné que "beaucoup d'électeurs votent à Mamoudzou mais habitent hors Mamoudzou".

Dans ce contexte particulier, les électeurs devaient choisir entre huit candidats, dont les deux finalistes de juin. L'élection de Ramlati Ali a été annulée le 19 janvier après un recours de son opposant, l'avocat Elad Chakrina, le Conseil constitutionnel ayant considéré que, eu égard au "faible écart de voix" entre eux, "la sincérité du scrutin (avait) été altérée".

Mme Ali a été mise en examen le 14 février pour complicité de fraude électorale dans une affaire de procurations litigieuses lors du précédent scrutin. Ayant fait appel, elle s'est représentée sans étiquette. Alors que la présidente du FN Marine le Pen avait appelé à voter pour le candidat LR, démarche inédite pour le parti d'extrême droite, les Républicains se sont désolidarisés de ce soutien. "Je tiens à préciser que je ne partage pas les idées du Front national (...) Je note juste que Mme Le Pen fait le constat de ce qui se passe à Mayotte", avait déclaré Elad Chakrina à l'AFP.

www.ipreunion.com avec l'AFP

   

1 Commentaire(s)

Marco , Posté
Mayotte,après 2011 et ces 44 jours de grève contre la vie chère qui n'ont rien changé puisque les mabawas qu'ils voulaient à 10€ les 10kgs et qui aujourd'hui sont à 32 € seule une augmentation de 37%du nombre de chômeurs à été constatée après. Aujourd'hui ils bloquent l'île pour d'autres raisons justifiées au départ mais depuis que l'état a répondu qui le sont moins.Bref c'est une catastrophe économique qui est en train de se faire et cela ne fera que finir de tuer le tissu économique qui ne sétait pas encore remis de 2011. Bref on scie la maigre branche sur laquelle nous sommes assis !