[VIDEO] Les Comores refusent d'accueillir les clandestins expulsés :

Mayotte: un délégué du gouvernement bientôt nommé


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Un délégué du gouvernement va être nommé la semaine prochaine pour oeuvrer à de nouvelles mesures en faveur de Mayotte en plus des dispositions d'urgence déjà annoncées par l'exécutif, a annoncé jeudi la ministre des Outre-mer Annick Girardin. Cette annonce arrive alors que les Comores ont durci le ton dans le bras de fer qui les oppose à Paris sur l'immigration clandestine en refusant d'accueillir près d'une centaine de leurs citoyens expulsés à leurs yeux illégalement de l'île de Mayotte. L'île aux Parfums est paralysée depuis cinq semaines par un vaste mouvement de protestation contre l'insécurité et plus généralement contre une profonde crise économique et sociale
Un délégué du gouvernement va être nommé la semaine prochaine pour oeuvrer à de nouvelles mesures en faveur de Mayotte en plus des dispositions d'urgence déjà annoncées par l'exécutif, a annoncé jeudi la ministre des Outre-mer Annick Girardin. Cette annonce arrive alors que les Comores ont durci le ton dans le bras de fer qui les oppose à Paris sur l'immigration clandestine en refusant d'accueillir près d'une centaine de leurs citoyens expulsés à leurs yeux illégalement de l'île de Mayotte. L'île aux Parfums est paralysée depuis cinq semaines par un vaste mouvement de protestation contre l'insécurité et plus généralement contre une profonde crise économique et sociale

Une réunion présidée par Edouard Philippe aura ensuite lieu mi-avril à Paris entre le gouvernement et les élus mahorais pour "faire le point sur l'avancée de ces travaux et discuter des perspestives qu'ils ouvrent", a indiqué le Premier ministre dans une lettre envoyée jeudi soir aux différents élus du département d'Outre-mer, en proie à un conflit social qui dure depuis plus d'un mois.

Le délégué bientôt nommé se rendra à Mayotte "pour dialoguer avec toutes les parties, et aller vers ce que j'avais annoncé", à savoir un "travail pour apporter les réponses sur les autres sujets que la sécurité et l'immigration: éducation, logement, santé, aménagement du territoire...", a expliqué Mme Girardin mardi après-midi à l'issue d'une réunion à Matignon qui ne figurait pas à l'agenda du Premier ministre.

Cette nomination interviendra "la semaine prochaine", "au lendemain" du second tour de la législative partielle qui a lieu dimanche dans le département français de l'Océan Indien, a précisé Mme Girardin.

Mayotte est en proie depuis plusieurs semaines à un conflit lié aux difficultés économiques et sociales de l'archipel mais aussi aux problèmes posés par l'immigration clandestine venue des Comores voisines.

Edouard Philippe a par ailleurs demandé une action "ferme et déterminée" vis-à-vis du gouvernement comorien, après la décision de Moroni de ne plus accepter les migrants clandestins, en grande majorité Comoriens, renvoyés depuis Mayotte, selon la ministre.

Lire aussi : Les Comores renvoient vers Mayotte un bateau de clandestins expulsés

Le Premier ministre, qui doit écrire jeudi une nouvelle lettre aux élus de Mayotte, a "demandé à ce que l'action auprès du gouvernement comorien soit ferme et déterminée et c'est ce qui sera fait dans les heures qui viennent".

Le Gombessa, un navire battant pavillon comorien parti de Mayotte, a été bloqué mercredi en fin de journée pendant deux heures devant le port de Mutsamudu, la capitale de l'île comorienne d'Anjouan, avant d'être contraint à faire demi-tour. Les autorités locales lui ont refusé d'accoster sur ordre du gouvernement, qui a publié une circulaire interdisant le retour sur son territoire des expulsés de Mayotte.

Le ministre comorien des Affaires étrangères Mohamed Soeuf Elamine a déclaré mercredi : "si la gendarmerie française n'est pas en mesure d'assurer la sécurité des gens, c'est catastrophique. Cela prouve que la France n'a rien à faire à Mayotte. Elle n'a qu'à nous rendre les clés."
 

Mme Girardin a réaffiché sa volonté "de faire en sorte que la sécurité soit la plus complète et totale" à Mayotte, notamment sur les questions de ravitaillement (essence, médicaments...) et de libre-circulation, alors que les manifestants ont dressé des barrages.

www.ipreunion.com avec l'AFP

   

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