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Toulouse: nouvelle nuit d'échauffourées, 18 interpellations


Publié / Actualisé
Échauffourées entre jeunes et policiers, voitures incendiées, 18 interpellations: le quartier sensible du Mirail à Toulouse a connu lundi soir une deuxième nuit de violences, le préfet appelant au "retour au calme".
Échauffourées entre jeunes et policiers, voitures incendiées, 18 interpellations: le quartier sensible du Mirail à Toulouse a connu lundi soir une deuxième nuit de violences, le préfet appelant au "retour au calme".

Ce brusque accès de violences intervient après la mort, probablement par suicide, d'un détenu originaire du quartier et l'interpellation d'une femme en burqa, en garde à vue pour "rébellion et outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique". "De nouveaux incidents ont eu lieu dans le quartier du Mirail entraînant la destruction par incendie de plusieurs véhicules et poubelles. Les forces de l'ordre ont été prises à partie tout au long de la nuit et ont procédé à 18 interpellations pour des faits de violences, de destruction de bien par incendie et d'outrage", selon la préfecture.

Les personnes interpellées pourraient faire l'objet de comparutions immédiates mercredi si les faits sont caractérisés, a précisé à l'AFP le parquet. Le préfet Pascal Mailhos a condamné, dans un communiqué, "avec la plus grande fermeté ces faits de violence", en saluant "l'action des forces de police qui a permis de contenir les incidents et de rétablir le calme dans le quartier malgré des actions hostiles et violentes". Il a enfin appelé "au retour au calme".

"Vers 21h30, on a entendu que ça a +pété+, on a vu des voitures qui brûlaient, les jeunes sont arrivés, les flics ont tiré des grenades", a indiqué Jessica, 21 ans, une habitante de Bellefontaine.

Mardi en fin de matinée, des journalistes de l'AFP ont vu huit véhicules carbonisés, dont un fourgon, sur un parking au pied d'une cité de Bagatelle. Des employés municipaux étaient en train de couper un arbre partiellement calciné. Quatre carcasses de véhicules étaient également visibles à Bellefontaine. Les habitants de ces quartiers vaquaient normalement à leur occupations mardi, profitant souvent d'une journée ensoleillée. Les magasins étaient ouverts et la présence des forces de l'ordre restait discrète.

- "Rumeurs et instrumentalisations" -

Selon une source policière, les policiers présents dans le quartier de la Reynerie ont notamment essuyé des jets de projectiles et des tirs de mortier. 24 véhicules et de nombreux conteneurs poubelles y ont été incendiés, selon une source policière qui a précisé que le calme était revenu vers 01H20. Le maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc a pour sa part fait part sur Twitter de sa "reconnaissance aux forces de l?ordre et pompiers pour leur mobilisation et les 18 interpellations". "Le dialogue que nous tiendrons au côté de l?État doit apaiser la situation et combattre rumeurs et instrumentalisations", a-t-il ajouté.

Dimanche de premières échauffourées avaient opposé une centaine de jeunes aux forces de l'ordre à la Reynerie et à Bellefontaine, des quartiers du Grand Mirail classés en zone de sécurité prioritaire (ZSP).

Selon la police, la tension dans le quartier était montée dans l'après-midi après le contrôle d'une femme en burqa refusant de se soumettre aux vérifications de la police. Elle devrait être convoquée par la justice ultérieurement, selon le parquet. Ces violences pourraient également avoir été déclenchées par une rumeur selon laquelle des gardiens de la prison de Seysses, au sud de Toulouse, auraient été à l'origine du décès samedi d'un détenu, originaire du quartier.

Une enquête judiciaire a été ouverte pour "recherche des causes de la mort" par le parquet de Toulouse, qui a souligné que l'autopsie avait confirmé que les causes du décès du détenu "sont compatibles avec une mort par pendaison".

Le quartier du Grand Mirail, qui compte plus de 40.000 habitants, est en proie au trafic de drogue et aux règlements de comptes. Il a été retenu par le gouvernement pour l'expérimentation de la police de sécurité du quotidien (PSQ), qui mise sur une nouvelle méthode de travail, collective, et de nouveaux outils, pour lutter contre l'insécurité.

AFP

   

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