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Le recensement des Roms, prôné par Salvini, continue à faire des remous


Publié / Actualisé
Le recensement des Roms voulu par le ministre italien de l'Intérieur et vice-Premier ministre Matteo Salvini, homme fort du nouveau gouvernement et patron de la Ligue (extrême droite), continuait mardi à faire des remous y compris au sein de son propre camp.
Le recensement des Roms voulu par le ministre italien de l'Intérieur et vice-Premier ministre Matteo Salvini, homme fort du nouveau gouvernement et patron de la Ligue (extrême droite), continuait mardi à faire des remous y compris au sein de son propre camp.

L'autre vice-Premier ministre Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) qui fait partie de la coalition gouvernementale, a ainsi rappelé que le recensement d'une partie de la population sur une base ethnique était contraire à la loi italienne.
"Cela me fait plaisir que Salvini ait démenti toute hypothèse de fichage et de recensement des immigrés parce que si une chose est inconstitutionnelle, elle ne peut se faire", a-t-il déclaré lundi soir lors d'une conférence de presse.

Matteo Salvini a proposé lundi un recensement de la communauté Rom pour permettre, entre autres, de faciliter les expulsions de ceux de nationalité étrangère en situation irrégulière, puisque selon lui les "Roms italiens, malheureusement, tu dois te les garder à la maison".
Ces propos ont soulevé une vague d'indignation dans les rangs de l'opposition et un certain malaise dans les rangs du gouvernement.
M. Salvini a toutefois démenti vouloir "ficher" ou prendre les empreintes digitales des Roms vivant en Italie, assurant qu'il se préoccupait du sort des enfants de cette communauté.

"Il n'est pas de notre intention de ficher ou de prendre les empreintes digitales de quiconque, notre objectif est une évaluation de la situation dans les camps de Roms", a-t-il assuré lundi soir.

- '+Choc+', pourquoi?' -

Et d'ajouter sur Twitter: "certains parlent de +choc+, pourquoi? Je pense seulement à ces pauvres enfants à qui on apprend à voler et l'illégalité". Aucun chiffre officiel n'existe mais selon une association proche de cette communauté, les Roms en Italie seraient entre 120.000 et 180.000, en majorité de nationalité italienne.

La presse italienne rapporte mardi l'irritation du président du Conseil Giuseppe Conte, qui aurait téléphoné à M. Salvini pour le lui faire savoir, mais le nouveau chef du gouvernement italien, qui était lundi à Berlin, ne s'est pas publiquement exprimé sur cette affaire.
L'opposition de gauche a en revanche tiré à boulets rouges sur la proposition de Matteo Salvini qui lui rappelle les lois raciales votées pendant la période fasciste dans les années 1930.

"L'Italie est retournée en 1938", année du vote de ces lois raciales visant alors les juifs italiens, a ainsi jugé sur Twitter la sénatrice du Parti démocrate (PD, centre-gauche), Monica Cirinna. Matteo Salvini, 45 ans, occupe quasiment en permanence le devant de la scène politique depuis sa nomination le 1er juin au poste clé de l'Intérieur.

Il a ainsi fait la Une de l'actualité la semaine dernière en s'opposant à l'entrée dans un port italien d'un navire humanitaire chargé de 630 migrants. Ce navire, l'Aquarius, est finalement arrivé dimanche en Espagne après une odyssée en Méditerranée de près d'une semaine, du large de la Libye en passant par les eaux maltaises et celles de la Sardaigne.

"Beaucoup de propagande et peu d'effet pratique, mais un résultat certain: occuper complètement le débat et l'agenda politique", écrit mardi La Repubblica, quotidien proche de la gauche.

Avec aussi pour conséquence, selon les médias italiens, d'éclipser chaque jour davantage son allié au gouvernement, le M5S, qui a pourtant remporté presque le double de voix aux élections législatives du 4 mars. Cette omniprésence du ministre de l'Intérieur semble payer électoralement, selon les derniers sondages qui donnent désormais plus de 25% des intentions de vote à la Ligue de Matteo Salvini, contre les 17% de voix obtenus le 4 mars. Surtout, ces sondages donnent le M5S en recul.
AFP

   

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