Le chef de l'Etat a présent" ses priorités pour les Outre-mer :

Emmanuel Macron "aime chaque territoire" et critique la sur-rémunération des fonctionnaires


Publié / Actualisé
Créations d'emplois et développement économique, économie bleue et verte, ancrage régional et différenciation: Emmanuel Macron a dévoilé jeudi à l'Élysée ses priorités pour l'Outre-mer, avec la présentation d'un Livre bleu, qui va définir la politique du gouvernement sur le quinquennat. Des points risquent de faire grincer des dents : Il a dit soutenir un amendement de limitation du droit du sol à Mayotte. Il a aussi critiqué la sur-rémunération des fonctionnaires, a annoncé la réforme des congés bonifiés pour les fonctionnaires, effective à partir de 2020. "Emmanuel Macron est toujours dans plus d'économie et la baisse des revenus" a déploré Jean Hugues Ratenon à l'issue de ces annonces. Quant à Huguette Bello elle qualifie de "surprenante" la déclaration du Président "quant à l'impact de la surrémunération sur le coût de la vie pourrait être une manière d'ouvrir la voie à la recherche de financements internes"
Créations d'emplois et développement économique, économie bleue et verte, ancrage régional et différenciation: Emmanuel Macron a dévoilé jeudi à l'Élysée ses priorités pour l'Outre-mer, avec la présentation d'un Livre bleu, qui va définir la politique du gouvernement sur le quinquennat. Des points risquent de faire grincer des dents : Il a dit soutenir un amendement de limitation du droit du sol à Mayotte. Il a aussi critiqué la sur-rémunération des fonctionnaires, a annoncé la réforme des congés bonifiés pour les fonctionnaires, effective à partir de 2020. "Emmanuel Macron est toujours dans plus d'économie et la baisse des revenus" a déploré Jean Hugues Ratenon à l'issue de ces annonces. Quant à Huguette Bello elle qualifie de "surprenante" la déclaration du Président "quant à l'impact de la surrémunération sur le coût de la vie pourrait être une manière d'ouvrir la voie à la recherche de financements internes"

Devant un parterre d'élus ultramarins, de responsables associatifs et économiques, et d'une large partie du gouvernement, le chef de l'Etat a évoqué "l'archipel de France" pour définir un pays qui fait partie "des puissances qui ont le plus d'îles au monde", et assuré aimer "chacun de vos territoires". Narrant "une odyssée", il a présenté ses "convictions" territoire par territoire, annonçant par exemple qu'il irait en Polynésie en 2019, et qu'il retournerait à Saint-Martin et Saint-Barth en septembre, pour l'anniversaire de l'ouragan Irma.

Sur un plan plus politique, il a défendu la limitation du droit du sol à Mayotte, confrontée à une très forte immigration clandestine. Cette mesure, adoptée le 21 juin par le Sénat, exige pour les enfants nés à Mayotte que l'un de ses parents ait, au jour de la naissance, été présent de manière régulière sur le territoire national depuis plus de trois mois. "Cette évolution fait consensus sur le territoire, c'est pourquoi je soutiens cette démarche qui me semble adaptée et équilibrée", a dit le chef de l'Etat.

Dans la foulée il a affirmé de cette remise en cause de ce droit, il a affirmé : "sachez que j'aime chacun de nos territoires et chacun de ceux qui y vivent".

Auparavant la ministre des Outre-mer Annick Girardin avait rapidement présenté le Livre-bleu outre-mer, synthèse des "Assises des Outre-mer", une promesse de campagne d'Emmanuel Macron lancée en octobre dernier, et auxquelles 26.000 personnes ont participé.

- Priorité à "la bataille pour la création d'emploi" -

Ce livre bleu regroupe plusieurs dizaines de mesures autour de quatre thèmes: l'amélioration du cadre de vie (sécurité, niveau de vie, accès aux services publics, etc), la transformation accompagnée des territoires (développement économique, évolution juridique, etc), les territoires pionniers (innovation en matière environnementale, économique), et "des territoires d'influence et de rayonnement".

Dans son discours, le chef de l'État défendu ses priorités. "Pour tous les territoires, la priorité sera la bataille pour la création d'emplois et l'activité économique", a-t-il déclaré, annonçant pour cela notamment "une grande réforme des aides aux entreprises en faveur de l'emploi", et la création d'un fond d'intervention économique pour soutenir les initiatives privées" d'un montant de 400 millions d'euros.

Il a aussi appelé au redressement des "filières économiques" en outre-mer, "pas assez structurées", et à "une meilleure maitrise des risques naturels", annonçant "une loi pour la prévention et la protection contre les risques naturels outre-mer qui sera présentée d'ici l'été 2019". Le chef de l'État a aussi défendu la nécessité d'un meilleur ancrage de chaque territoire dans son bassin régional, notamment pour développer "des stratégies diplomatiques depuis les territoires", et intensifier les mobilités régionales.

Il a souligné aussi l'importance de la croissance verte et bleue en Outre-mer. "Nous sommes un pays de biodiversité unique" grâce aux Outre-mer, a-t-il dit, souhaitant notamment que la Guyane soit "au coeur d'une stratégie de biodiversité". Rappelant que la France était "l'une des puissances qui a le plus d'îles", il a annoncé un "sommet des îles du monde" en 2020 en France, "pas forcément" dans l'hexagone.

Enfin, il a défendu "la différenciation" des territoires, rappelant que le gouvernement proposait dans la réforme constitutionnelle une modification de l'article 73 pour faciliter "l'adaptation des règles pour répondre aux besoins du terrain". "Sur chacun des territoires, il y aura des feuilles de route, qui seront déclinée d'ici à l'automne et feront l'objet d'un contrat entre le gouvernement et les élus et impliqueront la responsabilité de chacun", a insisté le chef de l'État, promettant une nouvelle réunion dans "18 mois" pour faire "un point d'étape précis" sur "ce qui aura marché et ce qui n'aura pas marché".

Mais des points risquent de faire grincer des dents: il n'a pas exclu une disparition de France O, a critiqué la sur-rémunération des fonctionnaires, a annoncé la réforme des congés bonifiés pour les fonctionnaires, effective à partir de 2020 avec des congés moins longs, mais désormais tous les deux ans (au lieu de trois).

- La critique de la sur remunération "surprend" -

La prise de position du chef de l'Etat que les salaires des fonctionnaires a déjà fait réagir Jean Hugues Ratenon. "Sur le problème de la vie chère le e Président a affirmé que c’est la conséquence de la sur-rémunération !" s'étonne le député.

Lire aussi : Livre bleu des Assises des Outre-Mer : ne rêvons pas.... il n'y aura pas de miracle

"Il n’y aura pas de politique pour la baisse des prix. Emmanuel Macron est toujours dans plus d’économie et la baisse des revenus" déplore Jean Hugues Ratenon avant de souligner "nous, nous demandons l’augmentation du pouvoir d’achat par la baisse des prix et l’augmentation des revenus".

Pour sa part Huguette Quant à Huguette Bello note que le social est le "grand absent, notable et inquiétant" des mesures annoncés. Elle qualifie ensuite de "surprenante" la déclaration du Président "quant à l’impact de la surrémunération sur le coût de la vie pourrait être une manière d’ouvrir la voie à la recherche de financements internes"

La députée Justine Bénin (Guadeloupe, MoDem) "attend la mise en oeuvre opérationnelle. Le gouvernement a obligation de tenir ses engagements", a-t-elle souligné.

Le député (LR) de Mayotte Mansour Kamardine, satisfait de la position présidentielle sur le droit du sol, est "resté sur sa faim" concernant le développement des infrastructures dans son île.

Au total 26.000 personnes ont participé à cette consultation de terrain lancée en octobre, sur 2,7 millions d'Ultramarins, pour faire remonter "des projets concrets" répondant à des besoins "diagnostiqués territoire par territoire".

Ce Livre bleu outre-mer "engage le gouvernement jusqu'à la fin du quinquennat", selon la ministre. Il regroupe plusieurs dizaines de mesures autour de quatre thèmes: l'amélioration du cadre de vie (sécurité, niveau de vie, accès aux services publics, etc), la transformation accompagnée des territoires (développement économique, évolution juridique, etc), les territoires pionniers (innovation en matière environnementale, économique), et "des territoires d'influence et de rayonnement".


www.ipreunion.com avec l'AFP

   

2 Commentaire(s)

Patoche, Posté
Bravo M. Le président de la République d'oser dire tout haut ce qu'une grande partie de la population outre mer pensent tous bas depuis des décennies.
Les Nantis de la sur rémunération outre mer ne veulent pas perdre leur privilège ce qui est logique. Mais nous ne pouvons plus continuer avec un système destructeur, créateur de misère sur nos territoire.
La Sur rémunération a été une erreure politique mageure qui a détruit complètement l'économie de nos territoires.
Mwin, Posté
Fonction publique d'Etat, hospitalière et territoriale, soit plus de 3 emplois sur 10 à la Réunion. Des foyers qui vont perdre entre 20 et 30% de leurs revenus.
Le PIB local va chuter, on va pleurer dans ce département car perte de pouvoir d'achat, moins de consommation, moins de développement économique, plus du tout de redistribution dans toute l'économie locale, inflation du chômage. On cherche quoi ? Qui seront les prochains boucs émissaires ?
On s'acharne sur des salariés qui bénéficient d'une surrémunération de 30 à 40%. Pourquoi on ne tire pas à boulet rouge sur le service public d'information outre mer qui tourne à 70% ? C'est peut-être une des pistes pour la suppression de France O.