France :

Enquête ouverte après le suicide d'un prêtre accusé d'agression sexuelle


Publié / Actualisé
Une enquête préliminaire a été ouverte après la mort d'un jeune prêtre du diocèse de Rouen, accusé d'agression sexuelle, qui s'est pendu dans son église mardi, un "homme droit, généreux", apprécié des fidèles même s'il n'était pas "conventionnel".
Une enquête préliminaire a été ouverte après la mort d'un jeune prêtre du diocèse de Rouen, accusé d'agression sexuelle, qui s'est pendu dans son église mardi, un "homme droit, généreux", apprécié des fidèles même s'il n'était pas "conventionnel".

Jean-Baptiste Sèbe, 38 ans, s'est donné la mort mardi dans les combles de l'église Saint-Romain à Rouen. Il faisait l'objet d'une dénonciation de la part d'une femme l'accusant de comportements indécents et d'agression sexuelle sur sa fille majeure, des faits remontant, selon elle, à au moins deux ans.

"Une enquête préliminaire du chef d'agression sexuelle a été ouverte", a indiqué jeudi à l'AFP Étienne Thieffry, procureur adjoint. "La mère, qui s'est manifestée auprès de l'archevêché, et sa fille, viennent d'être identifiées, elles vont être auditionnées incessamment sous peu", a-t-il précisé ajoutant qu'il n'y avait "toujours pas de plainte à ce stade".
Une enquête pour recherche des causes de la mort est également ouverte. "A ce stade, rien ne laisse à penser qu'il y a eu l'intervention d'un tiers dans la mort du prêtre", a indiqué M. Thieffry, précisant que le corps avait été "rendu à la famille". Mercredi, une source policière avait confié à l'AFP que les enquêteurs restaient "très prudents à ce stade des investigations".

"C'était un homme, droit, généreux, profond, attentif à aider chacun, qui nous tirait vers le haut avec plein de projets, un bon prêtre comme on en souhaite beaucoup", a déclaré à l'AFP sous le couvert de l'anonymat une paroissienne, qui le connaissait "avant qu'il n'arrive dans la paroisse". "Je ne pense pas que les faits rapportés dans les médias soient avérés", a-t-elle ajouté.
"C'était un homme non conventionnel, parlant très bien et très directement dans ses homélies, comme s'il cherchait à réveiller les croyants conventionnels et routiniers", a réagi un autre paroissien.
Lors d'une conférence de presse jeudi, l'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, a rappelé l'existence d'une "plainte à l'autorité diocésaine d?une maman disant que sa fille lui avait dit que le père Jean-Baptiste Sèbe a eu, il y a deux ou trois ans, des gestes inappropriés envers sa fille qui était majeure à l'époque des faits allégués".

"Conduite inconvenante"

L'archevêque avait convoqué le prêtre lundi dernier, la veille de son suicide, pour qu'il s'explique sur ces accusations. "Il a avoué une conduite inconvenante à l'égard de cette jeune fille. Nous avons échangé et convenu ensemble qu'il s'agissait d'imprudence dans la relation avec cette femme comme cela arrive à un certain nombre d'hommes ou de femmes", a-t-il poursuivi indiquant "qu'il n'y avait pas eu, par la suite, d'autres rencontres avec cette fille".
"Je me confesse tous les mois", a précisé l'archevêque. "Moi aussi il m'arrive de mentir, moi aussi, parfois, je désire la femme d'autrui. Je suis archevêque de Rouen mais je ne suis qu'un homme".

Selon lui, "aucun signe ne pouvait laisser prévoir un tel geste de la part du père Jean-Baptiste Sèbe", faisant référence à son suicide. "Nous sommes dans l'incompréhension d'un tel geste même si je savais qu'il connaissait un moment difficile", avait-il écrit dans un courrier adressé mardi à l'ensemble des prêtres du diocèse.
Interrogé pour savoir s'il avait saisi l'autorité judiciaire après avoir recueilli les aveux du prêtre, Mgr Lebrun a expliqué: "C'était une majeure. Il n'y avait pas d'obligation de signalement". "Le vicaire général avait invité la plaignante à porter plainte si elle considérait que c'était une agression", a-t-il ajouté.

Jean-Baptiste Sèbe, ordonné prêtre en 2005, strasbourgeois d'origine, était curé de la paroisse Saint-Jean XXIII de Rouen Nord. Il était aussi directeur du centre théologique universitaire et du service de formation permanente, d'après le site internet du diocèse de Rouen.

© 2018 AFP

   

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