Rapidement arrêtés :

Venezuela : des militaires se soulèvent contre Maduro


Publié / Actualisé
Des militaires se sont soulevés lundi contre le régime du président Nicolas Maduro au Venezuela, avant d'être rapidement arrêtés, à deux jours d'une manifestation organisée à l'appel de l'opposition pour exiger un gouvernement de transition.
Des militaires se sont soulevés lundi contre le régime du président Nicolas Maduro au Venezuela, avant d'être rapidement arrêtés, à deux jours d'une manifestation organisée à l'appel de l'opposition pour exiger un gouvernement de transition.

A 02H50 heure locale (06H50 GMT), un groupe formé par un nombre indéterminé de militaires de la Garde nationale bolivarienne (GNB) de Macarao (ouest) a déclenché une insurrection, a annoncé l'armée dans un communiqué, assurant avoir la situation sous contrôle.

Selon l'armée, les militaires ont dérobé un "lot d'armes de guerre" dans un poste militaire à Petare (est), puis se sont rendus dans une caserne du quartier de Cotiza dans le nord de Caracas.
Sur une voie d'accès à la caserne, encore dans l'obscurité, les insurgés, armés et visages découverts, ont enregistré des vidéos qu'ils ont ensuite fait circuler sur les réseaux sociaux dans lesquelles ils ont déclaré désavouer le chef de l'Etat Nicolas Maduro et appelé au soutien de la population.
"Nous sommes des soldats professionnels de la Garde nationale opposés à ce régime que nous désavouons complètement, nous avons besoin de votre soutien, descendez dans la rue", dit un homme qui s'identifie comme un sergent de la Garde nationale dans une des vidéos.

A ses côtés est visible un petit groupe de militaires armés. "Le peuple, dans la rue !", crient-ils. "Vous vouliez que l'armée allume la mèche, nous sommes en train de l'allumer, nous avons besoin de votre soutien", lance un autre.
Ce soulèvement est intervenu dans le contexte de l'appel de l'opposition à une manifestation mercredi pour réclamer un gouvernement de transition et la convocation d'élections libres. Il s'agira de la première mobilisation d'envergure après les grandes manifestations de 2017 qui ont fait quelque 125 morts.
Reprenant l'offensive ces dernières semaines, l'opposition, majoritaire au Parlement, a déclaré illégitime Nicolas Maduro, investi pour un deuxième mandat le 10 janvier. L'opposition conteste le résultat de l'élection présidentielle du 20 mai, non reconnu par une bonne partie de la communauté internationale.

"Nous sommes avec eux !"

Dans son communiqué, l'armée a affirmé que les insurgés étaient un "petit groupe d'assaillants" qui ont "séquestré" quatre militaires.
L'arrestation des insurgés a permis de "récupérer des armes volées et, en ce moment même, ces individus fournissent des informations aux services de renseignement et à la justice militaire", selon le communiqué citant le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino.
Après avoir vu les vidéos, des habitants du quartier de Cotiza se sont rassemblés à proximité de la caserne pour offrir leur soutien aux insurgés. Tapant sur des casseroles, ils ont bloqué une route avec des poubelles, avant d'être dispersés par la police et des militaires, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Nous sommes avec eux, s'ils s'unissent à notre pays, nous sommes avec eux, allons dans les rues ! Liberté !", a crié une femme. "Nous voulons que Maduro s'en aille, nous sommes fatigués", a clamé un homme.
Après leur arrestation, les insurgés ont été emmenés à Fuerte Tiuna, le principal complexe militaire du pays, selon des médias locaux.
"Ils sont été neutralisés, se sont rendus et ont été arrêtés en un temps record, ils sont en train de donner des informations. Ce qu'ils ont dit en premier, c'est qu'on leur avait offert des villas, des châteaux et qu'ils ont été laissés seuls, qu'ils ont été trompés", a tweeté Diosdado Cabello, le président de la puissante Assemblée constituante composée de partisans du pouvoir.

Mécontentement de militaires

L'opposant Juan Guaido, le président du Parlement, l'unique institution aux mains de l'opposition, a estimé que "ce qui se passe au poste de la Garde nationale à Cotiza montre le sentiment qui prévaut à l'intérieur" de l'armée.
Dans une tentative de briser le soutien de l'armée au chef de l'Etat, le Parlement a promis la semaine dernière une "amnistie" aux "fonctionnaires civils et militaires" qui refuseraient de reconnaître le deuxième mandat de Nicolas Maduro.

Pour Rocio San Miguel, une experte en questions militaires et présidente de l'ONG Control Ciudadano, ce soulèvement "peut être décrit comme l'expression d'un mécontentement, qui n'a pas rencontré de réponse dans les autres unités militaires".

L'armée, qui compte 365.000 soldats et 1,6 million de réservistes, a assuré à plusieurs reprises sa loyauté envers le chef de l'Etat depuis son investiture.
Deux généraux figurent toutefois parmi les 25 personnes accusées d'avoir organisé le 4 août un attentat au drone contre Nicolas Maduro et quelque 180 militaires ont été emprisonnés en 2018, accusés de conspirer contre le gouvernement.
Dans un pays où il est difficile d'échapper aux pénuries alimentaires ou de médicaments, plus de 4.300 soldats ont quitté la Garde nationale en 2018, selon un document de l'institution citée par Control Ciudadano.

AFP

   

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