Politique :

Epreuve du vote à l'Assemblée pour le projet Blanquer sur l'école


Publié / Actualisé
Instruction obligatoire dès 3 ans, missions d'enseignement confiées à certains "pions", mais aussi drapeaux dans les classes et homoparentalité: après une semaine de débats souvent vifs, l'Assemblée doit adopter mardi le projet de loi "sur l'école de la confiance" de Jean-Michel Blanquer.
Instruction obligatoire dès 3 ans, missions d'enseignement confiées à certains "pions", mais aussi drapeaux dans les classes et homoparentalité: après une semaine de débats souvent vifs, l'Assemblée doit adopter mardi le projet de loi "sur l'école de la confiance" de Jean-Michel Blanquer.

Ce premier texte du quinquennat sur l'école, qui a crispé certains syndicats enseignants, a aussi nourri les critiques des oppositions qui devraient majoritairement voter contre ou s'abstenir lors du vote solennel en première lecture, en fin d'après-midi. Les députés LR ont raillé une "loi d'affichage", l'UDI-Agir une "loi bavarde", tandis que les trois groupes de gauche ont tiré à boulets rouges sur un texte "autoritaire", "rétrograde", voire "désespérant". Pris entre ces feux, le ministre de l'Education a défendu sans relâche ses objectifs d'"élévation du niveau général" et de "justice sociale", et s'est montré parfois agacé par la "doxa" des oppositions.

Ce poids lourd de la macronie a notamment peu apprécié les reproches, selon lui "sous-jacents", sur son passé de directeur général de l'enseignement scolaire sous Nicolas Sarkozy. La droite lui a reproché en substance d'avoir changé et la gauche, raillant le "professeur Blanquer", de ne pas avoir changé. Pour M. Blanquer, la mesure phare du texte sur le passage de l'instruction obligatoire de 6 à 3 ans est un "marqueur républicain". Cet abaissement d'âge, inédit depuis 1882 et qui devrait concerner 26.000 enfants dès la rentrée 2019, a été critiqué à droite au nom de la "liberté de choix des parents". LR voit aussi une "injustice" dans le fait que les collectivités devront financer les maternelles privées sous contrat, et la gauche dénonce un "cadeau" au privé.

"Piège de la droite"

Mesure inattendue: les députés ont complété et adopté un amendement d'Eric Ciotti (LR) rendant obligatoire la présence dans les classes du drapeau tricolore et du drapeau européen, ainsi que des paroles de l'hymne national. Validé dans des conditions chaotiques, l'amendement a été confirmé lors d'un deuxième vote. Des "marcheurs", pour qui les drapeaux au fronton des écoles étaient suffisants, ont été, selon l'un d'eux, "un peu surpris" par cette mesure qui a eu l'aval du ministre. A gauche, des élus ont reproché à la majorité de parler plus de "chiffons" que d'école. D'autres amendements venus de la droite, et auxquels M. Blanquer ne s'est pas montré hostile sur le fond, ont en revanche été retoqués, sur le port de l'uniforme, ou du voile par les accompagnateurs scolaires.

Signé à nouveau par Eric Ciotti, l'amendement sur le voile a suscité des tensions, certains "marcheurs" craignant que cette mesure arrivée "comme un cheveu sur la soupe" ne passe ou que la majorité ne tombe dans "un piège évident tendu par la droite". Après une suspension de séance et une mise au point dans la majorité, le ministre a appelé à voter contre, au nom de "l'efficacité". Un autre ajout au texte, venu cette fois de LREM, a aussi fait couler beaucoup d'encre: le remplacement des mentions "père" et "mère" par "parent 1" et "parent 2" dans les formulaires scolaires, pour une reconnaissance de l'homoparentalité - un vote contre l'avis du gouvernement. La droite y a vu une mesure "dogmatique" et "discriminatoire".

Le ministre a jugé la formulation "pas idéale" et la co-rapporteure Anne-Christine Lang (LREM) compte proposer en nouvelle lecture la possibilité d'entourer les bonnes mentions parmi "père, père, mère, mère". D'autres mesures ont aussi été contestées à gauche, comme les nouvelles écoles internationales ou le pré-recrutement d'enseignants parmi les assistants d'éducation (ex-"pions") qui préparent les concours de recrutement - dispositif "éminemment social" selon M. Blanquer, mais vu comme une "précarisation". Le regroupement des classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles au sein d'établissements "des savoirs fondamentaux" a aussi suscité des inquiétudes quant au sort des écoles rurales, tandis que le nouveau Conseil d'évaluation de l'école a soulevé des réserves sur son "indépendance".

AFP

   

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