Contestation politique :

Annonce attendue au Soudan d'un Conseil civil par les meneurs de la contestation


Publié / Actualisé
Les meneurs de la contestation au Soudan devraient dévoiler dimanche une autorité civile censée remplacer le Conseil militaire au pouvoir, même si des discussions sont en cours avec l'armée sur une "transition pacifique".
Les meneurs de la contestation au Soudan devraient dévoiler dimanche une autorité civile censée remplacer le Conseil militaire au pouvoir, même si des discussions sont en cours avec l'armée sur une "transition pacifique".

Déterminés à obtenir de nouvelles concessions des militaires après avoir poussé à la destitution du chef de l'Etat, Omar el-Béchir, les manifestants restent rassemblés par milliers devant le QG de l'armée à Khartoum, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Le 19 décembre, les Soudanais sont descendus dans la rue pour protester contre le triplement du prix du pain dans ce pays pauvre de la Corne de l'Afrique. Le mouvement s'est transformé rapidement en contestation inédite réclamant le départ de M. Béchir, écarté et arrêté par l'armée le 11 avril.

Le sit-in devant le QG de l'armée réclame aujourd'hui la dissolution du Conseil militaire de transition qui a succédé au chef de l'Etat déchu et l'instauration d'un pouvoir civil.

Vendredi, l'Association des professionnels soudanais, groupe en première ligne de la contestation, a annoncé que "les noms des membres d'un Conseil civil chargé des affaires du pays seraient annoncés lors d'une conférence de presse dimanche à 19H00 locales (17H00 GMT)" devant le QG de l'armée.

Selon des responsables, ce Conseil civil sera chargé de former un gouvernement de transition dont le mandat durera quatre ans et sera suivi d'élections. Des diplomates étrangers et des journalistes ont été conviés à la conférence de presse. Néanmoins après une série de discussions entre les dirigeants militaires et les leaders de la contestation, un chef du mouvement populaire Ahmed al-Rabia a dit samedi que l'annonce pourrait être reportée.

- "Principale revendication" -

Mais au sit-in, les manifestants attendent avec impatience l'annonce. "Nous attendons l'annonce aujourd'hui", a dit à l'AFP Romaysaa Omar, une manifestante au QG de l'armée. "L'ensemble du peuple soudanais est en faveur de l'annonce d'un tel Conseil". Sifflant et agitant des drapeaux nationaux, des dizaines de manifestants ont pris place sur un pont, frappant pierres contre métal dans des battements rythmés. "Nous resterons là jusqu'à ce que ce que nos demandes soient satisfaites", a dit Al-Baraa Youssef, également présent au QG de l'armée.

Samedi, les dirigeants militaires qui ont jusque-là résisté aux appels à transférer le pouvoir à une autorité civile, et les leaders de la contestation ont eu des discussions et ont convenu de les poursuivre.
"Nous avons clarifié notre demande principale, qui est le transfert du pouvoir à des autorités civiles", a expliqué Siddiq Youssef, un responsable de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC) qui chapeaute les partis politiques et groupes de la société civile menant la contestation.

"Il s'agit de la principale revendication du mouvement populaire (...) Nous avons convenu de poursuivre les négociations pour parvenir à une solution qui satisfasse les deux parties", a-t-il souligné.

- "Signal négatif" -

M. Rabia a réclamé au Conseil militaire "un calendrier pour le transfert du pouvoir, afin que les choses ne traînent pas". Il a révélé que depuis le 11 avril le Conseil militaire avait tenu deux séries de discussions avec les leaders de la contestation. Mais sur la constitution d'un Conseil civil, les dirigeants de la contestation sont confrontés à une tâche "difficile", a souligné Khalid Tijani, rédacteur en chef soudanais de l'hebdomadaire économique Elaff.

"S'ils ne sont pas prêts avec des noms, cela enverra un signal négatif, et ne sera pas dans l'intérêt de la révolution", a-t-il dit. Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat soutenu par les islamistes le 30 juin 1989, Omar el-Béchir a dirigé d'une main de fer un pays en proie à des rébellions dans plusieurs régions et est accusé de graves violations des droits humains.

AFP

   

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