Ce que l'on sait :

"Intrusion" ou "attaque" à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris ?


Publié / Actualisé
Que s'est-il passé mercredi à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, en marge du défilé parisien du 1er mai? Une trentaine de personnes ont été placées en garde à vue à la suite d'une intrusion dans l'enceinte de l'établissement, qualifiée d'"attaque" contre un service de réanimation par le ministre de l'Intérieur. Le parquet de Paris annonce avoir ouvert une enquête. 32 personnes sont actuellement en garde à vue.
Que s'est-il passé mercredi à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, en marge du défilé parisien du 1er mai? Une trentaine de personnes ont été placées en garde à vue à la suite d'une intrusion dans l'enceinte de l'établissement, qualifiée d'"attaque" contre un service de réanimation par le ministre de l'Intérieur. Le parquet de Paris annonce avoir ouvert une enquête. 32 personnes sont actuellement en garde à vue.

• "Intrusion violente" selon la direction

Peu après 16H00, alors que les tensions redoublent entre "radicaux" et forces de l'ordre et que le cortège est séparé entre la place d'Italie et le boulevard de l'Hôpital, plongés sous les gaz lacrymogènes, la directrice de La Pitié-Salpêtrière est informée d'une tentative d'intrusion dans l'établissement.
"Je me suis immédiatement rendue sur place, et lorsque je suis arrivée, la grille était forcée, la chaîne avait cédé, et des dizaines de personnes étaient en train d'entrer dans l'enceinte de l'hôpital", a témoigné Marie-Anne Ruder auprès de France Inter mercredi soir.

Parmi les "intrus", des "gilets jaunes" et des personnes au visage dissimulé, a assuré la directrice de l'établissement, qui a appelé les services de police en raison notamment de "gestes violents et menaçants".
Puis des dizaines de personnes "se sont précipitées en montant un escalier, en passant une passerelle vers le service de réanimation chirurgicale", qui accueille des "patients particulièrement vulnérables", a déclaré le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, sur BFMTV mercredi soir.

Sur la foi d'images de vidéosurveillance "absolument édifiantes" et qui seront transmises aux enquêteurs, il a décrit la tentative d'intrusion "alors que s'interposaient des infirmières, un interne (...) qui tenaient la porte avec toute la force qu'ils pouvaient avoir en criant +attention, ici il y a des patients+".
Mme Ruder a précisé jeudi sur RTL: "située au niveau du portail de l'établissement, j'avais une vision sur l'une des entrées du service de réanimation, j'ai pu constater que plusieurs dizaines de personnes ont tenté de forcer la porte du service".
Les forces de l'ordre sont arrivées après "une dizaine de minutes" et ont délogé les intrus, selon Mme Ruder.
"Plus de 30 individus ont été placés en garde à vue à la suite de l'intrusion à la Pitié-Salpêtrière", a indiqué le parquet de Paris à l'AFP.

• "Exaction à l'hôpital"

En déplacement dans cet hôpital où un CRS a été admis pour une blessure à la tête, le ministre de l'Intérieur a évoqué mercredi soir une "attaque" par des dizaines de militants anticapitalistes d'ultragauche "black blocs".
"Des infirmières ont dû préserver le service de réanimation. Nos forces de l'ordre sont immédiatement intervenues pour sauver le service de réanimation", a affirmé Christophe Castaner devant la presse.
"Je ne connais pas les motivations de cette intrusion inexplicable", a indiqué Martin Hirsch, qui a annoncé avoir porté plainte. "Je ne les ai pas vus crier à la recherche d'un blessé particulier. Je ne sais pas si c'est une invasion d'hôpital, s'ils fuyaient quelque chose", a-t-il ajouté.

Selon M. Hirsch, "il n'y a pas eu de dégradations, grâce au sang-froid de l'équipe qui a tenu la porte, et grâce à la police qui est intervenue rapidement".
"Intolérable", "inexcusable": les réactions indignées se sont succédé sur Twitter.
"C'est la première fois qu'il y a une exaction dans un hôpital (...). Je pense que tous les Français, comme moi, sont extrêmement choqués, c'est inqualifiable en fait", a dit Mme Buzyn jeudi sur Europe 1.

• Pour se protéger des gaz lacrymogènes ?

Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants -- femmes, hommes, avec ou sans gilets jaunes -- ne montrant pas de signes visibles d'agressivité, stationner dans l'enceinte de la Pitié-Salpêtrière et tout près de l'entrée d'un bâtiment, du côté de l'entrée au numéro 97 du Boulevard de l'hôpital.

On y voit également des policiers arriver par cette même entrée 97 et faire ressortir les manifestants vers le boulevard.
Une journaliste de l'AFP a également vu à cet endroit des manifestants se réfugier dans l'enceinte de l'hôpital - qui fait plusieurs hectares - pour échapper aux gaz lacrymogènes sur le boulevard de l'Hôpital, avant d'être pourchassés par les forces de l'ordre, et certains interpellés.

A ce stade, rien ne permet toutefois de dire si ces personnes visibles sur les vidéos ou celles vues par la journaliste de l'AFP sont les mêmes dont ont parlé MM. Castaner et Hirsch et Mme Ruder.

• Scène "non violente" selon des soignants

"Vous arrivez par un portail, vous ne savez pas à quel service vous avez affaire. Comment savoir que c'était une réanimation derrière les portes vitrées ?", a témoigné jeudi une aide-soignante du service de réanimation Gwenaëlle Bellocq sur BFMTV.
"On ne va pas confondre les choses qui se passaient dans la rue et ce qui se passait devant notre réanimation, c'est pas la même chose", a-t-elle dit.

L'un de ses collègues infirmier, Mickaël, également présent mercredi sur les lieux, a expliqué que la porte "vitrée" par laquelle les manifestants ont tenté de passer est "une issue de secours, qui est à l'arrière (de la réanimation, NDLR) avec un code de l'autre côté".
"Est-ce qu'ils voulaient nous agresser ? Est-ce qu'ils voulaient juste échapper à quelque chose ? On ne savait pas", a-t-il poursuivi, racontant que les personnes criaient "ouvrez la porte" et qu'"aucune" d'entre elles n'avait "le visage masqué, ni cagoulé".
"On comprenait leur détresse mais on ne savait pas leur intention", a-t-il ajouté, décrivant une scène "très courte" et "non-violente".

• L'hôpital Necker en 2016

"Heuu... L'Hôpital Salpêtrière aurait été attaqué par des casseurs? Comme l'hôpital Necker attaqué par les black blocs?", s'interrogeait un utilisateur du réseau social Twitter. "Juste une question, pourquoi des gens qui ont la haine contre Macron ou Hollande s'en prendraient à des gens malades ???", ajoutait-il dans son tweet.
Le 14 juin 2016, des vitres de l'hôpital Necker-Enfants malades avaient été brisées en marge d'un défilé contre la loi travail à Paris. Le lendemain, l'exécutif mettait en cause la CGT et son "attitude ambiguë" à l'égard des casseurs et menaçait d'interdire les futures manifestations.

Des passants devant l'hôpital Necker cible de casseurs le 14 juin 2016 à Paris, (AFP - DOMINIQUE FAGET)

Les dégâts contre l'hôpital Necker avaient été attribués par les autorités à une "horde" de casseurs, mais les vidéos et les témoignages recueillis par plusieurs journalistes avaient pointé l'"acte isolé" d'un seul manifestant masqué.

www.ipreunion.com avec l'AFP

   

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